La manipulation de matches, fléau de la planète football

10/10/18 à 15:52 - Mise à jour à 11/10/18 à 09:16

Source: Afp

Et si l'enquête actuelle n'est pas sans rappeler les affaires autour de la personnalité de Zheyun Ye, qui avaient entaché les saisons de 2004 à 2006, celle-ci n'est malheureusement pas une exception... Cette opération anti-fraude vient rappeler que la manipulation de matches, liée ou non à des paris, n'épargne aucun pays.

La manipulation de matches, fléau de la planète football

© Getty Images/iStockphoto

Petit tour du monde des principaux scandales de matches truqués.

. Italie, l'épicentre européen

En 2012, le football italien est secoué par le scandale du "Calcioscommesse" qui envoie plusieurs joueurs et entraîneurs en prison. Le système, dirigé depuis Singapour par la mafia de Dan Tan avec la complicité locale de deux gangs, celui dit "des Hongrois" et celui "des Gitans", repose sur la corruption de joueurs pour influencer les résultats.

Au terme de près de 100.000 écoutes téléphoniques, de dizaines d'arrestations et de perquisitions, l'enquête du procureur de Cremone révèle que durant la saison 2010-2011, au moins 50 matches, dont une vingtaine en Serie A, ont été achetés, rapportant aux commanditaires plusieurs centaines de millions d'euros.

L'Italie avait déjà connu deux scandales du même acabit. En 1980, le "Totonero" avait coûté deux ans de suspension à Paolo Rossi et une descente en Série B à l'AC Milan. En 2006, le "Calciopoli" avait privé la Juventus Turin de deux titres et envoyé le club en Série B (2e division).

. La Belgique, déjà la proie d'une mafia chinoise

Le plus grand scandale - jusqu'ici - de matches truqués en Belgique s'est achevé en 2014 après quelque 10 ans d'instruction. Commanditée depuis la Chine, la manipulation a concerné 18 rencontres, vendues par quelques joueurs pour 5.000 à 40.000 euros entre 2004 et 2006.

Jugé par contumace, l'homme d'affaire chinois Zheyun Ye a été reconnu coupable de corruption active et condamné à cinq années de prison ferme.

L'ancien gardien international et ex-entraîneur de La Louvière Gilbert Bodart a été condamné à 6 mois avec sursis pour corruption.

. La France et les petits arrangements

Symbole des petits arrangements entre amis, le célèbre match Valenciennes -OM est une affaire de manipulation totalement déconnectée de tout contexte financier lié aux paris. Internet et les paris en ligne n'existaient pas en 1993 lorsque l'Olympique de Marseille s'impose 1-0 à Valenciennes, une semaine avant de décrocher la Ligue des champions face au Milan AC.

Deux jours plus tard le club nordiste révèle que plusieurs de ses joueurs ont été approchés pour laisser gagner les Marseillais et leur éviter une débauche d'énergie. 250.000 francs sont découverts dans le jardin du Valenciennois Christophe Robert. Marseille sera privé de son titre de champion de France 1993.

. L'Allemagne et Bochum, plaque tournante d'une mafia européenne

En 2011, Ante Sapina, ressortissant croate installé en Allemagne, est condamné à cinq ans et demi de prison par le tribunal de Bochum. Son réseau aurait manipulé les résultats de 50 à 200 rencontres dans neuf pays, dont des matches de Ligue des champions et de qualifications au Mondial-2010, en versant de l'argent à des joueurs, arbitres et officiels.

En pariant sur ces matches, essentiellement en Asie, Sapina aurait réalisé un bénéfice de 2,4 millions d'euros.

. Zimbabwe et Turquie, royaumes des matches fantômes

En 2012 éclate le rocambolesque scandale de l'Asiagate, une nouvelle superproduction du gang du fameux Dan Tan reposant sur des matches amicaux de l'équipe du Zimbabwe montés de toutes pièces pour être manipulés et disputés entre 2007 et 2009 en Asie (Thaïlande, Vietnam, Singapour...). Plus de 60 joueurs du Zimbabwe seront sanctionnés. Certains matches n'auraient même jamais eu lieu.

L'initiateur de l'Asiagate remet le couvert en 2011 en organisant en Turquie deux rencontres prétexte: Lettonie-Bolivie et Bulgarie-Estonie qui voient les arbitres initialement prévus changer à la dernière minute et leurs doublures distribuer de douteux penalties.

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