Forces et faiblesses

Comment est-il possible qu'une équipe qui domine sa compétition pendant toute une saison ne termine la saison qu'avec un seul nouveau trophée dans sa vitrine ? Dans le football, le sport par excellence où la chance est un facteur déterminant, c'est possible. C'est la grande frustration de Pep Guardiola qui, avec cette équipe de Manchester City, tente d'écarter le facteur chance depuis des saisons.
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Comment est-il possible qu'une équipe qui domine sa compétition pendant toute une saison ne termine la saison qu'avec un seul nouveau trophée dans sa vitrine ? Dans le football, le sport par excellence où la chance est un facteur déterminant, c'est possible. C'est la grande frustration de Pep Guardiola qui, avec cette équipe de Manchester City, tente d'écarter le facteur chance depuis des saisons. Cette année encore, les Cityzens ressemblaient à une machine parfaitement huilée. Ils ont contrôlé pratiquement chaque duel du début à la fin, ne laissant pratiquement aucune chance à leurs adversaires. Un quatrième titre national en cinq saisons semblait d'ailleurs une simple formalité en janvier, tant cette City était dominateur.Guardiola et ses hommes semblaient avoir tout sous contrôle, mais plus la perspective de l'emporter se rapprochait, plus l'avance sur Liverpool diminuait. Au final, il aura fallu six minutes de folie lors de la dernière journée de Premier League contre Aston Villa pour pouvoir valider cette nouvelle victoire finale en championnat. La preuve que l'on ne peut pas tout contrôler, n'en déplaise à Pepe. Cette fin stressante contre Aston Villa, où Manchester City repartait sans le titre en poche à un quart d'heure du terme, alors que le marquoir affichait 0-2 en faveur des Villans, fut en tout cas un hommage parfait à Sergio Agüero, auteur d'un but phénoménal dans les dernières secondes contre QPR voici dix ans. Cette fois, le sauveur se nommait Ilkay Gündogan, dont le doublé a permis aux siens de renverser une situation qui semblait bien compromise. Ce sacre en terres anglaises de l'équipe de Kevin De Bruyne, n'est cependant qu'un coin de ciel bleu et un lot de consolation . L'objectif principal, à savoir remporter enfin cette fichue Ligue des champions, n'a une fois de plus pas été atteint. La faute à un Real Madrid, auteur d'une fin de demi-finale retour encore plus folle que celle des Skyblues contre Aston Villa. Rodrygo risque encore de hanter les rêves contrôlés de Guardiola pendant quelques bons mois. Il faut dire que ce Manchester City semblait sans faille toute la saison, mais l'échec en C1 apporte un éclairage totalement différent sur la saison. Il est difficile de dire où se situe le problème des Cityzens. Que leur manque-t-il ? Si Thibaut Courtois n'avait pas réalisé un arrêt incroyable quelques minutes avant le doublé de Rodrygo, tirerions-nous les mêmes conclusions qu'aujourd'hui ? Une chose est sûre, City a rencontré des problèmes avec le poste de numéro 9. C'est sans doute le talon d'Achille de l'armada anglaise, du moins à première vue. En s'attardant sur les statistiques, on constate que les Skyblues ont marqué 5,6 buts de plus que ce que prévoyait les Expected Goals. En comparaison, Liverpool n'a fait que 0,98 de mieux que son xG. Alors serait-ce au final juste la chance qui a privé Manchester City de remplir sa vitrine avec plus de coupes, dont la plus convoitée de toutes ?Le tacticien espagnol est sans doute le point fort mais aussi le point faible de son équipe. Pourquoi ? Le Catalan est un tel génie des mises en place tactiques qu'il peut parfois prendre de mauvaises décisions dans les moments les plus importants d'une saison. Un marathon comme un championnat apparaît comme un jeu d'enfant pour l'entraîneur espagnol à succès. Une compétition à élimination directe avec tout ce qu'elle inclus d'imprévisible devient dès lors presque une malédiction. Guardiola a également semblé avoir du mal à se ressourcer auprès du club en début de saison. Selon les journaux britanniques, il aurait avoué à ses joueurs après la victoire 4-1 en Ligue des champions contre le Club