Lorsque Jamie Vardy a mis Boris, Billy et Ralph à la porte et que les aboiements ont cessé, la conversation se porte rapidement sur Harry Kane, Sergio Agüero et Romelu Lukaku. Ce sont les seuls joueurs qui ont inscrit plus de buts en Premier League que l'attaquant de Leicester City, qui a effectué ses débuts parmi l'élite en 2014. " Je dispose donc encore d'une certaine marge pour améliorer mes statistiques ", dit Vardy.
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Lorsque Jamie Vardy a mis Boris, Billy et Ralph à la porte et que les aboiements ont cessé, la conversation se porte rapidement sur Harry Kane, Sergio Agüero et Romelu Lukaku. Ce sont les seuls joueurs qui ont inscrit plus de buts en Premier League que l'attaquant de Leicester City, qui a effectué ses débuts parmi l'élite en 2014. " Je dispose donc encore d'une certaine marge pour améliorer mes statistiques ", dit Vardy. Il esquisse un sourire en prononçant ces paroles, mais le message est clair. " J'aurais dû marquer plus ", c'est la première chose que répond Vardy lorsque nous lui suggérons que 20 buts en Premier League, la saison dernière, dans une équipe qui n'a terminé que neuvième, ce n'est pas mal du tout. Mais il réfute cette insinuation, tout en évoquant quelques moments formidables, comme cette volée tout en contrôle contre West Bromwich Albion en mars, lorsqu'il a amorti le ballon avec tant de délicatesse que celui-ci est passé par-dessus son épaule, avec son mauvais pied, qui plus est. " Lorsque vous héritez de quatre occasions durant un match et que vous en concrétisez une, vous vous demandez ensuite ce que vous auriez pu faire de mieux pour également concrétiser les trois autres ", raconte Vardy. " J'ai inscrit ce but contre West Brom après une vingtaine de minutes, il m'en restait donc plus de 65 pour trouver une deuxième fois le chemin des filets. Un attaquant doit pouvoir faire son autocritique. L'idéal, c'est de convertir chaque occasion en but.' Les chiffres et les statistiques renseignent que 63 buts inscrits en 144 matches de Premier League, c'est un but toutes les 183 minutes. Nous le lui apprenons, mais il n'est visiblement pas impressionné. Il n'est pas féru de statistiques et ne comptabilise donc pas les buts qu'il inscrit. " C'est curieux. Je ne vais tout de même pas commencer à faire mes comptes ", affirme-t-il. Même lorsque nous lui demandons s'il possède encore toutes ses caps pour l'Angleterre, il doit fouiller dans ses armoires, dans sa maison du Lincolnshire. " Je le pense bien... Il doit encore y en avoir une ici, quelque part... ", dit-il, en cherchant partout et en revenant avec une réponse : " Non, je n'ai pas encore reçu celles de la Coupe du Monde. " Il ne faut pas mal interpréter cela. Vardy est très fier de ce qu'il a accompli, surtout du moment où il a pu effectuer ses débuts pour l'Angleterre, il y a trois ans, contre l'Irlande. Mais il n'est pas du genre à vivre du passé, même si celui-ci est glorieux. Il ne retient pas davantage les mauvais moments. Sa femme Rebekah le décrit comme un homme 'pas émotif pour un sou' et c'est aussi l'impression qu'il donne. Par exemple lorsque nous lui avons demandé comment il pense être perçu comme être humain. Vardy a répondu : 'Probablement comme un petit con' Lorsque nous lui demandons, entre les éclats de rire, d'un peu approfondir le fond de sa pensée, Vardy affirme : " Je suis un cauchemar sur le terrain, n'est-ce pas ? Je suis hué par les supporters adverses et j'essaie de leur rendre la monnaie de leur pièce. Je suis ainsi - et c'est comme cela qu'il faut être. L'an passé, les supporters de Tottenham ont entonné des chants à l'encontre de ma femme, et une minute plus tard, j'ai marqué. Je ne les ai plus entendus pendant le reste du match. Lorsque je me produis en déplacement à West Brom, je cours toujours dans le même coin lorsque j'ai marqué. La saison dernière, une photo a été prise à cet endroit. Ils tiraient tous la même tête. Et ils faisaient tous un doigt d'honneur. " Vardy sourit lorsqu'il se remémore cette scène au stade The Hawthorns. Mais il doit tout de même être relativement satisfait de cette volée sensationnelle - élue But de l'Année à Match of the Day - qu'il a réalisée lors de sa dernière visite là-bas ? " Oui, elle valait la peine d'être vue ", reconnaît Vardy. " Je pourrais encore essayer neuf fois avec mon pied gauche, le ballon n'entrerait probablement plus jamais dans les filets. Et si j'avais quitté le ballon des yeux une seule seconde, il aurait atterri dans les nuages et mon geste se serait conclu par un