Toutes les tentatives de rapprochement et de réconciliation de la fédération norvégienne de football avec sa meilleure joueuse ont échoué. Ada Hegerberg, la première lauréate du Ballon d'Or féminin, en décembre dernier, persiste et signe : elle dédaigne l'équipe nationale. C'est désormais certain, la Coupe du monde de football féminin, qui se déroulera en France à partir du 7 juin, aura lieu sans la vedette de 23 ans. Sa soeur aînée Andrine (25 ans) est également absente.

Le sélectionneur Martin Sjögren a réagi: "Nous avons essayé de résoudre le problème mais elle a décidé de ne pas jouer." Le motif? Un manque de respect pour les footballeuses en Norvège. Hegerberg, qui a grandi dans une famille attachant énormément d'importance à l'égalité des sexes, est prête à sacrifier sa carrière afin que la prochaine génération de joueuses puisse travailler dans de meilleures conditions.

En 2017, pourtant, la Norvège avait fait figure de pionnière : la fédération et le syndicat des joueurs avaient signé un accord offrant des émoluments identiques aux hommes et aux femmes. "Il n'y a pas que l'argent", rétorque Ada Hegerberg. "Il s'agit aussi de l'avenir, des actions à entreprendre, du professionnalisme... J'ai clairement exposé tous ces points à la fédération."

La Norvégienne joue à l'Olympique Lyon depuis 2014. Elle a été championne de France quatre saisons d'affilée et a enlevé à trois reprises la Ligue des Champions (2016, 2017 et 2018). Elle aura une quatrième coupe aux grandes oreilles si Lyon remporte la finale du samedi 18 mai face au FC Barcelone, qui aligne entre autres la Néerlandaise Lieke Martens.

Par Steve Van Herpe