Qu'ils soient taximen, vendeurs, simples badauds, supporters de l'OL ou journalistes, les Lyonnais sont unanimes pour dire que Jason Denayer est un cadeau du ciel.

" De nos jours, dans le football moderne, on ne s'offre aucun joueur de haut niveau pour 8 millions d'euros ", raconte Cyril, abonné au club depuis plusieurs années. " Mais l'OL a acheté Jason Denayer ! Et ça, c'est une sacrée affaire. "

En termes de bonnes affaires, l'OL a alterné le froid et le chaud ces dernières années. Ici, on n'a toujours pas oublié le cas Anthony Martial, cédé à Monaco pour une bouchée de pain et revendu à prix d'or quelques mois plus tard à Manchester United. Mais pour le club présidé par Jean-Michel Aulas, le meilleur investissement reste la formation. Après Benzema, Lacazette et une brouette d'autres joueurs, Fékir sera le suivant à gonfler la trésorerie du club. Même si, pour rivaliser avec les autres grosses formations françaises et tenter de rester à distance raisonnable du PSG, l'OL a aussi été contraint de changer son fusil d'épaule, comme l'explique Bruno Génésio, le coach lyonnais.

On dirait un peu Kompany, mais avec des longs cheveux." - Cyril, coach d'un petit club des alentours de Lyon

" Aujourd'hui, malheureusement, nous ne pouvons plus nous contenter d'attendre que nos meilleurs jeunes soient nos premiers renforts. C'est une question de marché. Pourtant, il est inutile de vous dire que j'aimerais que ce soit le cas... ", glisse celui qui fut pendant longtemps impliqué dans le centre de formation et coach des espoirs lyonnais avant de reprendre en mains l'effectif professionnel. " C'est pourquoi nous ciblons aussi de jeunes joueurs dont nous sommes convaincus du potentiel et le souhait du club est qu'ils puissent achever leur post-formation chez nous ou tout simplement y éclore. Jason Denayer est l'un de ces exemples. Je pense aussi à Tanguy Ndombele, qui est arrivé en provenance de Guingamp et qui vient d'être sélectionné par Didier Deschamps. Jason, lui, a retrouvé les Diables Rouges. J'y vois la preuve que nous sommes sur la bonne voie. "

" BIEN JOUÉ JASON ! "

Le principal intéressé a des étoiles dans les yeux. Après divers prêts, notamment à Sunderland au sein d'une équipe totalement à la dérive, puis au Galatasaray, il a enfin la possibilité de se stabiliser. Ce qui est le plus important à ses yeux dans son plan de carrière.

" J'ai rejoint Lyon parce que ce club me désirait depuis quelques années et que j'avais la conviction qu'il serait idéal dans mon processus de développement. Quelques mois plus tard seulement, force est de reconnaître que je ne me suis pas trompé. Mon retour en équipe nationale en est la preuve et je suis content de constater que Roberto Martinez a pensé à moi et qu'il me suit attentivement. "

Paul, supporter de longue date des Gones, apprécie les prestations de Denayer. Présent au bord du terrain d'entraînement, il tient Le Progrès sous le bras et suit l'actualité de son club avec minutie. Alors que les joueurs disputent un petit match d'entraînement pour travailler les derniers automatismes avant le déplacement au Parc des Princes, il vocifère certains commentaires en permanence : " Allez Maxwell, plus vite ! " ; " Bien joué Jason ! "

" Je suis épaté par les prestations de notre défenseur belge. Quasiment personne ne le connaissait quand il est arrivé et à vrai dire, je crois qu'aucun supporter de l'OL ne s'est félicité de son transfert quand il a été annoncé mais depuis lors, nous avons tous fait dix fois notre mea-culpa. Il a saisi sa chance et est insolent d'aisance quand il joue. À tel point que Marcelo, son compère dans l'axe central qui semblait excellent la saison dernière, souffre de la comparaison et a l'air d'un vétéran à côté de lui... Ah si on pouvait avoir deux Denayer ! "

AU STADE DE FRANCE

Au pied du Groupama Stadium comme dans les rues de Lyon et probablement dans toute la France, le sacre des Bleus en Coupe du Monde demeure au centre des discussions. Mais qu'on ne s'y méprenne pas en Belgique, la quasi-totalité des Français reconnaît que nos Diables Rouges étaient largement supérieurs à leurs joueurs... Se pose alors la question de savoir pourquoi Jason Denayer n'est pas international ? Un verbe à conjuguer à l'imparfait puisqu'il a disputé les 90 minutes du dernier match des Diables face aux Pays-Bas.

