Ceux qui suivent la Coupe du Monde féminine s'en rendent compte : les pays arabes n'y sont pas représentés. Pas de hijabs sur les terrains, ce que la FIFA avait par ailleurs interdit de 2011 à 2013 avant de les autoriser. Ce veto a coûté une qualification pour les JO 2012 à Katayoun Khosrowyar, l'Iran interdisant à ses femmes de jouer sans foulard. L'équipe a accumulé les défaites par forfait en qualification, ce qui a suscité la frustration des joueuses qui avaient quitté leur famille et négligé leurs études pour se préparer.

Jouer avec un voile est gênant, reconnaît Khosrowyar, mais l'Iran refait néanmoins son retard. Quand Katayoun, qui a grandi dans l'Oklahoma, où son père, un nageur, avait émigré, est revenue à Téhéran, pendant son adolescence, elle a cherché un club de foot, un sport auquel elle s'adonnait aux USA. Elle n'a trouvé qu'une équipe de futsal. À cinq contre cinq, sans beaucoup de contacts. "Qui est donc cette Américaine?", s'est ont demandé, en voyant son engagement. Elle ne pouvait répondre, parlant à peine le farsi.

Le football et sa lutte pour l'émancipation des Iraniennes sont devenus ses raisons de vivre. Elle est devenue internationale tout en obtenant son diplôme d'ingénieur puis ses brevets d'entraîneuse. Elle est la première Iranienne à avoir obtenu le diplôme FIFA A. Début mai, elle était la collègue de Marc Wilmots, en tant que sélectionneuse des U19 féminines. Elle a démissionné quand l'équipe a loupé de peu sa qualification pour les championnats d'Asie U19. Elle est maintenant responsable de la Reign Academy à Tacoma, Washington. De là, elle continue à encourager le football féminin dans son pays, ce qui n'est pas évident, compte tenu des tensions actuelles entre les USA et l'Iran.

Par Peter T'Kint