Des choix d'entraîneurs discutables

Après trois saisons avec Antonio Conte et cinq sous Masismiliano Allegri, un chapitre s'est tourné à la Juventus. Malgré huit titres consécutifs de champion d'Italie et deux finales de Ligue des champions, la direction veut prendre un nouveau départ pour ne plus buter sur la dernière marche en C1 et nomme Maurizio Sarri, ancien technicien de Naples.

Au lendemain de l'élimination surprise face à Lyon en huitièmes de finale de la Ligue des champions en août dernier, la direction turinois remercie le coach italien malgré le nouveau titre obtenu en championnat. Cela ne suffit pas aux yeux du board qui n'a d'yeux que pour la plus prestigieuse des compétitions. Dans la foulée, le club place Andrea Pirlo à la tête de son équipe première malgré son inexpérience sur les bancs de touche.

Huit mois plus tard, le constat est terrible pour la légende italienne. Totalement larguée en championnat (à 13 points de l'Inter), sortie la tête basse par Porto de la Coupe aux grandes oreilles, la Juventus n'a plus que la finale de la Coupe d'Italie et une qualification pour la prochaine Ligue des champions (si elle a le droit d'y participer) pour sauver les apparences d'une saison morose.

Une stratégie de transfert inefficace

Depuis plusieurs saisons, le club turinois a multiplié les gros coups gratuits. Les premiers ont marché comme Andrea Pirlo, Paul Pogba ou Sami Khedira. Les seconds un peu moins. Emre Can, Aaron Ramsey, Adrien Rabiot, les noms font tout de suite un peu moins rêver. Entre blessures, méformes ou tout simplement un manque de niveau, aucun de ces joueurs ne s'est imposé durablement. Ajoutez aux deux derniers cités Rodrigo Bentancur, Arthur, Weston McKennie et vous obtenez un milieu de terrain fourni mais sans la moindre pointure. Aucun de ces joueurs n'a réussi à s'imposer sur la longueur pour s'ériger en véritable patron de l'entrejeu.

Le paradoxe Cristiano Ronaldo

Arrivé en superstar il y a maintenant près de trois ans, Cristiano Ronaldo est venu avec une idée en tête : ramener la Juventus sur le toit de l'Europe. Mission totalement ratée. Après deux finales sur les quatre saisons qui ont précédé son arrivée, la Vieille Dame a échoué une fois en quart de finale et deux fois en huitièmes. À chaque fois contre des adversaires d'un calibre moindre : l'Ajax, Lyon et Porto.

Son salaire mirobolant et la nécessité de s'adapter à son profil conduisent même certains observateurs à penser que la Juventus serait meilleure si elle se débarrassait du Portugais. Meilleur buteur de Serie A, le Portugais y a pourtant inscrit 41% des pions turinois ! En phases à élimination directe de la Ligue des champions, le multiple ballon d'or a même inscrit sept des onze buts turinois, dont l'entièreté de ceux marqués à ce stade de la compétition les deux dernières saisons.

Et maintenant ?

Lancée dans le sprint final de la saison, la Juventus va connaître ses plus mauvais résultats de la décennie. Pour ne pas transformer une déception sportive en échec cuisant, Andrea Pirlo va devoir redresser la barre, et vite. Avec seulement deux points d'avance sur Naples, la Vieille dame est loin d'avoir assuré sa place pour la prochaine Ligue des champions. En difficulté, le coach italien va devoir sauver son équipe d'une débâcle historique s'il veut sauver sa place. Et encore, une place dans le top 4 de Serie A et une victoire en Coupe ne lui assurerait rien.

Dans un monde du football à l'avenir de plus en plus indécis, le club turinois marche sur des charbons ardents durant cette fin de championnat. S'il fallait encore le prouver, être le club le plus titré et le plus riche de la Botte ne permet pas de faire les mauvais choix sportifs. Si la Juventus ne joue pas la prochaine Ligue des champions, la perte d'argent pourrait causer de très sérieux dommages au projet du club. Il lui reste sept matches pour rectifier le tir et pas un de plus. La pression est totale et n'est pas près de retomber.

Raphaël Deby (st.)

