Dans un match d'une belle intensité au Camp Nou, le Barça a souffert mille morts face aux contre-attaques de l'Inter: le club italien a rapidement pris l'avantage par Lautaro Martinez (3e) et aurait mérité de creuser l'écart. Mais l'inoxydable Suarez, jusque-là très médiocre, a surgi pour égaliser d'une volée limpide (58e) puis pour porter l'estocade, servi par Lionel Messi (85e).

"Ce sont trois points qui valent cher contre un adversaire direct, a savouré Suarez au micro de la chaîne espagnole Movistar. Nous étions conscients que si nous continuions comme ça, nous allions perdre le match."

De fait, vu sa première période cauchemardesque, l'équipe d'Ernesto Valverde revient de très loin. Mais elle a de nouveau évité la défaite après avoir été ballottée, comme à Dortmund (0-0) lors de la 1re journée, ce qui traduit peut-être une certaine force mentale.

Au classement de la poule, le Barça (4 pts) rejoint le Borussia Dortmund, vainqueur 2-0 du Slavia Prague, tandis que l'Inter et le club tchèque n'ont qu'un petit point. Et les Catalans peuvent désormais considérer avec appétit la double confrontation avec le Slavia, considéré comme l'équipe la plus modeste du groupe...

Trompe-l'oeil

Puisque l'Inter et le Barça ont eu chacun leurs 45 minutes de domination, ce succès a des allures de trompe-l'oeil.

Malgré le retour de blessure de Messi, l'équipe blaugrana a souffert face au plan tactique concocté par Antonio Conte, qui était pourtant privé de son buteur Romelu Lukaku blessé: 3-5-2 dense et discipliné, pressing haut, et contre-attaques fulgurantes à une ou deux touches de balle...

C'est sur un cafouillage défensif catalan que Martinez, plongeant dans l'espace, a marqué d'un tir croisé en résistant au retour de Clément Lenglet (3e).

L'attaquant argentin a bien failli récidiver en contre-attaque (16e, 45e) et trouvé la main ferme de Marc-André ter Stegen sur une tête puissante (37e).

Le Barça était dans les cordes, incapable de développer ses habituels redoublements de passes: quelques tentatives d'Antoine Griezmann, encourageant et accrocheur (2e, 15e, 61e), de timides frappes d'un Messi (25e, 44e) encore en rodage...

Insubmersible Suarez

Pour relancer son équipe, Valverde a osé faire sortir Sergio Busquets, l'un des poids lourds du vestiaire, pour lancer Arturo Vidal. Ce n'était pas un choix évident, mais il a été payant, de même que l'entrée réussie de Dembélé à la place de Griezmann.

C'est Vidal qui a adressé un centre parfait pour Suarez, buteur d'une incroyable volée acrobatique depuis l'angle de la surface (58e).

C'est désormais une constante avec l'avant-centre uruguayen: à 32 ans, il peut apparaître lent, poussif et ne pas avoir un ballon exploitable pendant le match. Mais il reste un finisseur hors pair, qui marque saison après saison des buts splendides.

Et son second but, bien décalé par Messi, est celui d'un pur buteur: contrôle en pleine course et finition pleine de sang-froid (85e), soit son cinquième but cette saison toutes compétitions confondues.

C'est cruel pour l'Inter, dont "le rythme est retombé" en seconde période, selon l'analyse de Conte. "Cela nous laisse un goût amer parce que nous méritions beaucoup plus que ce que nous avons obtenu", a dit le technicien italien.

Et c'est un soulagement pour le Barça, qui efface son début de saison poussif, comme l'a résumé son capitaine.

"Je n'ai pas de doute que nous allons aller crescendo, a lancé Messi, invité surprise en zone mixte et tout sourire après la rencontre. Nous étions conscients de ne pas vivre notre meilleur moment et nous avions besoin de cette victoire pour lancer les choses. A partir de maintenant, il faut monter en puissance."