Depuis sa piteuse Coupe du monde 2018, le visage de la Mannschaft a changé. En effet, les hommes de Joachim Löw ne sont plus aussi conquérants et peinent à enchaîner les victoires. Le Mondial en Russie fut un véritable traumatisme pour les Allemands, qui n'avaient jamais réalisé un aussi mauvais parcours au niveau mondial. Leurs performances en Ligue des Nations n'ont rien arrangé (dernier d'un groupe composé de la France et des Pays-Bas avec deux points), et le sélectionneur a dû faire des choix pour stopper l'hémorragie. En mars 2019, à l'aube des premiers matches de qualifications pour l'Euro 2020, le tacticien déclarait ceci en conférence de presse : "2019 (sera) pour l'équipe d'Allemagne l'année d'un nouveau départ". Il annonçait également qu'à partir de ce jour, il ne sélectionnerait plus Mats Hummels, Jérôme Boateng, ni Thomas Müller avec l'équipe nationale, car "il (était) temps de mettre le cap sur l'avenir". "Nous voulons donner un nouveau visage à l'équipe. Je suis convaincu que c'est la bonne décision. Les jeunes internationaux vont avoir l'espace nécessaire pour s'épanouir complètement. Ils doivent maintenant prendre leurs responsabilités", ajoutait-il.
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Depuis sa piteuse Coupe du monde 2018, le visage de la Mannschaft a changé. En effet, les hommes de Joachim Löw ne sont plus aussi conquérants et peinent à enchaîner les victoires. Le Mondial en Russie fut un véritable traumatisme pour les Allemands, qui n'avaient jamais réalisé un aussi mauvais parcours au niveau mondial. Leurs performances en Ligue des Nations n'ont rien arrangé (dernier d'un groupe composé de la France et des Pays-Bas avec deux points), et le sélectionneur a dû faire des choix pour stopper l'hémorragie. En mars 2019, à l'aube des premiers matches de qualifications pour l'Euro 2020, le tacticien déclarait ceci en conférence de presse : "2019 (sera) pour l'équipe d'Allemagne l'année d'un nouveau départ". Il annonçait également qu'à partir de ce jour, il ne sélectionnerait plus Mats Hummels, Jérôme Boateng, ni Thomas Müller avec l'équipe nationale, car "il (était) temps de mettre le cap sur l'avenir". "Nous voulons donner un nouveau visage à l'équipe. Je suis convaincu que c'est la bonne décision. Les jeunes internationaux vont avoir l'espace nécessaire pour s'épanouir complètement. Ils doivent maintenant prendre leurs responsabilités", ajoutait-il.Cet annonce a été reçue avec beaucoup de scepticisme de la part de la presse et des supporters teutons, car les trois joueurs ont été des éléments-clés du noyau victorieux au Brésil, sur la route d'un quatrième titre suprême.Les Allemands se sont facilement qualifiés pour l'EURO 2020, mais leur récent parcours en Ligue des Nations laisse entrevoir quelques difficultés sur le plan défensif. Beaucoup se demandent si le Joachim Löw ne devrait pas revenir sur sa parole. Thomas Müller en pleine forme mais pas indispensableLe joueur du Bayern Munich, aujourd'hui âgé de 31 ans, est sans doute le deuxième meilleur joueur de l'effectif des champions d'Allemagne en titre, derrière Robert Lewandowski. Il a été l'un des artisans majeurs de la victoire du club bavarois en Ligue des Champions cet été, et il en est à quatre buts et cinq passes décisives en sept journées de championnat cette saison. Son sens du collectif, son instinct de buteur et sa motivation font de lui un des meilleurs joueurs du Vieux continent, et ce malgré son âge. Cependant, le sélectionneur allemand privilégie la jeunesse et ça se comprend. La Mannschaft dispose en effet d'un nombre conséquent de pépites offensives, telles que Timo Werner (24 ans, Chelsea), Leroy Sané (24 ans, Bayern), Serge Gnabry (25 ans, Bayern), Julian Brandt (24 ans, Dortmund) et Kai Havertz (21 ans, Chelsea). Ces talents purs représentent l'avenir de la nation et s'imposent dans