"Dans l'intérêt du club, des fans et de toutes les personnes impliquées dans Chelsea, j'ai décidé de vendre le club", pouvait-on lire dans une déclaration du club londonien publiée au début du mois dernier. La nouvelle de la fin de l'ère de Roman Abramovitch après 19 ans a fait l'effet d'une bombe dans le club et le monde du football en général.Plus tard, on a appris que toutes les possessions anglaises de l'oligarque russe étaient gelées, y compris Chelsea. Pour les Blues, cela signifie qu'il n'y a plus de vente de billets, plus de fan shop, plus de dépenses excessives pour les transports, etc. En d'autres termes, il n'y a plus de recettes à générer et les dépenses doivent être réduites au strict minimum.
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"Dans l'intérêt du club, des fans et de toutes les personnes impliquées dans Chelsea, j'ai décidé de vendre le club", pouvait-on lire dans une déclaration du club londonien publiée au début du mois dernier. La nouvelle de la fin de l'ère de Roman Abramovitch après 19 ans a fait l'effet d'une bombe dans le club et le monde du football en général.Plus tard, on a appris que toutes les possessions anglaises de l'oligarque russe étaient gelées, y compris Chelsea. Pour les Blues, cela signifie qu'il n'y a plus de vente de billets, plus de fan shop, plus de dépenses excessives pour les transports, etc. En d'autres termes, il n'y a plus de recettes à générer et les dépenses doivent être réduites au strict minimum.Cette situation signifie également que la vente de Chelsea doit s'accélèrer et que le gouvernement britannique doit s'y impliquer. Tout passe encore par la banque d'investissement américaine Raine Group, qui a été chargée par Abramovitch de finaliser la vente dans la bonne direction. Mais le gouvernement britannique doit aussi maintenant donner son approbation. Et ils veulent finaliser la vente le plus rapidement possible.En un rien de temps, les offres ont afflué pour le rachat du dernier vainqueur de la Champions League. Si beaucoup étaient sérieux, d'autres acheteurs potentiels l'ont fait uniquement pour attirer l'attention sur eux dans les médias. L'entrepreneur en construction turc Muhsin Bayrak a par exemple tweeté : "L'avion turc survolera bientôt Londres." Un pur coup de pub, car le lendemain, il proposait sa propre crypto-monnaie et n'avait aucun intérêt pour le rachat de Chelsea.L'homme d'affaires et politicien ghanéen Bernard Antwi Boasiako a aussi annoncé sa candidature à la télévision ghanéenne. "Vous me prenez pour un plaisantin ? Mon avocat négocie avec Chelsea. Bien sûr que j'ai assez d'argent. Si je deviens propriétaire, je veux acheter ce Brésilien du Real Madrid; Vinícius Júnior. Je veux me débarrasser de Romelu Lukaku. Et je veux aussi faire venir Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Abramovitch a fait de son mieux, mais il est maintenant temps pour lui de soutenir un Africain pour qu'il achète Chelsea". Finalement, l'offre de Boasiako n'a pas abouti car il n'avait pas les 3 milliards d'euros requis pour finaliser la transaction.Le nom de l'ancien joueur et icône du club, John Terry, a également été mentionné. Avec des supporters, des joueurs et du personnel du club, il cherchait à rassembler 250 millions de livres pour reprendre 10 % des parts du club et préserver ainsi sa culture et sa philosophie. Cependant, le gouvernement anglais ne semble pas s'intéresser à cette piste pour le moment et Terry n'arrive pas non plus à réunir l'argent nécessaire.Et bien sûr, un nom saoudien ne peut manquer pas manquer à l'appel de nos jours lorsqu'on évoque le rachat d'un club de football important. La rumeur a soudainement couru que la société d'investissement Saudi Media Group avait émis une offre de 3 milliards d'euros pour Chelsea. Le grand manitou du projet est Mohamed Alkhereiji, qui soutient depuis toujours les Blues. Il affirme ne pas avoir de liens avec l'État saoudien, mais cela n'a pu être démontré jusqu'à présent. Il n'y a cependant toujours pas eu de confirmation officielle de sa candidature.En fin de compte, il ne restait que quatre candidats sérieux, dont le groupe Raine a annoncé les temps. Un nom sort du lot. Pas tant à cause de sa personne, mais parce que son nom n'apparaissait dans aucune liste de rumeurs jusque là. Il s'agit de Stephen Pagliuca (aucun lien de parenté avec l'ancien gardien de la sélection italienne Gianluca), qui s'est enrichi dans le monde de l'investissement et a su rester dans l'ombre jusqu'il y a peu. L'Américain de 67 ans est président de Bain Capital, copropriétaire de la franchise de NBA des Boston Celtics et, depuis peu, propriétaire de 55 % de l'Atalanta Bergame. Cela