À l'issue de la saison écoulée, Gennaro Gattuso a jeté l'éponge, épuisé. L'entraîneur de l'AC Milan n'a pas réussi à qualifier son équipe pour la Champions League, la faisant passer à côté de dizaines de millions. L'UEFA annoncera bientôt si la 5e place du club le qualifie pour l'Europa League car Milan est en infraction avec le fair-play financier depuis des années et le verdict tombera en juillet.

Ces problèmes financiers remontent à la reprise du club par des Chinois il y a quelques années. Ceux-ci n'avaient pas de plan financier mais beaucoup d'ambitions très coûteuses. L'année passée, Milan a été sauvé de la faillite grâce à sa reprise par un fonds d'investissements américain, Elliot.

En décembre, ce fonds a nommé un nouveau directeur général, Ivan Gazidis. Né en Afrique du Sud, il a grandi en Angleterre et a occupé le même poste à Arsenal de 2008 à 2018, avec succès. Pendant un semestre, Gazidis (54 ans) a étudié la situation. Il établit maintenant la route à suivre. "Nous devons avant tout démontrer que nous sommes capables d'avoir une gestion saine. Milan ne va pas investir en vedettes ni en joueurs qui ont leurs meilleures années derrière eux mais en footballeurs qui peuvent devenir des ténors et écrire une nouvelle page d'histoire avec le club." Leonardo, ancien joueur milanais désormais directeur sportif, a immédiatement compris le message et a rejoint le PSG. Il est remplacé par son ancien coéquipier, Paolo Maldini, qui se retrouve bien dans cette nouvelle politique.

Le nouvel entraîneur s'intègre bien dans la philosophie, soit le suivi des joueurs et leur progression. Marco Giampaolo (51 ans), un Italien né en Suisse, en est à son septième club de Serie A depuis ses débuts parmi l'élite à Cagliari en 2006. Sa carrière footballistique a été plutôt modeste : principalement en D3, avec une saison en Serie B. Après Cagliari, il a encore entraîné Sienne, Catane et Cesena en Serie A. En 2015, il a pris la relève de Maurizio Sarri à Empoli, sur la recommandation de son collègue. Au bout d'une saison, il a signé à la Sampdoria, où il s'est distingué par son approche du football ces dernières années. Giampaolo fait progresser les joueurs et prône un football offensif, de préférence en 4-3-1-2 mais toujours en restant bien organisé. Il enseigne le football d'une manière quasi académique, ce qui donne mal à la tête aux joueurs qui s'appuient sur leur talent ou leur intuition. Comme Trond Sollied, il ne jure que par le shadow game, onze joueurs qui se meuvent sur le terrain sans adversaire, pour répéter tant et plus les automatismes. Pour lui, le football n'est pas un jeu mais une matière scolaire. Cependant, quand ses joueurs ont assimilé ses consignes, ils développent un football positif et offensif.

Par Geert Foutré