Forces et faiblesses

Après le Scudetto de la saison dernière, l'Inter espérait reconduire son titre. Seulement, l'été dernier, tant l'entraîneur que le meilleur buteur et le meilleur joueur de la saison sont partis. Antonio Conte et Romelu Lukaku sont partis vers l'Angleterre, mais le budget épargné pour le salaire et le montant de transfert reçu pour l'attaquant des Diables rouges (un peu plus de 100 millions d'euros) n'a pas permis de faire de grandes dépenses. Un autre partant de l'été, Achraf Hakimi, avait aussi rapporté 60 millions d'euros dans les caisses.
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Après le Scudetto de la saison dernière, l'Inter espérait reconduire son titre. Seulement, l'été dernier, tant l'entraîneur que le meilleur buteur et le meilleur joueur de la saison sont partis. Antonio Conte et Romelu Lukaku sont partis vers l'Angleterre, mais le budget épargné pour le salaire et le montant de transfert reçu pour l'attaquant des Diables rouges (un peu plus de 100 millions d'euros) n'a pas permis de faire de grandes dépenses. Un autre partant de l'été, Achraf Hakimi, avait aussi rapporté 60 millions d'euros dans les caisses. Malgré ces coups durs pour le club et ses tifosi, le conseil d'administration intériste a bien su gérer le mercato. Ils ont tout d'abord placé l'entraîneur à succès de la Lazio, Simone Inzaghi, sur le banc avant de convaincre le vétéran Edin Dzeko de quitter Rome pour la Lombardie. Pour compenser la perte d'Hakimi au poste de piston droit, l'Inter a acquis Denzel Dumfries, la révélation des Pays-Bas lors du dernier championnat d'Europe. La sauce a rapidement pris puisque dès le premier rendez-vous de la saison, l'Inter a montré qu'il était prêt à lutter pour un deuxième titre consécutif. Cet Internazionale semblait même encore meilleur que celui de la saison dernière. L'équipe ne dépendait plus que de Lukaku, qui marquait pratiquement tous les buts, et le danger venait de tous les côtés. Les Nerazzurri sont devenus une véritable machine offensive sous la direction de Simone Inzaghi. Aucune formation n'a marqué plus de buts que les 84 de l'Inter. A titre de comparaison, l'AC Milan, le champion d'Italie, n'a trouvé le chemin des filets "qu'à" 69 reprises. Rien ne semblait pouvoir empêcher les Nerazzurri de remporter le Scudetto, car l'équipe était solide, non seulement offensivement, mais aussi défensivement. La défense à trois n'est pas étrangère à cela grâce à des joueurs de la trempe de Milan Skriniar, Stefan de Vrij et la découverte Alessandro Bastoni. En revanche, Samir Handanovic (bientôt 38 ans) , qui était certainement ces dernières années l'un des meilleurs gardiens de but du monde, commence lentement à ressentir les effets de l'âge. Il s'est révélé être un gardien de but gaffeur, ce qui a coûté beaucoup de points à son équipes. L'Inter a été si dominant pendant la première moitié de saison qu'on ne voyait personne être en mesure de lui contester le Scudetto. Et pourtant, après le Nouvel An, le château de cartes nerazzurro s'est effrondre, avec comme tournant, le derby contre le voisin de l'AC. Après avoir pris l'avantage 1-0 et alors qu'ils semblaient contrôler les débats, Olivier Giroud a signé un doublé en quelques minutes. Les Rossoneri renversaient non seulement le derby, mais sans le savoir, ils étaient en train de faire basculer la Serie A. Après ce match, l'Inter avait complètement perdu le nord. Lors des cinq matchs suivants, il n'a récolté qu'une seule victoire et un bilan de 7/18, si l'on inclut le derby avec Milan. Cela a suffi à Milan pour creuser un écart important, que l'Inter n'a pas pu combler, malgré une impressionnante course de rattrapage de 27/30 ( !). Au final, avec la meilleure attaque et la deuxième meilleure défense, l'Inter est devenu vice-champion. Dans les bureaux bleu et noir de San Siro, ils ne comprendront pas comment ils ont pu laisser échapper ce titre, même