pourrait cependant poser problème car l'UEFA ne permet pas à deux équipes ayant le même propriétaire de jouer dans ses compétitions. Il devrait vendre le club bergamasque après seulement quelques semaines pour avoir une réelle chance de s'offrir Chelsea.Pagliuca posséderait presque les 3 milliards d'euros pour l'acquisition. Par conséquent, il devrait certainement trouver un partenaire pour conclure le deal, mais aucune information ne circulait à ce sujet depuis un moment. Du moins, jusqu'à cette semaine. On a appris que Bob Iger, le président de Disney, soutenait sa candidature de Pagliuca. Il pourrait apporter une contribution à hauteur d'un milliard d'euros, ce qui pourrait faciliter et accélérer la vente du club champion d'Europe. Mais il y aura sans doute d'autres noms qui s'ajouteront à liste des candidats acheteurs.Stephen Pagliuca serait certainement un propriétaire derrière lequel les fans pourraient se rallier. L'Américain défend une gestion équilibrée qui dépense moins en transferts et donne du temps aux entraîneurs pour mettre en place leur projet et bâtir une équipe compétitive. Mais il ne faut pas oublier que Chelsea doit aussi réaliser des bénéfices pour pouvoir être revendu. Le seul problème, c'est que le club est très déficitaire.Le deuxième nom sur la liste du groupe Raine est celui de Sir Martin Broughton et de son équipe. Âgé de 75 ans, il est issu de la vieille aristocratie britannique et a notamment fait fortune dans l'industrie aéronautique. L'homme est un fan de Chelsea depuis son enfance, mais il a aussi acheté Liverpool en 2010, alors que les Reds étaient en grande difficulté financière. C'est également lui qui a présenté l'actuel propriétaire américain Fenway Sports Group à Liverpool.Atour de Broughton, l'on trouve trois autres personnes avec David Blitzer, Josh Harris et Sebastian Coe. Ce dernier est mondialement connu en tant que double champion olympique et ancien président de la fédération internationale des athlètes IAAF. Il a également des contacts étroits avec la politique britannique, notamment le Premier ministre Boris Johnson. Dans ce projet, Coe servirait principalement à tisser des liens entre les différentes parties.Blitzer et Harris ne sont pas des inconnus pour le football anglais et... belge. Par le biais de leur société Bolt Football Holdings, ils possèdent Crystal Palace et Waasland-Beveren, ainsi que plusieurs autres clubs en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne et aux États-Unis. En plus, ils possèdent également dans leur portefeuille la franchise de NBA de Philadelphia 76ers (où joue James Harden) et le club de hockey sur glace des New Jersey Devils. Et via John Textor, un autre co-propriétaire de Crystal Palace, ils ont ajouté à leur réseau le RWDM, autre pensionnaire de D1B belge. Chelsea va-t-il envoyer de nouveaux joueurs dans nos compétitions professionnelles en cas de rachat par Martin Broughton and cie ?D'ici la fin du mois de mai, date à laquelle la vente de Chelsea doit être finalisée, le groupe devra prendre ses distances avec Crystal Palace puisque les Eagles évoluent aussi en Premier League. C'est à peu près le seul obstacle de taille, car sinon le groupe possède les relations et l'argent. Les fans de Chelsea ne devraient certainement pas non plus s'opposer à leur arrivée.Le groupe derrière Broughton n'est pas le grand favori pour le rachat. Nous devrions plutôt nous tourner vers Todd Boehly et ses partenaires. Boehly est un milliardaire américain qui s'est enrichi grâce à sa société d'investissement Eldridge Industries. Il a également une expérience du sport grâce aux LA Dodgers, l'équipe de baseball qu'il a achetée en 2012 pour la somme record de 2,15 milliards d'euros. Depuis son arrivée, les Dodgers sont de nouveau au sommet de leur sport. Entre 2013 et 2020, ils ont remporté leur conférence (il y a d'abord un championnat "géographique" de conférences est ou ouest avant de disputer le titre national) et, la dernière année, sont même devenus champions de MLB. Boehly est également (co)propriétaire des franchises féminine et masculine de basket-ball de Los Angeles, les Sparks (WNBA) et les Lakers (NBA). Des clubs à succès, même si pour ces derniers, champions en 2020, cette saison ressemble à un fiasco avec une non-participation aux Play-offs. Boehly convoite un club de football depuis un moment déjà et a tenté à plusieurs reprises d'acquérir Chelsea et Tottenham par le passé. Après ces échecs, il veut retenter à nouveau sa chance et a également fait appel au milliardaire suisse Hansjörg Wyss et au promoteur immobilier londonien Jonathan Goldstein, qui a également essayé d'acheter Tottenham. Ensemble, ce