Forces et faiblesses

Une chose semblait certaine au début de la saison en Serie A : la Juventus allait retrouver ses lauriers nationaux. Personne n'en doutait dans le Piémont après la mise à l'écart d'Andrea Pirlo pour permettre le retour de l'entraîneur à succès Massimiliano Allegri. Pour le reste, l'équipe n'avait pas changé par rapport à l'exercice précédent, à la (grande) différence que Cristiano Ronaldo a préféré revenir à ses amours mancuniennes à la fin du mois d'août.
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Une chose semblait certaine au début de la saison en Serie A : la Juventus allait retrouver ses lauriers nationaux. Personne n'en doutait dans le Piémont après la mise à l'écart d'Andrea Pirlo pour permettre le retour de l'entraîneur à succès Massimiliano Allegri. Pour le reste, l'équipe n'avait pas changé par rapport à l'exercice précédent, à la (grande) différence que Cristiano Ronaldo a préféré revenir à ses amours mancuniennes à la fin du mois d'août. Le Portugais est surtout parti avec sa production de buts assurée pour les pensionnaires de l'Allianz Stadium. Qui allait reprendre le rôle d'agitateur des filets adverses ? Tous les regards étaient tournés vers Alvaro Morata, Federico Chiesa - qui sortait d'un Euro brillant qu'il avait éclaboussé de sa classe - et surtout Paulo Dybala. La Joya pouvait enfin sortir de l'ombre encombrante de CR7, mais le costume s'est rapidement avéré trop grand pour le gaucher argentin. La Juventus a commencé la saison de manière spectaculaire, mais pas dans le sens qu'elle espérait. Elle a battu des records négatifs comme cette dix-huitième place au classement après quatre journées (deux nuls, deux défaites). L'état-major de la Vieille Dame a alors commencé à se poser des questions.La Juventus a beau s'être remise sur les rails, en novembre, un nouveau Scudetto - après neuf titres consécutifs jusqu'à l'année dernière, où l'Inter l'avait fait tomber de son piedestal - semblait désormais une illusion. Allegri n'est pas parvenu à réaliser des miracles avec une équipe qui, la saison dernière, avec Ronaldo, n'avait jamais été en mesure de lutter pour les lauriers nationaux.Le mois de janvier devait permettre de trouver des solutions, et la Juventus a mis le paquet sur le marché des transferts pour attirer Denis Zakaria, un nouveau milieu de terrain, et surtout Dusan Vlahovic. La nouvelle sensation serbe de Serie A se sentait à l'étroit à la Fiorentina et trouvait un défi à sa mesure à Turin en devant succéder à Ronaldo. Et cela a fonctionné à merveille au début, puisque l' "Ibrahimovic serve" a marqué dès ses premières minutes (souvenez-vous du but inscrit après quelques secondes seulement en Ligue des champions contre Villarreal). Pendant un moment, la Juventus a même semblé être en mesure de relancer la lutte pour le titre, en réduisant chaque semaine l'écart avec les clubs de Milan.Mais le départ en fanfare de Vlahovic n'a pas trouvé de prolongement. Depuis le mois de mars, il n'a marqué que quatre fois en onze matches et la Juventus a sombré avec le mutisme de son artificier, terminant finalement quatrième, à seize longueurs du champion, l'AC Milan.Les gros problèmes de cette Juve se trouve au milieu et sur les flancs. Des garçons comme Manuel Locatelli, Adrien Rabiot et Weston McKennie ont des qualités évidentes, mais manquent de créativité. Locatelli a été le meilleur passeur du trio médian ... avec à peine quatre assists. Et devant, surtout sur les flancs, la contribution offensive n'était pas des plus brillantes. Morata a été le meilleur avec 7 passes décisives. Et vous avez déjà compris l'autre problème : qui marque les buts ? Vlahovic n'a certes marqué "que" sept fois en Serie A depuis son arrivée, mais c'est le nombre le plus élevé de tous les joueurs offensifs pendant cette deuxième moitié de saison. Seuls Morata et Dybala font un peu mieux, avec respectivement 9 et 10 buts, mais ils ont disputé l'intégralité de l'exercice contrairement au Serbe. Ces faibles statistiques ne leur permettent pas de figurer dans le top 20 des meilleurs réalisateurs du championnat. Les maux offensifs de la Juventus semblent donc évidents.Max a été accueilli comme le sauveur pendant l'été. Après une saison dramatique sous la direction d'Andrea Pirlo, qui s'était qualifié de justesse pour la Ligue