" Franchement, c'est assez incompréhensible même si ça témoigne évidemment de la richesse des Diables Rouges ", ajoute Paul. " Il y a quand même Kompany et Vermaelen qui sont souvent blessés. C'est à se demander pourquoi Jason n'était pas en Russie il y a quelques mois ou pourquoi on lui a préféré Boyata. Personnellement, je ne comprends pas vraiment. "

Cyril, qui a entraîné pendant quelques saisons un petit club local et qui a notamment eu l'occasion d'être le premier mentor d' Amine Gouiri, l'une des futures vedettes de l'OL ( le joueur vient de s'occasionner une lourde blessure au genou qui le tiendra écarté des terrains pendant six mois, ndlr), se souvient de la première fois où il a entendu parler de Denayer : " C'était en 2015 quand la Belgique était venue s'imposer en France 3-4 lors d'un match amical. Et si le score semble serré comme cela, je me rappelle très bien que c'était 1-4 pour les Diables Rouges à la 88e et qu'ils ont levé le pied. Ce jour-là, Denayer a été monstrueux. Les qualités dont il avait fait preuve ce jour-là sont toujours les mêmes : anticipation, vitesse, qualité de relance. On dirait un peu Kompany mais avec des longs cheveux... "

Malgré la débâcle face au PSG de Kylian Mbappé, Jason Denayer est déjà parvenu à séduire les supporters lyonnais., belgaimage
Malgré la débâcle face au PSG de Kylian Mbappé, Jason Denayer est déjà parvenu à séduire les supporters lyonnais. © belgaimage

En conférence de presse, Jason Denayer évoque justement ses atouts : " Le coach me donne évidemment des consignes de jeu mais depuis le premier jour ici, je joue tel que je l'ai toujours fait. Quand je récupère un ballon, j'essaie de me projeter rapidement vers l'avant si j'en ai la possibilité et si ce n'est pas le cas, je fais en sorte que le jeu aille vite. Je joue beaucoup sur l'anticipation parce que c'est l'un de mes atouts et évidemment, j'ai ma vitesse pour moi, ce qui me permet de couper des trajectoires et des angles de passes ou éventuellement de rattraper une erreur de placement. "

AVEC LES COMPLIMENTS DE BRUNO

Bruno Génésio a aussi découvert une facette de Jason Denayer dont il ne se doutait pas : " Il a un charisme étonnant. Mon rôle, c'est d'améliorer individuellement mes joueurs et collectivement mon équipe mais il y a des choses que l'on ne peut pas inculquer. On fera difficilement un leader d'un garçon qui est très introverti. Ce n'est pas le cas de Jason, qui a tout de suite pris une place très importante dans le vestiaire et dans l'équipe. Tant mieux d'ailleurs. J'y vois un signe qu'il se sent bien dans sa peau. Je trouve que son positionnement est très intéressant et l'associer avec un joueur plus âgé qui a du métier ( Marcelo a 31 ans, ndlr) et qui a joué dans plusieurs pays, doit aussi être un plus. L'autre atout de Jason, c'est qu'il peut jouer avec un égal bonheur à droite ou à gauche. Enfin, et ça c'est un atout qui me tenait à coeur, je voulais pouvoir compter sur un élément qui sorte rapidement de défense et c'est le cas. "

Jason a tout de suite pris une place importante dans le vestiaire et dans l'équipe. " - Bruno Génésio

Sur le terrain, Jason semble avoir des atomes crochus avec de nombreux joueurs. On le voit discuter avec Bertrand Traoré et Moussa Dembele, puis s'exercer avec Memphis Depay et Nabil Fékir notamment.

