Comment se sent-on avant un match aussi important ?

JUSTINE VANHAEVERMAET : Tout le monde sait qu'elle est l'importance de cette rencontre, mais on n'est pas stressées. Moi, en tout cas, j'adore ce genre de matches, quand c'est all-in. On est très relax, concentrées sur les entraînements. On ne se met pas trop de pression sur les épaules. Car lors du match précédent face à la Suisse, cela a joué des tours à certaines joueuses. La première mi-temps, en particulier, n'était pas bonne et on doit en tirer les leçons pour cette rencontre-ci. On doit surtout avoir confiance en nos moyens. On doit encore se réunir pour encore mieux analyser nos adversaires, mais on est bien préparées. Si on sait quoi faire, on n'est moins soumis au stress, car on connaît ses tâches. C'est surtout ça la clé : avoir confiance.

Peut-être sont-elles plus expérimentées que vous ?

VANHAEVERMAET : Oui, peut-être. Certaines Suissesses jouent dans de grands clubs européens et cette équipe possède de belles individualités. Mais nous aussi ! Et des joueuses qui évoluent dans de grands clubs. Notre force, c'est aussi la symbiose qui règne dans le groupe, la façon dont on évolue en équipe, y compris avec le staff.

Se qualifier pour des tournois internationaux fait aussi partie de ce processus vers le top niveau. Cela rend cette qualification d'autant plus importante pour le foot féminin belge en général ?

VANHAEVERMAET : Oui, c'est vrai. C'est important pour la croissance du foot féminin en Belgique. Qui va avec cette ambition de la fédération d'attirer les enfants vers le foot. Si elles voient les Belges jouer à l'EURO, évidemment, cela va les pousser à vouloir nous imiter. On a vu que les succès des équipes de hockey féminine et masculine ont boosté la pratique du hockey. C'est donc aussi un objectif d'élargir la base de jeunes filles souhaitant se mettre au foot. Pour ainsi faire en sorte que le vivier soit plus large et que le niveau augmente.

Tine De Caigny dit que la Belgique ne peut plus se contenter d'être présente, mais viser plus haut.

VANHAEVERMAET : Le premier pas, c'est déjà d'y être, car on n'y est pas encore ! Mais oui, on doit y aller pour être compétitives, pas pour faire nombre. Mais on a une bonne équipe et j'ai confiance en nous. Notre but n'est pas de se contenter de la phase de groupes.

Tu es l'une des quelques Flames qui évoluent à l'étranger. Quand tu vois que certaines d'entre elles sont revenues, ça ne te tente pas ?

VANHAEVERMAET : Avec le coronavirus, ce n'est pas facile d'être loin de mes parents, de mes amis, de mon copain. Ça a été une année difficile pour tout le monde, mais un retour en Belgique n'est pas à l'ordre du jour, même si on ne sait jamais. J'ai toujours certains objectifs en ête que je veux atteindre.

Tu respires la confiance en ce moment, avec en club la finale de la Coupe de Norvège et les seizièmes de Ligue des Champions qui arrivent, ce match contre la Suisse tombe à point nommé !

VANHAEVERMAET : Oui, je me sens en super forme. J'espère pouvoir montrer ça mardi. Et contribuer au succès de l'équipe. En juin, je me suis cassé le poignet en tombant stupidement, mais ce n'est qu'un simple petit accroc. Là, je joue beaucoup, ce qui me remplit de confiance.

"Cette attention médiatique amène des sponsors, de l'argent qui permet d'investir. Tout cela est une suite logique qui nous fait grandir."

Justine Vanhaevermaet

En plus, tu as enfin ouvert ton compteur-buts en sélection face à la Roumanie. C'est quelque chose que tu attendais ?

VANHAEVERMAET : Je sais que je suis capable de marquer, mais je n'ai pas éprouvé de soulagement particulier. Même si évidemment, c'est toujours un sentiment agréable de marquer pour son pays.

Te considères-tu comme une leader de l'équipe vu ton succès à l'étranger ?

VANHAEVERMAET : Peut-être, avec d'autres qui ont aussi de l'expérience, comme Tessa Wullaert, Janice Cayman, Julie Biesmans ou encore Tine. Non pas que je sois vieille, je n'ai que 28 ans, mais je fais partie des plus âgées du noyau. Je joue aussi au milieu, un poste important. Je tente en tout cas d'apporter mon expérience.