des champions (mais avait remporté une Coupe d'Italie), l'entraîneur qui avait déjà mené la Juventus à cinq titres consécutifs et à quatre autres trophées devait ramener la Vecchia Signora sur le trône de la Serie A. Mais avec une équipe à peine modifiée à sa disposition couplée au départ de la fine gâchette, Ronaldo, la tâche devenait ardue. C'est Allegri lui-même qui a avoué devant les caméras à la fin de l'année dernière que le titre ne serait pas pour cette saison. Selon lui, il y avait trop de joueurs dans son effectif qui ne sont pas capables de supporter la pression d'un grand club comme la Juventus.Au final, c'est l'ingéniosité tactique de l'Italien qui a permis à la Juventus de se qualifier pour la Ligue des champions, surtout en réalisant un parcours sans faute entre novembre et mars. En 16 rencontres, elle n'a pas perdu une seule fois. Au final, Allegri a dû lui aussi accepter les limites de son noyau. Il n'y a pas eu de grandes révélations à la Juventus cette saison. Dusan Vlahovic aurait pu l'être s'il avait poursuivi sur sa lancée de janvier, mais il n'a de toute façon été présent qu'une demi-saison dans le Piémont. Pour trouver trace de bonnes performances et de régularité, nous devons tourner le regard vers la ligne arrière et Matthijs de Ligt. Sous la direction d'Allegri, le Néerlandais ne semblait pas une priorité car il était encore trop inexpérimenté. Mais finalement, il a réussi à s'imposer. De plus, lors des 29 matches avec De Ligt dans le onze de base, la Juventus n'a perdu que cinq fois. Avec le départ de l'icône Giorgio Chiellini, le jeune Néerlandais semble bien parti pour devenir le nouveau leader de cette équipe de la Juventus.Alors que Paulo Dybala et Giorgio Chiellini, deux icônes de la Juventus ces dernières années, ont fait leurs adieux à la maison bianconera, le conseil d'administration cherche les nouveaux noms qui apporteront ce sang frais nécessaire à la revitalisation de la Vieille Dame. La Juventus doit trouver des renforts à presque tous les postes pendant l'été. Après cette saison, la direction a conscience qu'elle ne pourra pas remporter un titre avec cet effectif. Au milieu de terrain, le club cherche un joueur qui pourra faire le lien avec les attaquants, un joueur comme Kevin De Bruyne qui pourra soutenir la division offensive. Paul Pogba est le genre de joueur que les patrons bianconeri veulent à Turin, et les fans seraient heureux de le voir revenir au bercail. Le Français est donc une priorité pour la Juventus en ce moment et le transfert semble déjà en bonne voie.Devant, on attend le retour de Chiesa, qui a été absent pendant presque toute la saison à cause d'une grave blessure. Mais la Juventus veut aussi renforcer ses flancs, et pour cela, elle met tout en oeuvre pour attirer un joueur de classe internationale, qui est libre sur le marché des transferts. Le nom d'Angel Di María est cité dans les couloirs de l'Allianz Stadium, mais l'Argentin ne veut qu'une seule année de contrat alors que la Juventus aimerait lui proposer un bail plus long. Entre-temps, Barcelone est également entré dans la danse et ce dossier sera intéressant à suivre. En cas de refus de l'ancien joueur du PSG, la Juventus possède un plan B avec Filip Kostic de l'Eintracht Francfort, qui a été élu meilleur joueur de l'Europa League cette saison. Luis Muriel, Giovanni Simeone et Marko Arnautovic sont d'autres attaquants figurant sur la liste des recrues potentielles. Enfin, derrière, le départ du capitaine Chiellini va laisser un grand vide, surtout que son successeur naturel, De Ligt, songerait à quitter le nord de l'Italie. Le Néerlandais douterait du projet de la Juventus après deux saisons terminées à la quatrième place et aimerait rejoindre une équipe capable de remporter des trophées. Pourtant, la quête d'un nouveau défenseur ne semble pas être une priorité pour les dirigeants turinois, ce qui serait une bonne nouvelle pour Koni De Winter. Le Belge de 19 ans ,issu de l'académie des jeunes Bianconeri est le chouchou d'Allegri depuis un certain temps. Il pourrait bien obtenir plus de minutes de jeu la saison prochaine. Beaucoup de choses vont se passer à Turin cet été. Le Scudetto doit absolument être reconquis, mais cette mission ne se fera sûrement pas avec le groupe actuel ? Allegri s'apprête à vivre un été très studieux.