La merveille est arrivée dans le temps additionnel de la première période (45+1) et elle est partie du pied gauche de l'Argentin, qui a trouvé le petit filet opposé dans un angle qui, réellement, semblait impossible.

Forte, enroulée, filant sous la barre au millimètre, la frappe de Dybala a mis debout tout le public turinois. Les tifosi se sont ensuite levés une deuxième fois à sa sortie à un quart d'heure de la fin, lui offrant l'ovation que méritait son match de champion.

Sur la seule première période, l'Argentin a réussi trois gestes superbes qui justifient le prix du billet, voire de l'abonnement annuel: un contrôle porte-manteau de rêve sur une longue ouverture de Bonucci, un petit-pont en talonnade et en extension sur le pauvre Hermoso et le coup franc de la victoire.

Celle-ci garantit donc à la Juventus la première place de la poule et les modestes garanties qui vont avec, la réception au retour en 8e de finale et un tirage au sort peut-être un peu moins redoutable.

Elle laisse aussi l'Atlético très loin, six points de retard et sept points inscrits, dont celui du match nul arraché miraculeusement à l'aller (2-2).

Ronaldo revient doucement

L'équipe de Diego Simeone n'est donc encore sûre de rien mais elle n'est pas non plus dans une situation impossible. Une victoire au dernier match, à domicile contre le Lokomotiv Moscou déjà éliminé, la qualifiera à coup sûr.

La Juventus ira de son côté très tranquillement à Leverkusen et peut se concentrer sur sa lutte avec l'Inter Milan en Serie A et sur le retour au premier plan de Cristiano Ronaldo.

Après les tourments de son remplacement contre l'AC Milan et de petits pépins physiques, le Portugais est "de retour", comme il l'a écrit lundi sur Instagram, mais il n'est pas encore tout à fait lui-même.

On l'a vu boiter après s'être fait mal en frappant le poteau de corner, rater beaucoup de gestes techniques et il a même laissé à ses équipiers plusieurs coup francs, pas seulement celui du but, ce qui n'est pas précisément dans ses habitudes.

Mais il a aussi été très utile en deuxième période, quand la Juve était vraiment menacée par les Madrilènes et il a eu une belle occasion en contre à la 60e minute, mal conclue par un tir au-dessus mais saluée par les "Cristiano ! Cristiano !" du Juventus Stadium.

Le Portugais a fini aux côtés de Higuain et, comme Sarri l'a dit lundi, il y a de pires tracas pour un entraîneur que d'avoir "trois attaquants très forts pour deux postes".

Avec Joao Felix, Correa et Lemar, Simeone a lui fait sortir de son banc trois talents offensifs qui, peut-être, auraient pu servir plus tôt.