Forces et faiblesses

Une deuxième place derrière l'intouchable rival parisien et une demi-finale européenne. Sur le papier, la saison de Marseille a de quoi provoquer des sourires. Pourtant, sur la Canebière, la moue est de sortie. Un sentiment probablement né de cette sensation qu'il n'a pas manqué grand-chose, mis à part un soupçon d'enthousiasme et de risques.
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Une deuxième place derrière l'intouchable rival parisien et une demi-finale européenne. Sur le papier, la saison de Marseille a de quoi provoquer des sourires. Pourtant, sur la Canebière, la moue est de sortie. Un sentiment probablement né de cette sensation qu'il n'a pas manqué grand-chose, mis à part un soupçon d'enthousiasme et de risques.Même avec l'arrivée de Cédric Bakambu en janvier ou l'essor inattendu de Bamba Dieng, le secteur offensif des Phocéens est ainsi resté trop dépendant de la forme inégale d'Arkadiusz Milik, fausse note dans le collectif de Jorge Sampaoli. Le bilan global de 20 buts du Polonais est surtout porté par sa bonne campagne européenne, mais ses sept petites roses plantées en Ligue 1 n'auront pas suffi à Marseille pour être autre chose que le meilleur des challengers, dans une saison où le PSG ne semblait pourtant pas hors de portée. Marseille a mangé son gâteau sans cerise, tout comme en Coupe d'Europe où l'OM a manqué de folie pour sa demi-finale retour de Conference League face à Feyenoord, concluant la rencontre sur un triste 0-0 symbole d'une saison où le jeu a trop souvent attendu de grandes envolées qui n'arrivaient jamais. Pourtant réputé volcanique, artisan majeur d'un Chili spectaculaire, Sampaoli n'est pas parvenu à transformer le Vélodrome en une locura semblable aux années Marcelo Bielsa. Le bilan final de 71 points reste cependant l'un des meilleurs des dernières saisons : depuis le titre de 2010, le club phocéen n'a fait mieux qu'à une seule reprise (77 points lors de la saison 2017-2018).Arrivé pour succéder à André Villas-Boas la saison dernière, l'ancien sélectionneur du Chili et de l'Argentine n'a pas spécialement fait honneur à sa réputation de créateur de football enflammé. Si l'OM avait commencé la saison sur les chapeaux de roue, le soufflé est vite retombé, notamment à cause du manque d'individualités capables de faire la différence au bout des circuits de passes précis installés devant la défense à trois mise en place par Sampaoli. Souvent, il ne restait donc qu'une équipe sans surprise, trop mécanique et incapable de changer de tempo dans les moments-clés. Le collectif est cohérent et bien huilé, mais le jeu n'est sans doute pas assez fada pour faire définitivement chavirer le coeur du Vélodrome.Il y a bien sûr William Saliba, prêté par Arsenal et élu espoir de la saison. Sans oublier Boubacar Kamara, Mattéo Guendouzi et Cengiz Ünder, autres jeunes animateurs majeurs de l'exercice marseillais. Au bout du compte, l'homme qui incarne le mieux cette saison phocéenne reste néanmoins Dimitri Payet. D'abord parce que le maestro domine largement la feuille de stats, avec seize buts et douze passes décisives toutes compétitions confondues. Surtout, parce qu'il était l'un des rares joueurs capables de sortir le jeu millimétré de l'OM de ses rails pour lancer une action inattendue et rémunératrice, enflammant le marquoir et les tribunes. Pas toujours régulier, mais systématiquement précieux.Le coup est du genre difficile à encaisser. Formé à Marseille, lancé en Coupe d'Europe avant même sa majorité, c'est sans le moindre euro dans les caisses phocéennes que Boubacar Kamara quitte la Commanderie pour s'engager avec Aston Villa, au bout de son contrat. Le ventre mou de la Premier League plutôt que la Ligue des Champions, qui sera au menu des Marseillais la saison prochaine. Mais avec quel effectif ?Pour constituer une équipe capable de jouer les premiers rôles, sans pour autant avoir un portefeuille gigantesque à disposition, l'homme fort de l'OM Pablo Longoria avait beaucoup misé sur les prêts, du gardien Pau Lopez au supersonique Cengiz Ünder, en passant par les jeunes Français Guendouzi et Saliba. Les transferts définitifs de Pau Lirola ou Gerson ont été bien moins rémunérateurs en points, et le chantier s'annonce donc conséquent au stade Vélodrome pour se maintenir dans le sillage du PSG face à la concurrence de Monaco, Rennes ou Lyon. Grâce au faux-pas des Monégasques lors de la dernière journée de championnat, les millions et l'exposition médiatique de la Ligue des Champions sont assurés. L'occasion d'attirer des joueurs plus huppés ? En fin de parcours à Dortmund, le nom d'Axel Witsel est, par exemple, cité sur la Canebière...