trio posséderait plus de 20 milliards d'euros, plus qu'assez pour racheter Chelsea. C'est également Wyss qui, le premier, a fait comprendre à Abramovitch qu'il voulait lui racheter le club londonien. L'oligarque russe a en effet proposé le club au Suisse en février, comme l'a affirmé Wyss lui-même dans une interview accordée au quotidien Blick.Pour le groupe Raine, ces hommes pourraient bien être les nouveaux propriétaires rêvés de Chelsea. Ils ont l'argent, peuvent faire réussir l'équipe et sont aimés par les fans pour leur engagement envers le club et leur travail sur le plan caritatif.Le quatrième et dernier nom, fait également partie des favoris. C'est celui de la famille Ricketts. Elle doit sa fortune à son père Joe, qui est devenu très riche grâce à Ameritrade, une plateforme en ligne pour les affaires et les investissements boursiers. Comme les autres candidats, la famille a déjà acheté un club sportif aux Etats-Unis avec les Chicago Cubs, une équipe de la MLB. Maintenant, ils veulent s'implanter dans une équipe de football européenne.Tom et Laura Ricketts sont deux des quatre enfants qui sont derrière cette tentative de rachat de Chelsea. Tom est déjà président des Cubs et a déjà voulu acquérir l' AC Milan , Tottenham et a également été copropriétaire de Derby County pendant un certain temps. Le duo dirige une équipe qui comprend également Ken Griffin, un gestionnaire de fonds spéculatifs dont la fortune est estimée à 20 milliards d'euros. Il achète tout ce qu'il veut et ne se soucie certainement pas d'un million d'euros en plus ou en moins.Avec ce consortium, le groupe Raine peut cocher à peu près toutes les cases du candidat idéal : il est riche, il a de l'expérience dans le monde du sport, il peut ramener un club déficitaire au sommet et il a des relations partout. Par exemple, un autre membres des enfants Ricketts, Pete, est aussi gouverneur du Nebraska. Ils ont déjà essayé d'apaiser les craintes des fans en présentant un plan en huit étapes. Dans ce document, la famille déclare notamment qu'elle souhaite conserver le stade, maintenir les équipes masculine et féminine au plus haut niveau européen et qu'elle ne participera jamais à une Super League.Cela n'empêche pas les partisans de Chelsea de rester méfiants à l'égard de la famille Ricketts et le père Joe n'est pas étranger à cela. Ce dernier avait fait parler de lui de manière négative en 2019 après que d'anciens mails rédigés par lui ne soient tombés entre les mains de la presse. Il y écrit explicitement qu'il considère les musulmans comme l'ennemi et que l'islam n'est pas une religion, mais un culte. Les enfants de Joe ont essayé de laver le nom du patriarche, mais le mal était déjà fait. Lorsque les supporters de Chelsea ont eu vent du scandale, ils ne voulaient en aucun cas de lui comme nouveau propriétaire. "Non aux Ricketts", tel était le verdict devant le stade la semaine dernière parmi les supporters issus de divers horizons culturels et religieux. Et au sein du groupe des joueurs aussi, Hakim Ziyech et consorts ne sauteraient pas de joie si l'arrivée de la famille américaine à la tête du club se confirmait.Deux grands problèmesEnfin, la vente de Chelsea soulève également deux problèmes majeurs que le nouveau propriétaire pourrait ne pas apprécier. Tout d'abord, Chelsea n'est pas un club rentable depuis de nombreuses années. Roman Abramovitch a injecté 1,8 milliard d'euros dans le club au cours des 19 années de son règne et, au cours des dix dernières, aucun club anglais n'a reçu autant d'argent que Chelsea. La plus grande source de revenus du club londonien est la vente de joueurs. Il arrive donc que, lorsque ces dernières sont moins bonnes pendant quelques années, l'on se retrouve avec une perte record de 174 millions, comme la saison dernière. Une tâche sérieuse pour les nouveaux patrons.En plus de ces problèmes de rentabilité, Stamford Bridge, le stade, a besoin d'être rénové de toute urgence et, de préférence, d'être agrandi. Abramovitch essaie de le faire depuis des années, mais le projet, dont le coût est estimé à 2 milliards d'euros, est très onéreux et les riverains ont toujours mis des bâtons dans les roues du Russe. Construire un nouveau stade sur un autre site est encore plus difficile, car Abramovich n'est pas le propriétaire Stamford Bridge qui est détenu par Chelsea Pitch Owners, une organisation à but non lucratif dont les membres sont d'anciens joueurs comme John Terry et Jimmy Floyd Hasselbaink. Ils sont également propriétaires du nom Chelsea. Donc, si le club veut vraiment faire bouger les choses, il devra agir sous un autre nom. Ces quelques mois promettent donc d'être très intenses pour Chelsea.