Des choix d'entraîneurs discutablesAprès trois saisons avec Antonio Conte et cinq sous Masismiliano Allegri, un chapitre s'est tourné à la Juventus. Malgré huit titres consécutifs de champion d'Italie et deux finales de Ligue des champions, la direction veut prendre un nouveau départ pour ne plus buter sur la dernière marche en C1 et nomme Maurizio Sarri, ancien technicien de Naples.Au lendemain de l'élimination surprise face à Lyon en huitièmes de finale de la Ligue des champions en août dernier, la direction turinois remercie le coach italien malgré le nouveau titre obtenu en championnat. Cela ne suffit pas aux yeux du board qui n'a d'yeux que pour la plus prestigieuse des compétitions. Dans la foulée, le club place Andrea Pirlo à la tête de son équipe première malgré son inexpérience sur les bancs de touche.Huit mois plus tard, le constat est terrible pour la légende italienne. Totalement larguée en championnat (à 13 points de l'Inter), sortie la tête basse par Porto de la Coupe aux grandes oreilles, la Juventus n'a plus que la finale de la Coupe d'Italie et une qualification pour la prochaine Ligue des champions (si elle a le droit d'y participer) pour sauver les apparences d'une saison morose.Une stratégie de transfert inefficaceDepuis plusieurs saisons, le club turinois a multiplié les gros coups gratuits. Les premiers ont marché comme Andrea Pirlo, Paul Pogba ou Sami Khedira. Les seconds un peu moins. Emre Can, Aaron Ramsey, Adrien Rabiot, les noms font tout de suite un peu moins rêver. Entre blessures, méformes ou tout simplement un manque de niveau, aucun de ces joueurs ne s'est imposé durablement. Ajoutez aux deux derniers cités Rodrigo Bentancur, Arthur, Weston McKennie et vous obtenez un milieu de terrain fourni mais sans la moindre pointure. Aucun de ces joueurs n'a réussi à s'imposer sur la longueur pour s'ériger en véritable patron de l'entrejeu. Le paradoxe Cristiano RonaldoArrivé en superstar il y a maintenant près de trois ans, Cristiano Ronaldo est venu avec une idée en tête : ramener la Juventus sur le toit de l'Europe. Mission totalement ratée. Après deux finales sur les quatre saisons qui ont précédé son arrivée, la Vieille Dame a échoué une fois en quart de finale et deux fois en huitièmes. À chaque fois contre des adversaires d'un calibre moindre : l'Ajax, Lyon et Porto.Son salaire mirobolant et la nécessité de s'adapter à son profil conduisent même certains observateurs à penser que la Juventus serait meilleure si elle se débarrassait du Portugais. Meilleur buteur de Serie A, le Portugais y a pourtant inscrit 41% des pions turinois ! En phases à élimination directe de la Ligue des champions, le multiple ballon d'or a même inscrit sept des onze buts turinois, dont l'entièreté de ceux marqués à ce stade de la compétition les deux dernières saisons.Et maintenant ?Lancée dans le sprint final de la saison, la Juventus va connaître ses plus mauvais résultats de la décennie. Pour ne pas transformer une déception sportive en échec cuisant, Andrea Pirlo va devoir redresser la barre, et vite. Avec seulement deux points d'avance sur Naples, la Vieille dame est loin d'avoir assuré sa place pour la prochaine Ligue des champions. En difficulté, le coach italien va devoir sauver son équipe d'une débâcle historique s'il veut sauver sa place. Et encore, une place dans le top 4 de Serie A et une victoire en Coupe ne lui assurerait rien.Dans un monde du football à l'avenir de plus en plus indécis, le club turinois marche sur des charbons ardents durant cette fin de championnat. S'il fallait encore le prouver, être le club le plus titré et le plus riche de la Botte ne permet pas de faire les mauvais choix sportifs. Si la Juventus ne joue pas la prochaine Ligue des champions, la perte d'argent pourrait causer de très sérieux dommages au projet du club. Il lui reste sept matches pour rectifier le tir et pas un de plus. La pression est totale et n'est pas près de retomber.Raphaël Deby (st.)