de Bruges qu'il n'en pouvait plus. Pourrait-il quitter les Cityzens après six saisons sur le banc ? Finalement, ces rumeurs se sont vite dégonflées. L'ancien coach du Barça et du Bayern s'est fait de plus en plus discret au cours de la saison. Mais après l'élimination en CL, il était évident que le Catalan portait une énorme pression sur ses épaules. Cela s'est d'ailleurs ressenti lors de la victoire en Premier League quand des larmes ont coulé sur ses joues. Dans le vestiaire, l'élégant Pep Guardiola est devenu complètement fou en glissant sur le sol sur ses genoux. Des images auxquelles il ne nous avait pas vraiment habitué par le passé. Alors l'année prochaine, parviendra-t-il à mettre fin à cette malédiction avec la plus prestigieuse des compétitions européennes ?Quand on regarde la saison de Manchester City, il est impossible d'ignorer les prestations du maître à jouer belge. Jamais l'engouement autour du Diable Rouge n'a été aussi grand que cette saison de l'autre côté de la Manche. Il suffit de regarder les images de De Bruyne après le match contre Villa, lorsqu'il a dû quitter le terrain complètement coincé entre les gardes du corps. KDB a encore pris une dimension supérieure cette saison. Il ne se contente plus de distribuer les caviars à ses partenaires, mais il se débrouille de plus en plus seul. Cela se traduit dans les chiffres avec une saison exceptionnelle riche de 19 buts et de 14 passes décisives, toutes compétitions confondues. Il est aussi le joueur de Premier League qui a amené le plus grand nombre d'occasions et il a été élu, pour la deuxième fois par les téléspectateurs, comme le meilleur joueur de la compétition nationale la plus regardée du monde. Il faut également tenir compte du fait que son début de saison a été compliqué par une blessure contractée à l'Euro dont il a mis le temps de se remettre, ainsi que par une infection au covid. Ce n'est qu'après le Nouvel An que le Diable Rouge a vraiment commencé à retrouver de sa superbe. Pourra-t-il maintenir cette forme éblouissante jusqu'à la Coupe du monde à la fin de l'année ? C'est tout ce que l'on espère.Le prochain millésime de Manchester City tournera autour de deux hommes forts : Kevin De Bruyne et Erling Haaland, la nouvelle superstar que les Cityzens accueilleront cet été. Le Norvégien devra enfin résoudre le problème offensif de Guardiola, même si son rôle ne sera pas uniquement celui d'un attaquant de profondeur. Guardiola veut aussi faire évoluer Haaland en faux neuf, à savoir un attaquant qui ne se contente pas de rester dans les seize mètres. L'exemple à suivre sera Harry Kane, qui à Tottenham, évolue parfois dans un registre proche du numéro 10. L'attaquant aide ainsi son équipe à mieux jouer. Ce n'est d'ailleurs pas une coïncidence si l'entraîneur catalan aurait bien aimé attirer le capitaine des Spurs dans le nord de l'Angleterre la saison dernière. Mais Haaland n'est pas le seul renfort offensif attendu puisque Julian Alvarez intègrera aussi l'équipe anglaise la saison prochaine. L'Argentin de 22 ans a été acheté à River Plate en janvier dernier pour 14 millions d'euros, mais reste en Argentine jusqu'à la fin du mois de juin. Alvarez est un joueur intéressant pour Guardiola car il est capable de dribbler, possède de la vitesse et est capable de marquer. Un profil idéal de faux neuf dont il raffole. A noter que le jeune Argentin a déjà marqué six fois dans le même match cette saison en Copa Libertadores, l'équivalent sud-américain de la Ligue des Champions. C'est l'Alianza Lima, un club péruvien, qui a subi les foudres de Julian Alvarez lors d'une défaite 8-1 au Monumental, l'antre de River Plate.Dans le sens des départs, Man. City a également fait ses adieux à une icône, avec son capitaine Fernandinho. Après 383 matches et 12 trophées, le milieu de terrain brésilien devrait se chercher un nouveau point de chute dans son pays natal. Il en ira de même, mais pas spécialement pour la même destination, pour le sauveur Ilkay Gündogan ainsi que pour Gabriel Jesus. En dehors de cette arrivée d'Haaland, le onze de base de Manchester City ne devrait pas subir de grands chamboulements.