" Chaque fois que je le vois, il semble avoir le sourire et être très heureux ", raconte Yvon, qui rédige des articles pour site internet du club. " Jusqu'à présent, je n'ai jamais entendu qui que ce soit émettre le moindre reproche à son égard. Je pense que le match de Ligue des Champions remporté sur le terrain de Manchester City a immédiatement mis tout le monde d'accord. "

Et c'est vrai que ce soir-là, les Gones ont frappé un grand coup en allant s'imposer sur les terres de Pep Guardiola.

" C'est notre match-référence et il doit nous inspirer ", reprend Jason. " Je ne pense pas me tromper en disant qu'en France, on peut difficilement lutter avec le PSG. On fera ce qu'on peut pour faire jeu égal avec les Parisiens au Parc des Princes mais je pense que le but, c'est de prouver que l'OL est bien le n° 2 en France. Selon moi, il n'y a rien de honteux à dire que l'on est derrière le multiple champion de France et ses stars. Si l'on craint le PSG ? Non. En football, on ne doit jamais craindre personne. Ma conception du foot est aussi ma conception de la vie. Nous avons de la chance d'être là et on doit en profiter. Le football doit rester un plaisir avant tout. Nous avons gagné à City... pourquoi ne pas faire pareil au Parc des Princes ? "

RÉVÉLATION

On sait désormais que cette rencontre a tourné au camouflet et que Kylian Mbappé a volé la vedette à Neymar en plantant quatre buts en l'espace d'un quart d'heure mais cette performance individuelle d'exception doit-elle pour autant occulter tout le reste du côté des Gones ? A priori pas, tant le PSG évolue dans une autre galaxie et que la Ligue 1 est scindée en deux : Paris et tous les autres.

L'analyse de Génésio après la débâcle 5-0 dans la capitale était criante : " Malheureusement, contre ce genre d'équipe, il faut concrétiser quand on a des temps forts, c'est ce qu'on n'a pas fait et on sait ensuite que la moindre erreur, la moindre défaillance tactique se paye très cher face à des attaquants avec une telle qualité de vitesse et de déplacement. Il faudra tirer les enseignements de cette lourde défaite parce que pendant une heure, on a fait quasiment jeu égal avec Paris. "

La gifle reçue au PSG a remis un peu de pression supplémentaire sur les épaules de Bruno Génésio mais pas sur notre compatriote, qui reste la révélation lyonnaise de ce début de saison : " Tous les Lyonnais rêvent d'un grand entraîneur étranger. Personnellement, j'aime bien Génésio parce qu'il vient du club, qu'il y a joué, qu'il connaît le centre de formation mieux que personne... Mais je sais que chez les supporters, on rêve d' Ancelotti, Conte et d'autres, pourvu que ce soit un nom. On verra. En attendant, ce que je crains déjà le plus, c'est que Denayer s'en aille. S'il continue à ce niveau, nous ne pourrons jamais le garder plus de deux ou trois ans... ", conclut Cyril.

Heureusement, il vient d'arriver.

Par david Dupont, à Lyon

À la boutique

Le n°5 de Denayer a de plus en plus de succès à la boutique de l'OL., belgaimage
Le n°5 de Denayer a de plus en plus de succès à la boutique de l'OL. © belgaimage

Située dans le coeur de la ville, à deux pas de l'immense Place Bellecour, la boutique du club cartonne. Étendue sur deux étages, elle ne désemplit pas et depuis peu, le maillot frappé du numéro 5 s'y est fait une petite place.