Pour toi, c'était une obligation de quitter le pays pour t'améliorer ?

VANHAEVERMAET : Personnellement, je pense que oui. J'évoluais en première division depuis mes quinze ans. J'avais déjà joué onze ans en Belgique, il me fallait un nouveau challenge, un nouvel environnement. Je pense m'être vraiment améliorée en partant en Allemagne, puis en Norvège.

Dans quels domaines, par exemple ?

VANHAEVERMAET : Déjà, je suis passée pro à 100%. On peut aussi atteindre un bon niveau en Belgique, mais c'était mon choix. J'ai un Master en physiothérapie. Je suis du genre perfectionniste, donc c'était difficile pour moi de trouver un équilibre entre mes études et le football. Donc, après avoir obtenu mon diplôme, j'ai eu l'opportunité de me concentrer à 100% sur le foot. De jouer plus, de plus me concentrer sur la récupération. Rien que ça, avec plus d'entraînement, au sein d'une équipe qui elle-même s'entraîne tous les jours, ça suffit à devenir meilleure. Le championnat norvégien est également très bon. Le genre où être à 80% n'est pas suffisant. De plus, LSK Kvinner (son club depuis un an, qui pointe au treizième rang du coefficient UEFA, ndlr) a vraiment une culture de la gagne. À chaque entraînement, chaque match. C'est quelque chose qui peut être intéressant pour mardi.

Tu sens qu'il y a plus de pression, notamment au niveau médiatique ?

VANHAEVERMAET : Oui, mais c'est positif. Cette attention amène des sponsors, de l'argent qui permet d'investir. Tout cela est une suite logique. Je ne vois pas ça comme une pression supplémentaire, mais comme quelque chose qui nous permet de grandir.

Justine Vanhaevermaet face à la Suisse, un match très décevant pour les Flames., SIPAUSACOLLECTIONS
Justine Vanhaevermaet face à la Suisse, un match très décevant pour les Flames. © SIPAUSACOLLECTIONS

"L'envie de toujours s'améliorer de Cristiano Ronaldo me plaît"

Qui sont tes modèles au niveau foot ?

JUSTINE VANHAEVERMAET : Je dirais Cristiano Ronaldo, même si ce n'est pas un médian. Je suis une grande fan, car il a ce désir quotidien de s'améliorer et de travailler pour ça. Même s'il est déjà l'un des meilleurs au monde. Cet état d'esprit me plaît. Chaque jour est une occasion de s'entraîner et de devenir meilleur. J'ai un mantra : Accept no limit. Je pense que c'est un excellent exemple pour ça, peu importe que ce soit dans le monde féminin ou masculin.

Tu as l'air de regarder beaucoup de foot. Tu es du genre à binge-watcher pour analyser le jeu des autres ?

VANHAEVERMAET : Oui, je regarde pas mal de matches pour voir un peu comment les autres jouent, bougent, prennent leurs décisions. On peut apprendre de chacun. Il faut s'ouvrir à ça.

