Même Pep Guardiola est impressionné. Quand il voit Antonio Conte débarquer en même temps que lui de l'autre côté de la Manche, pour tenter de conquérir la Premier League, le futur double champion d'Angleterre ne cache pas son admiration pour le travail du technicien italien : " Il joue un jeu de position très différent du mien, mais c'est du jeu de position, et il le fait très bien ! "

Déjà sous le charme de la Juventus de Conte, le monde du football reste pourtant bouche bée face à la masterclass des soldats du sélectionneur italien lors de l'EURO 2016, survolé tactiquement par une Squadra pourtant privée de ses talents majeurs, Marco Verratti en tête.

Après la Belgique de Marc Wilmots, ridiculisée en phase de poules, c'est l'Espagne de Vicente Del Bosque qui prend une leçon et passe à la trappe en huitièmes de finale. Si l'aventure s'arrête en quarts, face aux champions du monde allemands, elle ne prend terme qu'au bout de la séance de tirs au but, et Joachim Löw a adapté son dispositif pour répondre au défi tactique imposé par le coach italien. Étudiant acharné du football, Romelu Lukaku n'a pas attendu l'été français pour être sous le charme. Quelques mois plus tôt, après une victoire flatteuse acquise contre les Azzurri à Bruxelles en match amical, Big Rom' ne fait pas la même analyse que son sélectionneur.

Lukaku, à son arrivée à l'Inter., belga
Lukaku, à son arrivée à l'Inter. © belga

Lukaku oublie les chiffres et retient la démonstration tactique : " Les quinze premières minutes, on a pleuré. On n'était nulle part et ils nous ont mis le but. On a gagné le match grâce à des moments de grande classe des joueurs mais après, dans le vestiaire, on s'est dit qu'eux, tactiquement, ils étaient forts. "

FIANCÉS À LONDRES, MARIÉS À MILAN

Impressionné par la mise en place de Conte, Romelu s'imagine bien travailler sous les ordres du maestro italien. Et le coup de coeur semble réciproque. Dès la sortie de l'EURO, si le board de Chelsea mise sur le potentiel de Michy Batshuayi, c'est sur l'autre attaquant des Diables que San Antonio aurait aimé pouvoir compter.

Finalement, c'est en ressuscitant Diego Costa qu'il emmène les Blues sur le toit de l'Angleterre. Brouillé avec l'international espagnol, le manager de Chelsea revient à la charge pour Lukaku un été plus tard, mais le mariage rêvé se heurte aux arrangements menés par Mino Raiola, bien mieux introduit à Manchester United.

Big Rom' se retrouve donc à planter des buts sous les ordres de José Mourinho, pendant que Conte traverse une deuxième saison compliquée sans jamais parvenir à intégrer Alvaro Morata à son football.

Arrivé à l'Inter avec les pleins pouvoirs pour tenter de contester le plus rapidement possible l'interminable hégémonie de la Juve - qu'il a lui-même lancée - le tacticien des Pouilles pose une nouvelle fois le nom de Lukaku en haut de sa liste de courses estivales.

Le moment semble idéal pour la réunion avec un attaquant qui s'est ouvertement placé sur le marché italien en confiant ses intérêts à Federico Pastorello, agent bien introduit dans la Botte qui représente également les intérêts de Conte. Malgré quelques complications quand la Juve tente de semer le trouble dans le deal, Big Rom' se pare finalement de bleu et noir. Une façon d'assouvir sa passion du jeu italien, aiguisée lors des années laziales de son frère Jordan (dont il regardait toujours les matches) après avoir été affûtée par Johan Walem, amateur de séances " à l'italienne ", avec des phases de jeu répétées à onze contre zéro, lorsqu'il était à la tête des jeunes Anderlechtois.

© Belgaimage

" L'entraîneur a été un facteur décisif pour ma venue ", a déclaré Romelu lors de ses premiers mots de Nerazzurro. " C'est le meilleur entraîneur du monde : il se concentre sur le fait d'améliorer ses joueurs, et sa carrière parle d'elle-même. " Lors de ses cinq dernières saisons à la tête d'un club, Antonio Conte a été champion à quatre reprises, et a conclu son dernier épisode blue par une victoire en FA Cup au bout d'une Premier League conclue hors du Big Four.

LE JEU DE CONTE

Sur la pelouse du stade Giuseppe Meazza, l'Inter d'Antonio Conte semble se dessiner en 3-5-2. Un système qui a fait sa réussite à la tête de la Juve et de la sélection, et qu'il avait seulement adapté à Chelsea pour mettre son joueur-clé, Eden Hazard, dans les meilleures conditions possibles.