" Au début de la saison, on ne vendait quasiment aucun maillot de Denayer ", explique un vendeur. " Généralement, les défenseurs sont les joueurs les moins sexy au niveau des ventes. Les vareuses qui partent le mieux sont évidemment celles de Nabil Fékir, Memphis Depay et Houssem Aouar. Cela étant, ces dernières semaines, nous avons dû floquer quelques dizaines de maillots du défenseur belge. Notamment au lendemain de son match monstrueux contre Manchester City. Et vu sa forme actuelle, je pense que ça continuera... "

Bilal Ghazi (L'Équipe) : " L'OL voulait Denayer depuis plusieurs années "

Journaliste à L'Équipe, Bilal Ghazi suit l'OL depuis quatre ans. Il apprécie les débuts en fanfare de Jason Denayer : " Je crois que les supporters s'attendaient à un recrutement plus lourd en termes de montant de transfert. On a longtemps évoqué la venue de Ruben Dias mais Benfica réclamait 30 millions pour son défenseur. Malheureusement, les gens sont sensibles au prix qu'un club paie pour s'offrir un joueur alors que Denayer est le meilleur contre-exemple. Certes, sa carrière a manqué de stabilité ces dernières années mais c'est la grosse satisfaction du mercato. Il s'est tout de suite imposé et est impressionnant. J'ai le sentiment qu'il peut être l'avenir de l'équipe nationale belge. Aujourd'hui, on ne fait plus sans cesse de comparatifs avec Vincent Kompany et tant mieux pour lui. On ne peut pas en vouloir aux gens de faire des raccourcis entre deux joueurs quand ils ont de nombreux points communs. Je suis épaté par la rapidité avec laquelle il s'est adapté. Il ne se prend pas la tête, est accessible, assimile ce que lui demande le coach. Je trouve que c'est un coup dans le mille de la part de Lyon qui le voulait avec insistance depuis plusieurs saisons ".