Comment se sent-on avant un match aussi important ?JUSTINE VANHAEVERMAET : Tout le monde sait qu'elle est l'importance de cette rencontre, mais on n'est pas stressées. Moi, en tout cas, j'adore ce genre de matches, quand c'est all-in. On est très relax, concentrées sur les entraînements. On ne se met pas trop de pression sur les épaules. Car lors du match précédent face à la Suisse, cela a joué des tours à certaines joueuses. La première mi-temps, en particulier, n'était pas bonne et on doit en tirer les leçons pour cette rencontre-ci. On doit surtout avoir confiance en nos moyens. On doit encore se réunir pour encore mieux analyser nos adversaires, mais on est bien préparées. Si on sait quoi faire, on n'est moins soumis au stress, car on connaît ses tâches. C'est surtout ça la clé : avoir confiance.Peut-être sont-elles plus expérimentées que vous ?VANHAEVERMAET : Oui, peut-être. Certaines Suissesses jouent dans de grands clubs européens et cette équipe possède de belles individualités. Mais nous aussi ! Et des joueuses qui évoluent dans de grands clubs. Notre force, c'est aussi la symbiose qui règne dans le groupe, la façon dont on évolue en équipe, y compris avec le staff. Se qualifier pour des tournois internationaux fait aussi partie de ce processus vers le top niveau. Cela rend cette qualification d'autant plus importante pour le foot féminin belge en général ?VANHAEVERMAET : Oui, c'est vrai. C'est important pour la croissance du foot féminin en Belgique. Qui va avec cette ambition de la fédération d'attirer les enfants vers le foot. Si elles voient les Belges jouer à l'EURO, évidemment, cela va les pousser à vouloir nous imiter. On a vu que les succès des équipes de hockey féminine et masculine ont boosté la pratique du hockey. C'est donc aussi un objectif d'élargir la base de jeunes filles souhaitant se mettre au foot. Pour ainsi faire en sorte que le vivier soit plus large et que le niveau augmente.Tine De Caigny dit que la Belgique ne peut plus se contenter d'être présente, mais viser plus haut.VANHAEVERMAET : Le premier pas, c'est déjà d'y être, car on n'y est pas encore ! Mais oui, on doit y aller pour être compétitives, pas pour faire nombre. Mais on a une bonne équipe et j'ai confiance en nous. Notre but n'est pas de se contenter de la phase de groupes.Tu es l'une des quelques Flames qui évoluent à l'étranger. Quand tu vois que certaines d'entre elles sont revenues, ça ne te tente pas ?VANHAEVERMAET : Avec le coronavirus, ce n'est pas facile d'être loin de mes parents, de mes amis, de mon copain. Ça a été une année difficile pour tout le monde, mais un retour en Belgique n'est pas à l'ordre du jour, même si on ne sait jamais. J'ai toujours certains objectifs en ête que je veux atteindre.Tu respires la confiance en ce moment, avec en club la finale de la Coupe de Norvège et les seizièmes de Ligue des Champions qui arrivent, ce match contre la Suisse tombe à point nommé !VANHAEVERMAET : Oui, je me sens en super forme. J'espère pouvoir montrer ça mardi. Et contribuer au succès de l'équipe. En juin, je me suis cassé le poignet en tombant stupidement, mais ce n'est qu'un simple petit accroc. Là, je joue beaucoup, ce qui me remplit de confiance.En plus, tu as enfin ouvert ton compteur-buts en sélection face à la Roumanie. C'est quelque chose que tu attendais ?VANHAEVERMAET : Je sais que je suis capable de marquer, mais je n'ai pas éprouvé de soulagement particulier. Même si évidemment, c'est toujours un sentiment agréable de marquer pour son pays.Te considères-tu comme une leader de l'équipe vu ton succès à l'étranger ?VANHAEVERMAET : Peut-être, avec d'autres qui ont aussi de l'expérience, comme Tessa Wullaert, Janice Cayman, Julie Biesmans ou encore Tine. Non pas que je sois vieille, je n'ai que 28 ans, mais je fais partie des plus âgées du noyau. Je joue aussi au milieu, un poste important. Je tente en tout cas d'apporter mon expérience.Pour toi, c'était une obligation de quitter le pays pour t'améliorer ?VANHAEVERMAET : Personnellement, je pense que oui. J'évoluais en première division depuis mes quinze ans. J'avais déjà joué onze ans en Belgique, il me fallait un nouveau challenge, un nouvel environnement. Je pense m'être vraiment améliorée en partant en Allemagne, puis en Norvège.Dans quels domaines, par exemple ?VANHAEVERMAET : Déjà, je suis passée pro à 100%. On peut aussi atteindre un bon niveau en Belgique, mais c'était mon choix. J'ai un Master en physiothérapie. Je suis du genre perfectionniste, donc c'était difficile pour moi de trouver un équilibre entre mes études et le football. Donc, après avoir obtenu mon diplôme, j'ai eu l'opportunité de me concentrer à 100% sur le foot. De jouer plus, de plus me concentrer sur la récupération. Rien que ça, avec plus d'entraînement, au sein d'une équipe qui elle-même s'entraîne tous les jours, ça suffit à devenir meilleure. Le championnat norvégien est également très bon. Le genre où être à 80% n'est pas suffisant. De plus, LSK Kvinner (son club depuis un an, qui pointe au treizième rang du coefficient UEFA, ndlr) a vraiment une culture de la gagne. À chaque entraînement, chaque match. C'est quelque chose qui peut être intéressant pour mardi.Tu sens qu'il y a plus de pression, notamment au niveau médiatique ?VANHAEVERMAET : Oui, mais c'est positif. Cette attention amène des sponsors, de l'argent qui permet d'investir. Tout cela est une suite logique. Je ne vois pas ça comme une pression supplémentaire, mais comme quelque chose qui nous permet de grandir.