Les plans ont semblé limpides dès les matches de préparation. Le jeu de l'Italien est automatisé, posé sur des rails, et demande un travail et un éveil tactique au-dessus de la moyenne. Des caractéristiques qui conviennent parfaitement à l'amour du jeu de Romelu Lukaku, et qui lui permettront de jouer en déviation en un temps ou de prendre la profondeur, deux des atouts majeurs de son football.

Car l'Inter de Conte ne compte pas traîner en cours de route. Avec San Antonio, il faut que ça aille vite : " Un bon jeu offensif est un art. L'art de savoir se projeter rapidement vers l'avant après avoir récupéré le ballon, tout en gardant un parfait équilibre entre attaque et défense. "

Difficile de ne pas y trouver un écho aux paroles délivrées par Fabio Capello lors de son passage à la tête du Real Madrid, pour répondre à un football ibère marqué du sceau de la possession : " J'aimais les Pays-Bas de Gullit et de Van Basten. En trois ou quatre touches, devant et but. Vous, les Espagnols, vous touchez trop la balle. "

Du spectaculaire jeu batave, Conte a repris les constructions en triangle. Un joueur en appui, un deuxième servi face au jeu, et un troisième qui jaillit de nulle part pour profiter de l'espace créé dans la profondeur. Une chorégraphie au sein de laquelle Romelu Lukaku semble pouvoir jouer le premier ou le dernier rôle. D'autant plus que le Diable est du genre à lire scrupuleusement le script et à pouvoir l'interpréter à la lettre.

Pour revenir au sommet, qu'elle a quitté un soir de mai 2010 quand Javier Zanetti a brandi la Coupe aux grandes oreilles dans le ciel madrilène, l'Inter semble avoir besoin de retrouver les recettes de ses plus belles heures. La Beneamata gagne quand elle est une équipe ordonnée, drivée par un leader charismatique capable de la dresser seule contre le monde.

DES BUTS POUR L'INTER

Antonio Conte est probablement l'homme de la situation, idéal pour réinjecter la victoire dans les veines d'un club à l'histoire irrégulière. " Gagner, c'est magnifique. Je suis en paix avec moi-même quand je gagne ", a un jour expliqué le Mister italien. " C'est pour ça que je veux travailler très dur, trouver des solutions et donner un maximum d'options à mes joueurs. Parce qu'il n'y a que quand je gagne que je sais me relaxer. "

Une faim qui rappelle inévitablement le raisonnement de Romelu Lukaku, capable d'annoncer sa retraite internationale après l'EURO 2020 pour encore augmenter d'un cran l'importance d'aller au bout du rêve l'été prochain, et d'offrir un premier titre d'ampleur aux Diables rouges cent ans après les Jeux olympiques.

Avant de parcourir l'Europe sous les ordres de Roberto Martinez, Romelu Lukaku pourra se concentrer sur son défi en bleu et noir. Un nouveau challenge fait de longues courses téléguidées, de déviations programmées, et surtout de buts. Parce que c'est pour faire trembler les filets, dans une association déjà prometteuse avec Lautaro Martinez, que le colosse belge a été engagé. Et pour accomplir cette mission, il était probablement l'attaquant le plus fiable sur le marché.

L'été chaud des nerazzurri

Préparée depuis de longs mois, la venue d'Antonio Conte sur le banc de l'Inter, quitté par Luciano Spalletti, a permis aux Nerazzurri de planifier sereinement leur marché estival. Les mois de mercato s'annonçaient pourtant agités, entre le conflit ouvert qui persiste entre le club et son buteur et ex-capitaine Mauro Icardi et le salaire trop important de Radja Nainggolan par rapport à son rendement. Les deux joueurs les mieux payés du club ont rapidement été priés d'aller voir ailleurs et, si le buteur argentin est toujours dans la salle d'attente, le Ninja anversois s'est recasé en Sardaigne, dans son club de coeur, à Cagliari.

Pour compenser son départ, c'est également chez les Sardes que l'Inter s'est renforcé. Présenté par Nainggolan comme son successeur voici quelques mois, le jeune international italien Nicolò Barella a incité l'Inter à aligner les millions pour renforcer son milieu de terrain, où une recrue d'envergure est encore espérée. Le nom de Sergej Milinkovic-Savic, ancien de Genk et homme fort de la Lazio, est régulièrement cité pour une opération qui s'annonce complexe.