Qu'ils soient taximen, vendeurs, simples badauds, supporters de l'OL ou journalistes, les Lyonnais sont unanimes pour dire que Jason Denayer est un cadeau du ciel. " De nos jours, dans le football moderne, on ne s'offre aucun joueur de haut niveau pour 8 millions d'euros ", raconte Cyril, abonné au club depuis plusieurs années. " Mais l'OL a acheté Jason Denayer ! Et ça, c'est une sacrée affaire. " En termes de bonnes affaires, l'OL a alterné le froid et le chaud ces dernières années. Ici, on n'a toujours pas oublié le cas Anthony Martial, cédé à Monaco pour une bouchée de pain et revendu à prix d'or quelques mois plus tard à Manchester United. Mais pour le club présidé par Jean-Michel Aulas, le meilleur investissement reste la formation. Après Benzema, Lacazette et une brouette d'autres joueurs, Fékir sera le suivant à gonfler la trésorerie du club. Même si, pour rivaliser avec les autres grosses formations françaises et tenter de rester à distance raisonnable du PSG, l'OL a aussi été contraint de changer son fusil d'épaule, comme l'explique Bruno Génésio, le coach lyonnais. " Aujourd'hui, malheureusement, nous ne pouvons plus nous contenter d'attendre que nos meilleurs jeunes soient nos premiers renforts. C'est une question de marché. Pourtant, il est inutile de vous dire que j'aimerais que ce soit le cas... ", glisse celui qui fut pendant longtemps impliqué dans le centre de formation et coach des espoirs lyonnais avant de reprendre en mains l'effectif professionnel. " C'est pourquoi nous ciblons aussi de jeunes joueurs dont nous sommes convaincus du potentiel et le souhait du club est qu'ils puissent achever leur post-formation chez nous ou tout simplement y éclore. Jason Denayer est l'un de ces exemples. Je pense aussi à Tanguy Ndombele, qui est arrivé en provenance de Guingamp et qui vient d'être sélectionné par Didier Deschamps. Jason, lui, a retrouvé les Diables Rouges. J'y vois la preuve que nous sommes sur la bonne voie. " Le principal intéressé a des étoiles dans les yeux. Après divers prêts, notamment à Sunderland au sein d'une équipe totalement à la dérive, puis au Galatasaray, il a enfin la possibilité de se stabiliser. Ce qui est le plus important à ses yeux dans son plan de carrière. " J'ai rejoint Lyon parce que ce club me désirait depuis quelques années et que j'avais la conviction qu'il serait idéal dans mon processus de développement. Quelques mois plus tard seulement, force est de reconnaître que je ne me suis pas trompé. Mon retour en équipe nationale en est la preuve et je suis content de constater que Roberto Martinez a pensé à moi et qu'il me suit attentivement. " Paul, supporter de longue date des Gones, apprécie les prestations de Denayer. Présent au bord du terrain d'entraînement, il tient Le Progrès sous le bras et suit l'actualité de son club avec minutie. Alors que les joueurs disputent un petit match d'entraînement pour travailler les derniers automatismes avant le déplacement au Parc des Princes, il vocifère certains commentaires en permanence : " Allez Maxwell, plus vite ! " ; " Bien joué Jason ! " " Je suis épaté par les prestations de notre défenseur belge. Quasiment personne ne le connaissait quand il est arrivé et à vrai dire, je crois qu'aucun supporter de l'OL ne s'est félicité de son transfert quand il a été annoncé mais depuis lors, nous avons tous fait dix fois notre mea-culpa. Il a saisi sa chance et est insolent d'aisance quand il joue. À tel point que Marcelo, son compère dans l'axe central qui semblait excellent la saison dernière, souffre de la comparaison et a l'air d'un vétéran à côté de lui... Ah si on pouvait avoir deux Denayer ! " Au pied du Groupama Stadium comme dans les rues de Lyon et probablement dans toute la France, le sacre des Bleus en Coupe du Monde demeure au centre des discussions. Mais qu'on ne s'y méprenne pas en Belgique, la quasi-totalité des Français reconnaît que nos Diables Rouges étaient largement supérieurs à leurs joueurs... Se pose alors la question de savoir pourquoi Jason Denayer n'est pas international ? Un verbe à conjuguer à l'imparfait puisqu'il a disputé les 90 minutes du dernier match des Diables face aux Pays-Bas. " Franchement, c'est assez incompréhensible même si ça témoigne évidemment de la richesse des Diables Rouges ", ajoute Paul. " Il y a quand même Kompany et Vermaelen qui sont souvent blessés. C'est à se demander pourquoi Jason n'était pas en Russie il y a quelques mois ou pourquoi on lui a préféré Boyata. Personnellement, je ne comprends pas vraiment. " Cyril, qui a entraîné pendant quelques saisons un petit club local et qui a notamment eu l'occasion d'être le premier mentor d' Amine Gouiri, l'une des futures vedettes de l'OL ( le joueur vient de s'occasionner une lourde blessure au genou qui le tiendra écarté des terrains pendant six mois, ndlr), se souvient de la première fois où il a entendu parler de Denayer : " C'était en 2015 quand la Belgique était venue s'imposer en France 3-4 lors d'un match amical. Et