raté lamentable. Good bowling, Warney ! ' L'humour et l'autodérision, ce sont deux traits de caractère qui ressortent lorsqu'on tient des propos positifs à l'encontre de Vardy. Il se soucie peu des compliments et préfère réagir aux critiques. Et ce ne sont pas les occasions qui ont manqué, ces dernières années. On ne peut pas plaire à tout le monde et il n'échappe certainement pas à la règle - songez à ce tacle très appuyé qui lui a valu un carton rouge, il y a quelques semaines, contre Wolverhampton - mais il est un fait que beaucoup de supporters préféreraient l'avoir dans leur équipe. Il est possible que Vardy soit plus respecté actuellement comme attaquant que lorsque Leicester a remporté le titre, il y a deux ans. " Certains pensaient peut-être que je n'allais briller qu'une seule saison ", plaisante-t-il. " Qui sait ? Je pense, surtout avec les réseaux sociaux, que peu importe ce que vous faites, il y aura toujours des gens qui douteront de vous. Mais les gens peuvent dire ce qu'ils veulent, je préfère me concentrer sur ce que j'ai à faire sur le terrain. " En dehors du terrain, Vardy se décrit lui-même comme 'moyennement amusant' et il est très content de pouvoir revendiquer la paternité du surnom attribué à son coéquipier à Leicester et de l'équipe nationale Harry Maguire. 'Oui, slabhead ! C'est moi qui l'ai trouvé. Il a tout de même une tête énorme, vous ne trouvez pas ? ', sourit Vardy. 'Harry dit que chaque fois qu'il poste une photo de lui sur les réseaux sociaux, des commentaires avec slabhead apparaissent. Mais le fait est que, lorsqu'un centre aérien arrive dans ses parages, il parvient toujours à mettre sa tête. " Le point fort de Vardy a toujours été sa vitesse. Il aura 32 ans en janvier, mais on n'a pas l'impression qu'il devient plus lent. Et il parle de jouer jusqu'à 40 ans. " En ce moment, j'ai l'impression que je pourrais tenir jusque là. Je me sens encore très bien et je n'ai pas perdu ma pointe de vitesse - le gps en atteste. Le premier jour de la préparation, j'ai couru 9,4 mètres par seconde - je pense que mon record se situe aux alentours de 9,6. Je me sens donc plus en forme que jamais. J'espère que cela durera encore longtemps. " En revanche, il a mis un terme à sa carrière internationale en expliquant au sélectionneur Gareth Southgate qu'en cette période de sa vie, il préfère se concentrer sur son club et consacrer plus de temps à ses enfants " qui grandissent trop vite ". Southgate et Vardy ont convenu de laisser la porte entrouverte, au cas où une situation exceptionnelle se présenterait. Mais tout porte à penser que l'ancien attaquant de Stocksbridge Park Steels a fêté sa 26e et dernière cap pour l'Angleterre lors de la défaite contre la Croatie, en demi-finale de la dernière Coupe du Monde. C'était le moment approprié pour faire ses adieux. " C'est fou lorsqu'on y pense ", dit Vardy. " Lorsque j'ai discuté avec le boss, je l'ai remercié pour m'avoir donné ma chance et avoir pu être présent à la Coupe du monde. Il y a beaucoup de bons footballeurs en Angleterre, et faire partie des 23 doit être considéré comme un immense privilège. Pouvoir représenter son pays, c'est probablement le plus bel honneur qui existe dans le football. Je me souviens de mes débuts pour l'Angleterre comme si c'était hier. C'est le genre d'événement qu'on n'oublie jamais. Pouvoir enfiler ce maillot pour la première fois, c'est un sentiment indescriptible, surtout lorsqu'on regarde d'où l'on vient. " Ce voyage from zero to hero est actuellement filmé et reste une source d'inspiration pour les footballeurs qui se trouvent tout en bas de la pyramide. Parmi eux, les 15 joueurs qui ont obtenu un contrat professionnel grâce à la Vardy's V9 Academy, fondée il y a deux ans avec l'intention d'offrir une chance aux talents évoluant dans des clubs qui ne font pas partie de la Ligue. " Je suis très heureux de la manière dont cela s'est passé ", dit Vardy. " Nous avons offert une chance à ces garçons et cela a réussi. Désormais, c'est à eux de jouer. " En ce qui concerne Vardy, il semble que l'annonce qu'il a faite à propos de l'équipe nationale mette le point final à un conte de fée. Quelle belle histoire il a écrite ! Vardy doit encore sourire lorsqu'il se rappelle du jour où il a ouvert son compteur-buts avec les Three Lions avec un tir audacieux qui a surpris Manuel Neuer lors d'une victoire 2-3 contre l'Allemagne à Berlin. Aujourd'hui, il va redevenir un simple supporter de l'Angleterre. Ce sera déjà le cas lors du match amical contre la Suisse au King Power Stadium. Par Stuart James