Alors que Diego Godin est arrivé gratuitement de l'Atlético, pour composer une défense à trois redoutable complétée par Stefan De Vrij et Milan Skriniar, le flanc droit du 3-5-2 devrait être occupé par Valentino Lazaro, jeune Autrichien arrivé de Berlin contre 22 millions d'euros. Puisque Dalbert, le Brésilien, semble donner satisfaction sur l'autre flanc, le dernier chantier du mercato - en plus du milieu de terrain - consistera à compléter l'attaque, trop courte en nombre pour évoluer avec deux attaquants tout au long de la saison. Là, c'est le buteur bosnien Edin Dzeko qui tient la corde.

Dans le sens des départs, le mercato devait encore débuter. C'est désormais chose faite. Tout comme Icardi, Ivan Perisic était invité à se trouver un nouvel employeur. Après la fermeture du lucratif marché anglais, on a craint que le Croate, annoncé partant ces dernières saisons sans jamais trouver preneur, reste à nouveau sur le carreau. Mais le Bayern Munich est finalement passé à l'action pour l'ancien Brugeois, suite à la blessure de Leroy Sané, la piste numéro 1 des Bavarois. Il appartient désormais à Conte de guider l'Inter vers les sommets de la Serie A, quittés depuis maintenant dix ans.