si le score semble serré comme cela, je me rappelle très bien que c'était 1-4 pour les Diables Rouges à la 88e et qu'ils ont levé le pied. Ce jour-là, Denayer a été monstrueux. Les qualités dont il avait fait preuve ce jour-là sont toujours les mêmes : anticipation, vitesse, qualité de relance. On dirait un peu Kompany mais avec des longs cheveux... " En conférence de presse, Jason Denayer évoque justement ses atouts : " Le coach me donne évidemment des consignes de jeu mais depuis le premier jour ici, je joue tel que je l'ai toujours fait. Quand je récupère un ballon, j'essaie de me projeter rapidement vers l'avant si j'en ai la possibilité et si ce n'est pas le cas, je fais en sorte que le jeu aille vite. Je joue beaucoup sur l'anticipation parce que c'est l'un de mes atouts et évidemment, j'ai ma vitesse pour moi, ce qui me permet de couper des trajectoires et des angles de passes ou éventuellement de rattraper une erreur de placement. " Bruno Génésio a aussi découvert une facette de Jason Denayer dont il ne se doutait pas : " Il a un charisme étonnant. Mon rôle, c'est d'améliorer individuellement mes joueurs et collectivement mon équipe mais il y a des choses que l'on ne peut pas inculquer. On fera difficilement un leader d'un garçon qui est très introverti. Ce n'est pas le cas de Jason, qui a tout de suite pris une place très importante dans le vestiaire et dans l'équipe. Tant mieux d'ailleurs. J'y vois un signe qu'il se sent bien dans sa peau. Je trouve que son positionnement est très intéressant et l'associer avec un joueur plus âgé qui a du métier ( Marcelo a 31 ans, ndlr) et qui a joué dans plusieurs pays, doit aussi être un plus. L'autre atout de Jason, c'est qu'il peut jouer avec un égal bonheur à droite ou à gauche. Enfin, et ça c'est un atout qui me tenait à coeur, je voulais pouvoir compter sur un élément qui sorte rapidement de défense et c'est le cas. " Sur le terrain, Jason semble avoir des atomes crochus avec de nombreux joueurs. On le voit discuter avec Bertrand Traoré et Moussa Dembele, puis s'exercer avec Memphis Depay et Nabil Fékir notamment. " Chaque fois que je le vois, il semble avoir le sourire et être très heureux ", raconte Yvon, qui rédige des articles pour site internet du club. " Jusqu'à présent, je n'ai jamais entendu qui que ce soit émettre le moindre reproche à son égard. Je pense que le match de Ligue des Champions remporté sur le terrain de Manchester City a immédiatement mis tout le monde d'accord. " Et c'est vrai que ce soir-là, les Gones ont frappé un grand coup en allant s'imposer sur les terres de Pep Guardiola. " C'est notre match-référence et il doit nous inspirer ", reprend Jason. " Je ne pense pas me tromper en disant qu'en France, on peut difficilement lutter avec le PSG. On fera ce qu'on peut pour faire jeu égal avec les Parisiens au Parc des Princes mais je pense que le but, c'est de prouver que l'OL est bien le n° 2 en France. Selon moi, il n'y a rien de honteux à dire que l'on est derrière le multiple champion de France et ses stars. Si l'on craint le PSG ? Non. En football, on ne doit jamais craindre personne. Ma conception du foot est aussi ma conception de la vie. Nous avons de la chance d'être là et on doit en profiter. Le football doit rester un plaisir avant tout. Nous avons gagné à City... pourquoi ne pas faire pareil au Parc des Princes ? " On sait désormais que cette rencontre a tourné au camouflet et que Kylian Mbappé a volé la vedette à Neymar en plantant quatre buts en l'espace d'un quart d'heure mais cette performance individuelle d'exception doit-elle pour autant occulter tout le reste du côté des Gones ? A priori pas, tant le PSG évolue dans une autre galaxie et que la Ligue 1 est scindée en deux : Paris et tous les autres. L'analyse de Génésio après la débâcle 5-0 dans la capitale était criante : " Malheureusement, contre ce genre d'équipe, il faut concrétiser quand on a des temps forts, c'est ce qu'on n'a pas fait et on sait ensuite que la moindre erreur, la moindre défaillance tactique se paye très cher face à des attaquants avec une telle qualité de vitesse et de déplacement. Il faudra tirer les enseignements de cette lourde défaite parce que pendant une heure, on a fait quasiment jeu égal avec Paris. " La gifle reçue au PSG a remis un peu de pression supplémentaire sur les épaules de Bruno Génésio mais pas sur notre compatriote, qui reste la révélation lyonnaise de ce début de saison : " Tous les Lyonnais rêvent d'un grand entraîneur étranger. Personnellement, j'aime bien Génésio parce qu'il vient du club, qu'il y a joué, qu'il connaît le centre de formation mieux que personne... Mais je sais que chez les supporters, on rêve d' Ancelotti, Conte et d'autres, pourvu que ce soit un nom. On verra. En attendant, ce que je crains déjà le plus, c'est que Denayer s'en aille. S'il continue à ce niveau, nous ne pourrons jamais le garder plus de deux ou trois ans... ", conclut Cyril. Heureusement, il vient d'arriver. Par david Dupont, à Lyon