les plus grands clubs d'Europe. Une question se pose alors : un joueur avec autant d'expérience que Müller, tant en club qu'en sélection, ne pourrait-t-il pas servir de mentor aux jeunes internationaux et se rendre indispensable sur le terrain et dans les vestiaires ? Une défense qui pose problèmeLe choix de Joachim Löw est surtout critiqué lorsqu'on passe la défense allemande au crible. En effet, les quadruples champions du monde souffrent d'un manque de fiabilité derrière, et aucun leader n'a été trouvé depuis la mise à la retraite anticipée de Boateng et Hummels. Depuis septembre, les troupes germaniques en sont à quatre nuls et trois victoires, et ont concédé le nul à trois reprises dans les derniers instants de la rencontre (Espagne 1-1, Suisse, 1-1, Turquie 3-3). Malgré ces contre-performances, le technicien de soixante ans défendait ses joueurs en conférence de presse : "Nous avons renouvelé l'équipe en toute connaissance de cause. Je sais que c'est un chemin difficile, nous ferons des erreurs, nous devrons surmonter des vents contraires, mais c'est un plaisir de travailler avec cette jeune équipe."Les principaux arrières centraux utilisés par le technicien en poste depuis 2006 sont Niklas Süle (25 ans, Bayern Munich), Antonio Rüdiger (27 ans, Chelsea) et Matthias Ginter (26 ans, Borussia Mönchengladbach). Ces derniers n'ont pas l'expérience internationale de leurs prédécesseurs et sont souvent critiqués par la presse. Kicker, le prestigieux magazine allemand, condamnait cette charnière centrale en avançant qu'"il manque en défense de la qualité et de la classe". "Dans ce secteur, le sélectionneur n'a pas l'embarras du choix. En l'absence de Süle (Bayern), il manque un chef pour donner des ordres, pour convaincre par sa présence et, en cas de besoin, pour colmater les brèches lorsque ses coéquipiers sont battus", écrivaient nos confrères. L'indisponibilité de longue durée de Joshua Kimmich, qui récupère un nombre incalculable de ballons devant la défense, vient compliquer encore un peu plus la tâche du staff allemand. Les deux défenseurs "bannis", Boateng et Hummels, sont en forme en club et continuent d'enchaîner les performances de haut niveau. Le premier occupe toujours une place de titulaire chez les champions d'Europe en titre et protège toujours les cages de Manuel Neuer de la meilleure des manières, tandis que le second, retourné à Dortmund, a déjà inscrit trois buts en championnat et n'est pas étranger au bon début de saison des hommes de Lucien Favre. Les critiques commencent à pleuvoir Les critiques, tant des supporters que de la presse, commencent à pleuvoir sur la sélection nationale en vue de l'EURO l'été prochain. Des commentaires négatifs qu'a du mal à accepter le directeur de fédération allemande Oliver Bierhoff, auteur d'une petite crise de colère en conférence de presse lundi dernier : "Ça me fait très mal, de voir comment sont traités les jeunes joueurs. Je remarque que des nuages noirs s'amoncellent au-dessus de la Mannschaft [...] et dans le vestiaire, je sens la tension et la frustration.""Nous avons décidé de ne plus appeler ces joueurs et cela ne changera pas", réaffirmait également Löw. Il a cependant laissé une porte entrouverte pour l'avenir si jamais certains cadres devaient être absents : "Si une situation totalement nouvelle se présente l'année prochaine en raison de l'absence de joueurs importants, je devrai peut-être la réévaluer et réfléchir à des scénarios alternatifs."Reste à voir si les Allemands pourront assurer leur place dans le Final Four de la Ligue des nations en allant chercher au minimum un point en Espagne, ce mardi soir. Il reste encore un peu de temps à Löw pour trouver des solutions défensives pour l'EURO, durant lequel l'équipe nationale allemande affrontera la France, le Portugal et la Hongrie dans le groupe F. Leandro Thibaut (st.)