Antonio Conte aurait déjà aimé travailler avec Romelu quand il était à Chelsea mais le Diable avait privilégié le défi de Man U., Belgaimage
Antonio Conte aurait déjà aimé travailler avec Romelu quand il était à Chelsea mais le Diable avait privilégié le défi de Man U. © Belgaimage
Même Pep Guardiola est impressionné. Quand il voit Antonio Conte débarquer en même temps que lui de l'autre côté de la Manche, pour tenter de conquérir la Premier League, le futur double champion d'Angleterre ne cache pas son admiration pour le travail du technicien italien : " Il joue un jeu de position très différent du mien, mais c'est du jeu de position, et il le fait très bien ! " Déjà sous le charme de la Juventus de Conte, le monde du football reste pourtant bouche bée face à la masterclass des soldats du sélectionneur italien lors de l'EURO 2016, survolé tactiquement par une Squadra pourtant privée de ses talents majeurs, Marco Verratti en tête. Après la Belgique de Marc Wilmots, ridiculisée en phase de poules, c'est l'Espagne de Vicente Del Bosque qui prend une leçon et passe à la trappe en huitièmes de finale. Si l'aventure s'arrête en quarts, face aux champions du monde allemands, elle ne prend terme qu'au bout de la séance de tirs au but, et Joachim Löw a adapté son dispositif pour répondre au défi tactique imposé par le coach italien. Étudiant acharné du football, Romelu Lukaku n'a pas attendu l'été français pour être sous le charme. Quelques mois plus tôt, après une victoire flatteuse acquise contre les Azzurri à Bruxelles en match amical, Big Rom' ne fait pas la même analyse que son sélectionneur. Lukaku oublie les chiffres et retient la démonstration tactique : " Les quinze premières minutes, on a pleuré. On n'était nulle part et ils nous ont mis le but. On a gagné le match grâce à des moments de grande classe des joueurs mais après, dans le vestiaire, on s'est dit qu'eux, tactiquement, ils étaient forts. " Impressionné par la mise en place de Conte, Romelu s'imagine bien travailler sous les ordres du maestro italien. Et le coup de coeur semble réciproque. Dès la sortie de l'EURO, si le board de Chelsea mise sur le potentiel de Michy Batshuayi, c'est sur l'autre attaquant des Diables que San Antonio aurait aimé pouvoir compter.Finalement, c'est en ressuscitant Diego Costa qu'il emmène les Blues sur le toit de l'Angleterre. Brouillé avec l'international espagnol, le manager de Chelsea revient à la charge pour Lukaku un été plus tard, mais le mariage rêvé se heurte aux arrangements menés par Mino Raiola, bien mieux introduit à Manchester United. Big Rom' se retrouve donc à planter des buts sous les ordres de José Mourinho, pendant que Conte traverse une deuxième saison compliquée sans jamais parvenir à intégrer Alvaro Morata à son football. Arrivé à l'Inter avec les pleins pouvoirs pour tenter de contester le plus rapidement possible l'interminable hégémonie de la Juve - qu'il a lui-même lancée - le tacticien des Pouilles pose une nouvelle fois le nom de Lukaku en haut de sa liste de courses estivales. Le moment semble idéal pour la réunion avec un attaquant qui s'est ouvertement placé sur le marché italien en confiant ses intérêts à Federico Pastorello, agent bien introduit dans la Botte qui représente également les intérêts de Conte. Malgré quelques complications quand la Juve tente de semer le trouble dans le deal, Big Rom' se pare finalement de bleu et noir. Une façon d'assouvir sa passion du jeu italien, aiguisée lors des années laziales de son frère Jordan (dont il regardait toujours les matches) après avoir été affûtée par Johan Walem, amateur de séances " à l'italienne ", avec des phases de jeu répétées à onze contre zéro, lorsqu'il était à la tête des jeunes Anderlechtois. " L'entraîneur a été un facteur décisif pour ma venue ", a déclaré Romelu lors de ses premiers mots de Nerazzurro. " C'est le meilleur entraîneur du monde : il se concentre sur le fait d'améliorer ses joueurs, et sa carrière parle d'elle-même. " Lors de ses cinq dernières saisons à la tête d'un club, Antonio Conte a été champion à quatre reprises, et a conclu son dernier épisode blue par une victoire en FA Cup au bout d'une Premier League conclue hors du Big Four. Sur la pelouse du stade Giuseppe Meazza, l'Inter d'Antonio Conte semble se dessiner en 3-5-2. Un système qui a fait sa réussite à la tête de la Juve et de la sélection, et qu'il avait seulement adapté à Chelsea pour mettre son joueur-clé, Eden Hazard, dans les meilleures conditions possibles. Les plans ont semblé limpides dès les matches de préparation. Le jeu de l'Italien est automatisé, posé sur des rails, et demande un travail et un éveil tactique au-dessus de la moyenne. Des caractéristiques qui conviennent parfaitement à l'amour du jeu de Romelu Lukaku, et qui lui permettront de jouer en déviation en un temps ou de prendre la profondeur, deux des atouts majeurs de son football. Car l'Inter de Conte ne compte pas traîner en cours de route. Avec San Antonio, il faut que ça aille vite : " Un bon jeu offensif est un art. L'art de savoir se projeter rapidement vers l'avant après avoir récupéré le ballon, tout en gardant un parfait équilibre entre attaque et défense. " Difficile de ne pas y trouver un écho aux paroles délivrées par Fabio Capello lors de son passage à la tête du Real Madrid, pour répondre à un football ibère marqué du sceau de la possession : " J'aimais les Pays-Bas de Gullit et de Van Basten. En trois ou quatre touches, devant et but. Vous, les Espagnols, vous touchez trop la balle. " Du spectaculaire jeu batave, Conte a repris les constructions en triangle. Un joueur en appui, un deuxième servi face au jeu, et un troisième qui jaillit de nulle part pour profiter de l'espace créé dans la profondeur. Une chorégraphie au sein de laquelle Romelu Lukaku semble pouvoir jouer le premier ou le dernier rôle. D'autant plus que le Diable est du genre à lire scrupuleusement le script et à pouvoir l'interpréter à la lettre. Pour revenir au sommet, qu'elle a quitté un soir de mai 2010 quand Javier Zanetti a brandi la Coupe aux grandes oreilles dans le ciel madrilène, l'Inter semble avoir besoin de retrouver les recettes de ses plus belles heures. La Beneamata gagne quand elle est une équipe ordonnée, drivée par un leader charismatique capable de la dresser seule contre le monde. Antonio Conte est probablement l'homme de la situation, idéal pour réinjecter la victoire dans les veines d'un club à l'histoire irrégulière. " Gagner, c'est magnifique. Je suis en paix avec moi-même quand je gagne ", a un jour expliqué le Mister italien. " C'est pour ça que je veux travailler très dur, trouver des solutions et donner un maximum d'options à mes joueurs. Parce qu'il n'y a que quand je gagne que je sais me relaxer. " Une faim qui rappelle inévitablement le raisonnement de Romelu Lukaku, capable d'annoncer sa retraite internationale après l'EURO 2020 pour encore augmenter d'un cran l'importance d'aller au bout du rêve l'été prochain, et d'offrir un premier titre d'ampleur aux Diables rouges cent ans après les Jeux olympiques. Avant de parcourir l'Europe sous les ordres de Roberto Martinez, Romelu Lukaku pourra se concentrer sur son défi en bleu et noir. Un nouveau challenge fait de longues courses téléguidées, de déviations programmées, et surtout de buts. Parce que c'est pour faire trembler les filets, dans une association déjà prometteuse avec Lautaro Martinez, que le colosse belge a été engagé. Et pour accomplir cette mission, il était probablement l'attaquant le plus fiable sur le marché.