si une victoire finale en coupe contre la Juventus est un joli lot de consolation.Il n'est pas facile de suivre les traces d'Antonio Conte, qui a fait de l'Inter une équipe primée à nouveau. Simone Inzaghi, lui, ne semblait pas avoir de problème avec cela. Il a conservé la formation 3-5-2 d'Antonio Conte et s'est contenté de combler les vides avec des profils similaires. Dzeko semblait vivre sa seconde jeunesse sous les ailes d'Inzaghi et Dumfries a pu se donner à fond sur le flanc droit, où il a surclassé tous ses adversaires. /ParaL'Inter de ParaConte n'était pas encore parfait. Il était bien trop dépendant des performances de Romelu Lukaku et s'est trop souvent incliné devant les petits dieux. Inzaghi a résolu les deux problèmes : toute l'équipe s'est mise à marquer, avec 17 buteurs différents en Serie A. Parmi les joueurs de base, seuls De Vrij et Handanovic n'ont pas marqué une seule fois en championnat. Et contre les petites équipes, à part le creux de la vague en février/mars, l'Inter n'a pas concédé de points cette saison. Inzaghi a amélioré la machine de Conte et est prêt à gagner la Serie A pour la première fois la saison prochaine.Pour le titre de meilleur joueur de la saison, il y a quelques candidats qui ressortent du lot. A 36 ans, Edin Dzeko a tout de même inscrit 17 buts et délivré 10 passes décisives, tandis que Lautaro Martínez a encore pris une autre dimension avec un total de 25 buts, toutes compétitions confondues. Pourtant, à notre avis, la star de l'année se trouve sur le flanc gauche intériste avec une vieille connaissance de notre Pro League: Ivan Perisic. Le Croate de 33 ans a montré cette saison qu'il est tout sauf usé en signant 10 buts et en adressant 9 passes décisives. Il a surtout été particulièrement impressionnant lors du sprint final de la saison. L'ancien de Roulers et du Club de Bruges a été l'homme de la remontée (presque réussie) de l'Inter. Lors des neuf derniers duels, il a fait trembler les filets à 3 reprises et a surtout délivré 6 assists à ses partenaires. En finale de la Coppa Italia, Perisic a également marqué un véritable bijou, pour offrir à l'Inter son deuxième titre de la saison au terme des prolongations. Une résurrection pour un homme sur lequel planait encore quelques doutes au coup d'envoi de la saison. Lors du mercato d'hiver, l'international allemand Robin Gosens a été acheté à l'Atalanta. Ce transfert n'a finalement rendu Perisic que plus fort. Gosens n'a fait que sept apparitions avec les Nerazzurri, tandis que Perisic s'est déchaîné. Il ne fallait pas l'enterrer trop vite.L'Inter entend bien réaliser un mercato estival aussi abouti que celui d'il y a douze mois. Il veut se renforcer pour briguer à nouveau le Scudetto. Les problèmes financiers semblent se résoudre lentement, même si ce n'est pas pour autant que l'Inter va jeter les millions par les fenêtres au cours des prochaines semaines. Les priorités de recrutement seront mises sur les jeunes talents ou les joueurs expérimentés qui peuvent être achetés pour une somme modique. Le noyau des Nerazzurri est actuellement vieillissant avec Handanovic (37 ans), Alexis Sánchez (33 ans), Perisic (33 ans), Arturo Vidal (35 ans) et Edin Dzeko (36 ans) comme principaux "anciens". Ils doivent être remplacés à terme et les noms de Gianluca Scamacca et de Paulo Dybala , laissé libre par la Juventus, sont ceux qui circulent le plus dans les travées du stade Guiseppe Meazza. L'Inter veut aussi solutionner le problème du gardien de but avec l'arrivée d'André Onana, le Camerounais qui n'est plus le bienvenu à l'Ajax.De plus, l'Inter doit aussi renouveler de nombreux contrats qui arrivent à échéance cet été, notamment ceux de Perisic et de Marcelo Brozovic, qui s'est également distingué cette saison. Le propriétaire Steven Zhang serait trop heureux de prolonger ces contrats, mais avec des salaires revus à la baisse. Mais ce ne sera pas une mince affaire.