Ça sonnait comme le début d'une routine. Cela n'en n'aura jamais eu la couleur. Un dribble de Mehdi Carcela, un décalage pour Collins Fai. Un centre tendu au premier poteau du Camerounais et une tête rageuse de Jackson Muleka. Un premier but liégeois pour celui présenté à son arrivée comme "le meilleur attaquant du continent africain". Un titre pompeux hérité de ses 57 buts en 89 matches avec le TP Mazembe, dont sept en dix rencontres de Ligue des Champions africaine. C'est avec cette réputation que le Congolais débarque au Standard de Liège le 5 septembre dernier. Huit mois plus tard, Muleka est au moins conscient d'une chose sur son nouveau port d'attache: le train-train quotidien n'existe pas en Principauté. Mehdi Carcela en préretraite, Collins Fai au placard, ne reste que les coups de casques de Muleka. Cinq en dix réalisations toutes compétitions confondues cette saison. Suffisant pour transformer un début d'année moribond en première saison concluante. Et un joueur moyen en potentiel bon coup du futur mercato? C'est la question à cent points dans un club où tout ce qui vaut de l'argent est de toute façon à vendre.
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Ça sonnait comme le début d'une routine. Cela n'en n'aura jamais eu la couleur. Un dribble de Mehdi Carcela, un décalage pour Collins Fai. Un centre tendu au premier poteau du Camerounais et une tête rageuse de Jackson Muleka. Un premier but liégeois pour celui présenté à son arrivée comme "le meilleur attaquant du continent africain". Un titre pompeux hérité de ses 57 buts en 89 matches avec le TP Mazembe, dont sept en dix rencontres de Ligue des Champions africaine. C'est avec cette réputation que le Congolais débarque au Standard de Liège le 5 septembre dernier. Huit mois plus tard, Muleka est au moins conscient d'une chose sur son nouveau port d'attache: le train-train quotidien n'existe pas en Principauté. Mehdi Carcela en préretraite, Collins Fai au placard, ne reste que les coups de casques de Muleka. Cinq en dix réalisations toutes compétitions confondues cette saison. Suffisant pour transformer un début d'année moribond en première saison concluante. Et un joueur moyen en potentiel bon coup du futur mercato? C'est la question à cent points dans un club où tout ce qui vaut de l'argent est de toute façon à vendre. Les habitués de Sclessin dans le monde d'avant, devenus des téléspectateurs en 2021, voient déjà venir de loin les comparaisons avec un certain RenaudEmond. Le même flair devant le but, la même discrétion dos à ce dernier. Des qualités suffisantes pour faire enfiler à Emond le costume inattendu du buteur providentiel dans le football vertical de RicardoSáPinto, puis de MichelPreud'homme. Et d'offrir dans la foulée aux finances liégeoises un bol d'air inattendu, avec la revente en janvier 2020 d'un joueur dont la marge bénéficiaire semblait minime deux ans plus tôt. Sur Renaud Emond, le Standard a créé de la valeur, en vendant le joueur au meilleur moment possible pour quatre improbables millions au FC Nantes à l'hiver 2020. Toujours en manque de liquidités, le Standard ne crachera pas sur pareille opération avec son attaquant congolais, recruté pour une somme deux fois inférieure l'été dernier. D'abord en contact avec le LOSC de LuisCampos par l'intermédiaire de FedericoPastorello, l'agent italien de RomeluLukakuet AntonioConte, Jackson Muleka pensait encore au mois d'août dernier prendre la direction de la Ligue 1. C'était d'ailleurs autant le souhait du joueur que de son agent de l'époque. Un peu moins celui de l'influent MoïseKatumbi. Homme d'affaires, ancien politicien et ex-opposant numéro 1 de JosephKabila en République Démocratique du Congo, il est aussi, et surtout dans le cas qui nous occupe, l'autoritaire président du Tout Puissant Mazembe depuis 1997. Un profil de touche-à-tout et la longueur de bras qui l'accompagne. Suffisamment solide au bras de fer pour convaincre, la plupart du temps, ses joueurs, dont il détient personnellement une partie des droits, de s'envoler là où il le désire. C'est ainsi lui qui bloquera le dossier qui devait initialement amener Jackson Muleka au LOSC, par l'intermédiaire d'un passage d'un an en prêt du côté de l'Excel Mouscron. "C'était un choix du propriétaire de Mazembe de ne pas mettre le joueur chez nous", validait d'ailleurs dans nos pages et sans faux fuyant Luis Campos, ancien directeur sportif du LOSC, cet été. "Il a pris la décision de ne pas travailler avec nous sur ce dossier, c'est un choix que nous respectons." Le même Katumbi qui ne sera pas plus enclin, quelques jours plus tard, à céder devant l'insistance du RC Lens de boucler un transfert pourtant ardemment souhaité par un joueur toujours convaincu que c'est en France que ses qualités pourraient le mieux s'exprimer. Finalement, c'est contraint et forcé par l'inflexible Katumbi que Jackson Muleka mettra fin au mandat initialement confié à Federico Pastorello. Avant de se voir aiguiller par le président du TP Mazembe vers le Standard de Liège, par l'intermédiaire d'un certain GrégoryErnes, un avocat étroitement lié au club liégeois et habitué à traiter avec le Tout Puissant pour les dossiers transitant par la Belgique. Un deal aussi facilité par la flexibilité d'une direction liégeoise visiblement peu encline à s'opposer aux diktats du tout puissant Moïse Katumbi, et qui n'aura pas discuté longtemps au moment d'offrir un contrat de cinq ans au joueur, et une part importante des bénéfices potentiels liés à une revente au TP Mazembe. Le tout pour un attaquant encore dénué de référence en Europe au moment de son arrivée, mais qui huit mois plus tard, fait dire à son entourage proche que le Standard ne s'est pas trompé. "Quand je vois qu'il y a trois ans, Malines a revendu huit millions d'euros un HassaneBandé à l'Ajax après six mois en Belgique, je me dis qu'il n'y a pas de raison que le Standard ne puisse pas en faire de même avec Jackson quand le moment sera venu." Une somme qui suffirait, sans nul doute, à faire écarquiller les yeux de la direction liégeoise. Mais un montant aussi que seuls les puissants du continent peuvent aujourd'hui débourser. Ça tombe bien, depuis son arrivée à Liège, Jackson Muleka s'est rapproché de l'un des intermédiaires de PiniZahavi, l'un des agents les plus influents du football mondial, en Belgique. Le genre d'homme capable de convaincre ce même Zahavi, plus habitué à travailler avec des attaquants de la trempe de RobertLewandowski, de miser au sein de sa société sur un attaquant inconnu du grand public. Un partenariat prometteur sur papier que le néo-buteur liégeois va devoir maintenant confirmer en PO2. Une compétition sans attrait pour l'étranger qui peut néanmoins toujours servir à compléter une feuille de statistiques qui, bien vendue sur le marché des transferts, peut rapidement faire gonfler les prix.