Fini les longs ballons, place à un jeu plus soigné qui ne correspond peut-être plus à l'ADN irlandais. Dominic Foley, ancien capitaine de La Gantoise et du Cercle Bruges, évoquait ce changement de cap dans son pays avec l'arrivée du nouveau sélectionneur. Stephen Kenny n'était pas un entraîneur avec un CV bien impressionnant lorsqu'il a été nommé à la tête de la sélection verte en 2020. On était loin du standing des Giovanni Trapattoni, Mick McCarthy ou Martin O'Neill, qui l'ont précédé il est vrai sans obtenir pour autant des résultats probants à l'exception d'un premier tour à l'Euro où nos Diables rouges avaient tabassé les Irlandais dans la fournaise bordelaise. La dernière qualification des Verts à la Coupe du monde remonte à l'édition 2002 où ils avaient atteint les 1/8e de finale de l'édition organisée coinjointement par le Japon et la Corée du Sud. Absente en France en 1998, l'Irlande avait atteint les 1/8e en 1994 et avait même été jusqu'en 1/4 lors du Mondial italien quatre ans plus tôt. Son premier et meilleur résultat dans le grand bal mondial du football.
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Fini les longs ballons, place à un jeu plus soigné qui ne correspond peut-être plus à l'ADN irlandais. Dominic Foley, ancien capitaine de La Gantoise et du Cercle Bruges, évoquait ce changement de cap dans son pays avec l'arrivée du nouveau sélectionneur. Stephen Kenny n'était pas un entraîneur avec un CV bien impressionnant lorsqu'il a été nommé à la tête de la sélection verte en 2020. On était loin du standing des Giovanni Trapattoni, Mick McCarthy ou Martin O'Neill, qui l'ont précédé il est vrai sans obtenir pour autant des résultats probants à l'exception d'un premier tour à l'Euro où nos Diables rouges avaient tabassé les Irlandais dans la fournaise bordelaise. La dernière qualification des Verts à la Coupe du monde remonte à l'édition 2002 où ils avaient atteint les 1/8e de finale de l'édition organisée coinjointement par le Japon et la Corée du Sud. Absente en France en 1998, l'Irlande avait atteint les 1/8e en 1994 et avait même été jusqu'en 1/4 lors du Mondial italien quatre ans plus tôt. Son premier et meilleur résultat dans le grand bal mondial du football. Kenny est arrivé de la sélection espoirs avec laquelle il avait obtenu un bilan intéressant de 7 victoires, 3 défaites et deux partages. C'est sans doute dans l'idée d'amener une partie de cette génération à certains sommets qu'il a été promu à son nouveau poste. L'homme de 50 ans n'a (presque) jamais quitté ses terres natales depuis qu'il a décidé d'embrasser une carrière sur le petit banc après un modeste parcours amateur comme joueur. Bohemian FC, Derry City, Shamrock Rovers et Dundalk sont les clubs qu'il a dirigés dans la compétition locale. Il avait effectué un petit détour par l'Ecosse pour entraîner Dunfermline. Mais son bilan catastrophique de 5 victoires, 9 matches nuls et... 19 défaites l'a rapidement renvoyé au pays du rugby et des sports gaéliques.Stephen Kenny tente donc de donner un coup de fraîcheur à la sélection en plus d'un nouveau projet footballistique, même si l'on peut douter de sa viabilité au regard de la faible qualité du noyau. Pour imposer son football plus soigné, le technicien compte beaucoup sur un Josh Cullen qui a osé traverser la Manche pour se frotter à un football différent et plus technique que celui pratiqué dans les divisions inférieures anglaises où évoluent pratiquement tous les autres membres du noyau irlandais. "J'ai décidé de lancer le changement et j'ai rejoint Anderlecht, où je peux travailler avec un joueur de haut niveau comme Vincent Kompany. De cette façon, je m'améliore. j'espère que mon parcours convaincra d'autres talents de rejoindre de bonnes équipes du continent. Je suis un peu un pionnier. En tout cas, je constate que certains talents irlandais cherchent désormais leur bonheur en Italie. Nous sommes donc sur la bonne voie.", confiait au Nieuwsblad l'indétrônable milieu central du 4-4-2 de Kompany, que ce soit aux côtés de Kristoffer Olsson ou désormais de Majeed Ashimeru. Pour l'instant, il reste le seul appelé qui évolue dans un club du Vieux Continent. Tous les autres évoluent dans les différentes divisions anglaises.Stephen Kenny aime évoluer en 3-4-3. Entre ses perches, il a deux gardiens prometteurs avec Gavin Bazunu (blessé pour le match de ce samedi et dont on vous parlait voici peu) et Caoimhin Kelleher que Jürgen Klopp avait un qualifié "de deuxième meilleur gardien du monde" pour sa prestation trois étoiles en finale de la League Cup contre Chelsea.La défense à trois est composée du capitaine Seamus Coleman d'Everton, un latéral qui évolue dans le même registre que Timothy Castagne lors de ses dernières sorties en amical chez les Diables où il remplaçait Toby Alderweireld. Shane