Amour

"L'amour, c'est la façon dont on traite les autres. Ce n'est pas qu'un mot qu'on prononce, c'est quelque chose qu'il faut montrer, faire. Je ressens aussi beaucoup d'amour, de la part des gens qui me soutiennent. Et en premier lieu, ma femme, Helena."
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"L'amour, c'est la façon dont on traite les autres. Ce n'est pas qu'un mot qu'on prononce, c'est quelque chose qu'il faut montrer, faire. Je ressens aussi beaucoup d'amour, de la part des gens qui me soutiennent. Et en premier lieu, ma femme, Helena." "Le sentiment le plus beau, c'est celui de faire la différence, de marquer. J'y suis souvent parvenu. Beaucoup pensaient qu'en mesurant presque deux mètres, je n'arriverais jamais à faire ce que je fais. Mais je ne l'ai pas fait une fois, je l'ai fait très souvent. Quand j'étais jeune, je voulais être le plus complet possible. Pas seulement le meilleur dribbleur ou le meilleur buteur, mais le meilleur dans tous les domaines. Ma force, c'est d'être un joueur complet. J'ai une vision, et neuf fois sur dix, je réalise ce que je m'étais promis. J'ai souvent des pressentiments, aussi. Ils s'avèrent très souvent exacts. Peut-on parler d'instinct?" "Je suis quelqu'un de très concentré. Quand je fais quelque chose, je le fais bien. Quand je suis sur le terrain, je suis concentré à 100%. Toujours. Et j'exige la même chose de mes équipiers. Après, on peut rigoler et s'amuser. Pas pendant le match." " Ronaldo était mon idole. Et Maradona, le meilleur joueur de tous les temps. Meilleur que moi." "Je n'en cherche jamais." "J'ai commis beaucoup d'erreurs. Celui qui ne se trompe pas n'apprend rien. Un jour, j'ai volé une voiture. Pas parce que j'en avais besoin, juste pour l'adrénaline. Nous étions cinq, tous des amis du ghetto. En football aussi, il m'arrive de me tromper. Je ne suis pas du genre à chercher les soucis, mais ça arrive. Comme lors de mon premier passage à Milan, avec Oguchi Onyewu. J'ai immédiatement téléphoné à Galliani, notre directeur général, pour présenter mes excuses. Je voulais dire ce que j'avais fait avant que d'autres donnent leur version des faits. J'étais prêt à assumer la sanction, une amende ou quoi que ce soit. Mais la réaction de Galliani a été encore plus grande que la mienne. Il m'a dit: Nous sommes une grande famille. Tu t'es excusé, ça suffit. On tourne la page." "C'est ma drogue, j'y suis accro. Quand je monte sur un terrain, je dois gagner. Coûte que coûte. À l'entraînement, je gagne 95% des petits matches. C'est une obsession, c'est même un peu exagéré. J'essaye de transmettre ça aux autres. Il y a peu, lors de notre match nul contre Parme, vous avez vu ce que ça donnait. Il y a six mois, les autres se seraient résignés. Pas cette fois. Le lendemain, ils étaient morts, mais c'est comme ça que ça doit se passer. J'ai souvent gagné, partout où je suis passé. Mais Milan, c'est le plus beau défi de ma carrière, car c'est le plus difficile: gagner quelque chose avec cette équipe. Si nous y parvenons, ce sera mon plus beau succès. J'ose y croire." "La première fois que je l'ai vue, c'était au centre de Malmö. Je n'y allais pourtant jamais, car j'étais un enfant de Rosengard, le ghetto de Malmö, un tout autre monde. La première fois que je suis allé au centre-ville, en voyant toutes ces blondes, je me suis cru dans un film. J'avais 17 ans et je débarquais dans un autre monde. Un monde qui me plaisait. Alors, j'y suis allé plus souvent. Un jour, je l'ai vue sortir d'un taxi à la gare. J'étais avec mon frère et je suis resté figé. Je me suis dit: il faut que je fasse sa connaissance. Quand j'ai découvert que nous avions des amis communs, je lui ai envoyé un message. Elle n'avait pas la moindre idée de qui j'étais alors, j'ai écrit: le gars à la Ferrari rouge. C'était con, hein. Mais quand on sort du ghetto, c'est important d'avoir une belle voiture. Ça veut dire qu'on a réussi. J'avais 19 ans et je venais d'être transféré à l'Ajax. Elle m'a pris pour un gamin, mais je n'ai pas abandonné. Et quand je suis parti à la Juventus, elle est venue avec moi. Helena a beaucoup de patience. Vraiment beaucoup. Car il n'est pas facile de vivre avec moi. À la maison, nous sommes quatre, plus le chien. Mais je ne suis pas supérieur aux autres parce que je suis connu. Nous avons chacun notre importance, chacun a droit à 25% d'espace. Je fais ce que je dois faire, Helena aussi. Chacun a le droit de