La course s'est achevée dès que Joan Laporta a décidé de présenter sa candidature à la présidence du Barça. Un poste que l'énergique avocat a déjà occupé de 2003 à 2010. Sous sa direction, le FC Barcelone a conquis le premier triplé de son histoire, en 2009, et a vécu une période dorée. Laporta a usé de ce passé glorieux durant sa campagne électorale: il sait comment conduire le club au sommet, puisqu'il l'a déjà fait. La plupart des socios se sont donc laissés emporter par la nostalgie au moment d'opter pour leur nouveau président. La rupture de style avec le passé prônée par Víctor Font ne les a pas séduits.
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La course s'est achevée dès que Joan Laporta a décidé de présenter sa candidature à la présidence du Barça. Un poste que l'énergique avocat a déjà occupé de 2003 à 2010. Sous sa direction, le FC Barcelone a conquis le premier triplé de son histoire, en 2009, et a vécu une période dorée. Laporta a usé de ce passé glorieux durant sa campagne électorale: il sait comment conduire le club au sommet, puisqu'il l'a déjà fait. La plupart des socios se sont donc laissés emporter par la nostalgie au moment d'opter pour leur nouveau président. La rupture de style avec le passé prônée par Víctor Font ne les a pas séduits. L'homme d'affaires catalan préparait sa candidature depuis des années, depuis Dubaï. Il avait mis sa stratégie au point et déterminé dans les moindres détails l'allure que devait adopter le club. Laporta a balayé tout ce travail d'une phrase durant les débats électoraux: "Pendant que vous faisiez des power points à Dubaï, nous gagnions la Ligue des Champions." L'ancien président peut évidemment se targuer de posséder une expérience unique. Il a remporté la Champions League à deux reprises, mais aussi quatre titres et une Copa del Rey. En plus, il connaît Lionel Messi, Gerard Piqué et Sergio Busquets - les poids lourds du vestiaire - depuis son passage précédent à la tête du club. Son agenda comporte les numéros de bon nombre de grands managers et de personnes influentes du milieu. Bref, il connaît le monde du football comme sa poche. La semaine passée, quand El Pais lui a demandé si c'était pour ça qu'il n'avait pas de plan très concret ni d'organigramme, il a répondu avec son flegme habituel: "J'ai déjà effectué tout ce travail. Notre projet a été appliqué en 2003, avec succès. Nous devons simplement l'améliorer. Nous nous en occupons." Indépendamment de son expérience, Laporta s'appuie sur son charisme. Optimiste-né, il préfère voir le verre à moitié plein et son état d'esprit est contagieux. En ce sens, il est l'antidote dont le club a besoin actuellement. Car la situation est tout sauf rose. Le Barça est en pleine crise sportive, sa dette dépasse le milliard, le Camp Nou se déglingue et le club pâtit de la série de scandales, qui a atteint son paroxysme la semaine dernière, avec l'arrestation de l'ancien président Josep Bartomeu ( voir encadré). "La dernière chose dont nous avons besoin, c'est d'un message de panique", a déclaré Laporta à El Pais. "Ça ne cadre pas avec un club comme le Barça. Nous devons penser à l'institution. Je ne force personne à être optimiste, mais soyez tranquille: le Barça va retrouver sa solidité." Les projets du nouveau président ne sont pas clairs. Ces dernières semaines, il a répété que sa priorité serait de régler la situation économique du FC Barcelone. Laporta est convaincu de pouvoir dénicher de nouvelles ressources. Pour ce faire, il pense avant tout à attirer des sponsors et à améliorer les relations avec les supporters du club dans le monde entier. Objectif: inciter un maximum de personnes à acheter des produits du Barça. Il n'est en tout cas pas partisan d'une nouvelle réduction du salaire des joueurs. Laporta estime que la direction précédente n'a pas été correcte à leur égard. "Il faut toujours dire la vérité à un footballeur. Or, la direction a trompé les joueurs ou, du moins, ceux-ci ont eu l'impression d'être floués. Du coup, Leo en a eu marre. Messi et son entourage m'ont confié quelque chose dont je suis très fier: Tu as toujours fait tout ce que tu nous avais dit." Durant la campagne électorale, Laporta s'est fait fort d'être le seul des trois candidats à pouvoir conserver Messi. Il doit maintenant tenir cette promesse. "Il faut le choyer, lui faire sentir qu'on l'aime. Avec moi, il aura un président qui mettra tout en oeuvre pour qu'il puisse achever sa carrière en fanfare. Mais Leo va également voir que nous allons bâtir une équipe compétitive." Alors que Toni Freixa, le troisième candidat à la présidence, parlait ouvertement d'engager Kylian Mbappé et Erling Haaland, Laporta s'en tient sagement à des généralités. Il n'exclut toutefois pas que le Barça puisse encore transférer les meilleurs footballeurs du monde et renforcer son noyau. En revanche, il n'explique pas clairement comment il va s'y prendre, compte tenu de la situation financière du club. Laporta veut également rendre son prestige à La Masia. Le célèbre centre de formation a été le pilier des succès du club lors de son premier mandat et doit redevenir une usine à talents. Laporta n'exclut pas un retour de Pep Guardiola, une idée avec laquelle il a joué dès le début de sa campagne. "Notre entraîneur est toujours sous contrat et Pep a signé à City jusqu'en 2023", a-t-il affirmé dans les colonnes de Sport, un magazine catalan. "Demandez-lui s'il a envie de revenir. À long terme, peut-être... Mais pour le moment, il est lié à City." Ronald Koeman, sous contrat jusqu'à l'été 2022, jouit pour le moment de sa confiance.