En 2011, l'AC Milan était champion d'Italie avec Massimiliano Allegri sur le banc. Ecarté par le club rossonero en janvier 2014, le technicien italien a ensuite gagné cinq scudetti avec la Juventus.

Milan de son côté n'a plus rien gagné et a épuisé sept entraîneurs en un peu plus de cinq ans sans même compter un intérim de Mauro Tassotti.

Le grand club lombard a tout essayé: les meneurs d'hommes, comme Sinisa Mihajlovic, les vieilles gloires de l'équipe façon Clarence Seedorf, Filippo Inzaghi et Gennaro Gattuso ou les techniciens italiens à la mode, tels que Vincenzo Montella ou, cette saison, Marco Giampaolo.

Mais rien n'a fonctionné, le Milan vit toujours sur les souvenirs de son glorieux passé sans plus jamais s'approcher des sommets et c'est peu dire que cette fois, la greffe Giampaolo n'a absolument pas pris.

Le taliban et l'instinctif

Arrivé cet été sur la foi de la qualité de jeu pratiquée ces trois dernières saisons par sa précédente équipe, la Sampdoria Gênes, plus que sur celle du classement (10e, 10e et 9e), Giampaolo n'a pas réussi à s'installer dans le rôle inconfortable d'entraîneur d'un grand club aux petits résultats.

Dès le premier match de la saison, perdu à Udine (1-0), il a reconnu que son schéma en 4-3-1-2, dans lequel cinq joueurs n'évoluaient pas à leur poste habituel, n'était peut-être pas adapté.

Après avoir travaillé ce schéma pendant toute la préparation, il y a donc renoncé au bout d'un seul match pour repasser au 4-3-3 auquel ses joueurs étaient mieux habitués.

Obsédé par la tactique et l'organisation, parfois jusqu'à la caricature - il se qualifie lui-même de "taliban" -, Giampaolo a aussi tardé à intégrer certaines recrues estivales.

Cela a été le cas avec l'ancien Lillois Rafael Leao, qu'il a qualifié de "talentueux mais trop instinctif", le laissant plusieurs fois sur le banc malgré l'évidence de son apport et sa vitesse.

Au bout du compte, les prestations désolantes se sont succédées pour les rossoneri et Giampaolo n'a pas résisté, malgré une victoire en trompe-l'oeil samedi contre le Genoa (2-1), réduit à 10 à l'heure de jeu.

Chefs de chantier

Pour tenter de redresser la barre, les dirigeants milanais pourraient miser sur l'ancien entraîneur de la Fiorentina Stefano Pioli, selon la presse transalpine.

Le technicien parmesan, 53 ans, passé aussi par l'Inter Milan et la Lazio Rome, devrait avoir pour première mission de ramener un peu de calme à l'AC Milan.

Mais il ne pourra pas régler à lui seul tous les problèmes d'un club qui semble avoir perdu sa boussole et où les changements de coaches sont à peine plus fréquents que ceux de propriétaires (Berlusconi, Yonghong Li et le fonds Elliott en deux ans) ou de direction générale et sportive (Galliani, Fassone, Mirabelli, Leonardo...).

La situation financière du septuple lauréat de la Ligue des champions reste par ailleurs extrêmement alarmante avec près d'un demi-milliard d'euros de pertes sur les six dernières saisons et une inévitable exclusion cet été de la Ligue Europa pour violation des règles du fair-play financier.

Depuis le départ de Leonardo au Paris SG, ce sont deux anciennes gloires, Paolo Maldini et Zvonimir Boban, qui sont à la barre. Maldini avait choisi Giampaolo et Boban, selon la presse sportive italienne, est celui qui a poussé le plus fort pour son départ. Les deux chefs de chantier ont du boulot, beaucoup.