donner son avis, c'est la base. Je ne me mêle pas de ce qu'elle dit ou de ce qu'elle fait. Elle est seule en Suède à veiller sur les enfants. Je lui demande souvent conseil, mais pas en cas de transfert. Je lui dis juste qu'il est temps de déménager à nouveau et elle fait les paquets sans rouspéter.""Je râle souvent quand je perds, mais ce n'est pas pour ça que je suis mauvais perdant. Quand je m'énerve et que je râle, bouge-toi de mon chemin. Helena le sait. Quand je commence, elle dit bye et disparaît. Si j'élève la voix, elle s'en va. Pas pour me donner raison, mais pour me faire comprendre que je me comporte comme un idiot." "Je ne suis ni envieux ni jaloux. Je ne l'ai jamais été, même pas des garçons aux yeux bleus qui, à Malmö, étaient mieux considérés que moi. Ils passaient toujours avant moi et je me fâchais parfois parce que je me sentais différent, alors que, pour moi, nous sommes tous égaux: blonds ou bruns, blancs ou noirs. Plus tard, j'ai compris que les étrangers réussissaient rarement, que les origines jouaient un grand rôle, même si je n'y accorde pas trop d'importance. Cela m'a incité à travailler encore plus dur pour montrer que j'étais meilleur que les autres. Aujourd'hui, je suis riche, mais je sais ce que ça fait d'être pauvre. Quand quelqu'un est jaloux de moi, je lui souhaite de transformer cette jalousie en courage et en volonté de faire ce qu'il veut faire et qu'il n'a pas encore accompli jusqu'ici. Je n'ai jamais haï personne, je n'ai jamais été en colère à ce point. Haïr quelqu'un, c'est grave. Ça signifie qu'on a franchi une limite." "J'ai volé un paquet de vélos. Pour aller à l'entraînement, j'avais sept kilomètres à faire. Je n'avais pas d'argent pour acheter un vélo alors, quand j'en voyais un, je l'empruntais pour aller à l'entraînement. Mais on finissait par me le voler. Un jour, j'ai volé le vélo de l'entraîneur des Espoirs de Malmö, Jula. C'était après l'entraînement, j'étais fatigué et je devais rentrer chez moi. Trois jours plus tard, je lui ai rendu le vélo et j'ai inventé une histoire. Je lui ai dit: Coach, je t'ai ramené ton vélo, je l'avais juste emprunté." " Junka, ma mère, est une femme forte. Quand je faisais quelque chose de mal ou que je n'écoutais pas, elle me donnait des claques. Elle élevait ses cinq enfants toute seule et faisait des ménages pendant la journée. Quand elle rentrait le soir, épuisée, on foutait le bordel à la maison. J'étais hyperactif, toujours en mouvement. En fait, je vivais chez mon père, mais j'allais toujours manger chez ma mère. Des macaronis au ketchup, un vrai repas de pauvre. Elle avait très peu d'argent et devait faire à manger pour tout le monde. Moi, je mangeais tout ce que je pouvais. Un jour, je suis monté tout en haut d'un toit. Je suis tombé et je suis rentré à la maison en pleurant, avec un oeil au beurre noir. Ma mère a ouvert la porte, m'a regardé et m'a donné une gifle. Qui t'a dit de monter sur le toit? C'est de ta faute, m'a-t-elle dit. Pas de pitié. Une femme forte. Ce n'était pas facile pour elle. Peut-être qu'on devient ce qu'on est en fonction de ce qu'on a vécu dans sa jeunesse." "Je ne demande jamais rien pour moi, je suis le Père Noël, j'apporte les cadeaux à mes 27 enfants: deux en Suède et 25 à Milanello, mes équipiers. Cette année, j'ai surtout distribué des compliments pour ce que nous avons déjà fait. Nous n'avons pratiquement pas perdu l'an dernier. Je ne sais pas si c'est grâce à moi, mais j'y ai sans doute contribué. Lorsque je suis arrivé, il y a un an, Milan était douzième, on n'en attendait rien. On nous jugeait avant même que nous ayons pu montrer quelque chose. Aujourd'hui, nous sommes en tête et nous jouons bien." "Peut-être deviendrais-je entraîneur un jour. Si je devais composer l'équipe idéale de ma carrière j'opterais pour Buffon au but. J'ai vécu des moments fantastiques avec lui à la Juventus, mon premier vrai grand club. Il n'y avait que des grands joueurs, des exemples qui m'ont appris beaucoup de choses, comme j'essaye de le faire aujourd'hui avec les jeunes de Milan. À l'arrière gauche, Maxwell, que j'ai connu à l'Ajax et qui est toujours un ami. Dans l'axe, Nesta et Cannavaro. Fabio m'a fait découvrir Naples sur son scooter. Il est un peu fou, mais pas autant que moi. À l'arrière droit, Maicon. Au milieu de terrain, Nedved, qui m'a rendu meilleur que n'importe qui, tant sur le plan mental qu'au niveau du jeu. Lorsque je l'ai vu à