Duffy de Brighton et John Egan (Sheffield United) sont les deux partenaires qui lui sont le plus souvent associés. Un trio d'expérience dont la moyenne d'âge est de 30 ans. Dans les couloirs, les trentenaires font encore la loi pour le sélectionneur irlandais avec Enda Stevens à gauche et Matt Doherty de Wolverhampton à droite. C'est pour leur permettre d'apporter leur poids offensivement que Josh Cullen reste en sentinelle qui veille au grain. Il est épaulé par Jeff Hendrick dont le profil peut faire un peu penser à celui de Kristoffer Olsson, malgré quelques centimètres de plus. En août 2020, ce dernier avait quitté Burnley pour Newcastle en espérant grandir. Mais il n'a pas vraiment réussi à faire l'unanimité sous Steve Bruce et a été prêté à QPR pour se relancer après que les Magpies aient renforcé leur équipe cet hiver suite à l'arrivée d'investisseurs saoudiens.Chiedozie Ogbene de Rotherham United est l'un des joueurs qui semble le plus sûr de sa place en attaque. Callum Robinson de WBA et Jason Knight de Derby devraient l'épauler. Les trois joueurs évoluent dans le Championship et le dernier cité connaît une saison très difficile au sein d'un County noyé dans les problèmes financiers et que Wayne Rooney tente de maintenir à flots comme il peut.On le voit sur le papier, les intentions de Stephen Kenny semblent difficiles à mettre en application avec des joueurs évoluant pour la plupart dans des équipes où l'aspect physique est plus important que la composante technique. Les trentenaires sont encore assez présents et les jeunes à l'exception des deux gardiens ne semblent pas encore en mesure de revendiquer une place dans le onze.Mais ce changement de cap permet à Cullen de gagner ses galons d'international et d'indiscutable au sein d'une sélection dont il peut porter les couleurs grâce à la nationalité de ses grands-parents partenels originaires du Comté de Leitrim. Né à Westcliff-on-Sea dans le sud-est de l'Angleterre à l'opposé de l'Irlande, Josh Cullen n'a évidemment pas beaucoup connu cepays dans sa vie, même s'il a déjà dit que la Guiness y était meilleure que celle servie en Belgique. Il est parti très jeune à Londres suivre sa formation à West Ham où il ne s'est jamais imposé malgré 9 apparitions sous le maillot des Hammers. Il a enchaîné des prêts à Bradford City, Bolton et Charlton avant de rejoindre la Belgique à la surprise générale à la fin de l'été 2020 pour environ 500.000 euros. Voir un jour évoluant en Angleterre arriver dans notre plat pays est un phénomène plutôt rare, même si Anderlecht a bien connu un certain Paul Taylor en son temps. Mais celui-ci s'était d'abord montré dans les divisions inférieures du côté de Montegnée. Une toute autre histoire et un épilogue bien moins heureux que celui qu'on connaîtra avec Cullen.Tout d'abord qualifié d'Adrien Trebel low cost puisqu'il était censé le remplacer dans le style, le milieu apparaissait comme un second couteau dont on ne pourrait pas attendre plus qu'un statut de dépanneur de service. Mais il a réussi à s'imposer au fil des matches pour devenir cette saison une valeur sûre du onze de base de Vincent Kompany. En 2021-22, l'international irlandais a joué les 32 rencontres de championnat des Mauves sans louper une seule minute de jeu. Même lors des matches de Coupe, hors de question de souffler pour le milieu central qui n'a manqué aucune minute dans une campagne qu'il espère conclure victorieusement le 18 avril prochain contre La Gantoise.En équipe d'Irlande où il fut appelé pour la première fois le 19 septembre 2019, soit une année avant de débarquer à Saint-Guidon, Josh Cullen est aussi devenu une valeur sûre des Verts lors de la campagne qualificative pour le Mondial. Sans doute parce qu'il est devenu essentiel à une formation où le football est chorégraphié pour être offensif et attrayant, et qu'il a sû permettre aux joueurs plus doués de libérer pleinement leur potentiel offensif en sachant qu'ils seraient couverts derrière. Cullen était titulaire lors des huit rencontres de l'Irlande lors de ces éliminatoires. Il est sorti à deux minutes de la fin lors de la réception du Luxembourg, à trois pour celle de l'Azerbïdjan et à 24 minutes du terme du duel contre la Serbie, où après avoir été mené au score dès la 20e Stephen Kenny a décidé de sortir sa sentinelle travailleuse pour Jayson Molumby. Ce samedi contre la Belgique, Josh Cullen connaîtra un duel particulier contre sa nation de coeur, celle qui lui a permis de donner à sa carrière une autre dimension. Mais on ira pas jusqu'à dire que tout seul, il saura donner un autre aspect à cette équipe d'Irlande pour laquelle le chemin de la qualification pour une grande compétition s'annonce bien compliqué. Mais heureusement pour lui, la Guiness servie dans les pubs y sera toujours meilleure.