l'oeuvre, j'ai compris que je n'en faisais pas assez, que je devais en faire plus. Nedved était une machine, il travaillait dur avant, pendant et après l'entraînement. Sans arrêt. À ses côtés, j'opterais pour Xavi et Vieira. Barcelone avait une équipe fantastique, composée de grands joueurs. Les six premiers mois étaient fantastiques, puis je me suis disputé avec l'entraîneur ( Pep Guardiola, ndlr). J'opterais aussi pour quelques joueurs avec qui je n'ai jamais joué: Cafú à droite et Zidane en dix. Quand il était sur le terrain, il faisait de ses équipiers des petits Zidane." "C'est un mot que je ne connais pas. Je n'ai jamais eu peur de rien, même pas quand le frigo était vide et que je n'avais rien à manger. Je suis un survivant." "Lever le pied, ce n'est pas pour moi. Tout le monde pense que je suis vieux parce que je vais sur mes quarante ans, mais je ne veux pas de traitement de faveur, je veux pouvoir faire la même chose que les autres. C'est pourquoi je me mets la pression tous les jours. Mais je n'ai pas peur de vieillir. Je laisse venir. Carpe Diem. Chaque jour est un jour nouveau, advienne que pourra. Le plus important, c'est de rester en bonne santé et d'aider ses proches à le rester aussi. Dégager une énergie positive. Car tout peut s'arrêter du jour au lendemain. Lorsque mon frère Sapko a eu la leucémie à quarante ans et nous a quittés en moins de quatorze mois, j'ai compris que tout pouvait aller très vite, qu'il fallait profiter de chaque moment, car tout est éphémère." "Je n'en ai jamais vraiment. Ou plutôt si: celui de n'avoir jamais rencontré Mohamed Ali. C'était ma source d'inspiration. En général, je ne suis pas vite impressionné par quelqu'un ou par quelque chose, mais lui, je le trouvais phénoménal, en raison de l'homme qu'il était et de ce qu'il faisait." "Je suis plutôt rebelle de nature, ça m'aide à tenir. La première personne contre qui je me suis révolté, c'est moi. J'en avais besoin pour comprendre qui j'étais, ce que je voulais dans la vie. Mon seul véritable ennemi, c'était moi. Après avoir gagné cette bataille, je me suis senti pousser des ailes. En me mettant de la pression dès mon plus jeune âge, j'ai compris que je pouvais y arriver, que j'en avais les possibilités. J'avais treize ou quatorze ans lorsque j'ai décidé de devenir le meilleur joueur du monde. Je débordais de confiance en moi. Tout le monde était contre moi, j'étais tout seul, personne ne croyait en moi. Je n'avais donc pas le choix: je devais y croire. Lorsque je demandais aux autres ce que je devais faire, comment allait la vie, ils me répondaient qu'ils ne pouvaient pas le dire, car ils n'étaient pas à ma place. Là, j'ai compris que je devais écrire ma propre histoire. Tout seul." "Oui, je peux dire merci ( tack en suédois, ndlr). Je dois dire merci à ma famille, qui m'a toujours soutenu, dans les bons moments comme dans les mauvais." "Je n'échangerais pas mes douze Guldbollen, mes trophées de Joueur Suédois de l'Année, contre un seul Ballon d'Or . Car ces douze trophées sont synonymes de régularité. C'est unique. J'ai vu beaucoup de grands joueurs gagner une Coupe du monde, un championnat d'Europe, une Ligue des Champions ou le Ballon d'Or au terme d'une année fantastique, puis disparaître dans l'anonymat. Moi, ça fait 25 ans que je joue et je suis toujours au sommet. Ce que j'ai fait, ce n'était pas un coup de chance. Et j'en suis fier." "J'ai joué dans beaucoup de clubs, j'ai connu des moments formidables partout, mais le club où je me sens le mieux, c'est Milan. Je me rends chaque matin à Milanello, notre centre d'entraînement, et je ne suis jamais pressé de rentrer à la maison, car Milanello, c'est chez moi. Depuis le premier jour, en 2010. Je m'y suis tout de suite mieux entendu avec les gens qui y travaillaient que dans les clubs précédents. Ils ont fait en sorte que je me sente chez moi. Fais comme tu veux, simplifie-toi la vie, mais fais en sorte qu'on gagne. Je trouve ça chouette, car ça me permet d'être moi-même tout en jouant dans un des plus grands clubs au monde. Pour moi, l'AC Milan, c'est le top du top. J'ai beaucoup d'amis en ville aussi. Je me vois très bien vivre ici après ma carrière." "Oui, je suis égocentrique. Si je ne m'étais pas mis en valeur, je n'en serais pas arrivé où j'en suis aujourd'hui. Il n'y a qu'un Zlatan, mais en dehors du football, la priorité va à mes enfants, Maximilian et Vincent. Et à mon compte en banque, évidemment."