Vous avez été sujet à une dépression en 2003. Après coup, vous avez dit que Marilyn Monroe s'était trompée en disant qu'il valait mieux pleurer seule dans une Rolls-Royce que dans un métro bondé. L'argent n'est donc pas une garantie de bonheur ?

BUFFON : Non. Beaucoup de gens souffrent de dépression et chercher à y échapper grâce à des biens matériels est idiot. Je me suis découvert plus fragile que je ne le pensais. Si j'ai sombré, c'est à cause de mon style de vie fou de cette époque. Je cherchais d'autres plaisirs que le football, sans avoir honte d'en parler ouvertement. Je pense que l'essentiel a été de ne jamais prendre de médicaments. Ça m'a permis de rester plus conscient, maître de mon destin, de ne pas dépendre de pilules. Ça a été la clef de ma guérison.

Vous n'êtes pas marqué quand une erreur de Buffon met toute la Botte en émoi, comme si c'était un tremblement de terre ?

BUFFON : Je suis mon principal critique. Quand je commets une erreur, je subis un choc car je n'en ai pas l'habitude. Il me faut souvent dix jours pour retrouver mon équilibre. Franchement, j'envie parfois les joueurs qui gaffent. Ils ne le perçoivent pas comme un tsunami, tandis que moi...

La saison passée, le premier but que vous avez encaissé après 974 minutes a donc été un choc ?

BUFFON : Non, plutôt une délivrance. On ne parlait que de ça depuis des semaines. Je suis content de ce record de Serie A, bien sûr, mais il est l'oeuvre de toute l'équipe. Je n'aurais jamais réussi ça en jouant pour la lanterne rouge.

Une émotion fait encore défaut à votre carrière : avec 101 matches, c'est vous qui avez disputé le plus de matches européens pour la Juventus...

BUFFON : ... et deux avec Parme. Je ne sais pas si ça s'appelait déjà la Ligue des Champions. L'UEFA a changé le nom de l'épreuve trois ou quatre fois !

Vous aimeriez certainement clôturer la saison en cours avec 106 matches pour la Juve, non ?

BUFFON : C'est clair, la Ligue des Champions fait défaut à mon palmarès et je ne rajeunis pas. Je ne suis pourtant pas obsédé par l'idée de gagner cette coupe. Je l'aime mais pas au point qu'elle me motive au jour le jour. D'ailleurs, si j'avais déjà gagné tous les trophées possibles, je périrais d'ennui.

Par Olivier Birkner

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Gianluigi Buffon dans votre Sport/Foot Magazine

Vous avez été sujet à une dépression en 2003. Après coup, vous avez dit que Marilyn Monroe s'était trompée en disant qu'il valait mieux pleurer seule dans une Rolls-Royce que dans un métro bondé. L'argent n'est donc pas une garantie de bonheur ?BUFFON : Non. Beaucoup de gens souffrent de dépression et chercher à y échapper grâce à des biens matériels est idiot. Je me suis découvert plus fragile que je ne le pensais. Si j'ai sombré, c'est à cause de mon style de vie fou de cette époque. Je cherchais d'autres plaisirs que le football, sans avoir honte d'en parler ouvertement. Je pense que l'essentiel a été de ne jamais prendre de médicaments. Ça m'a permis de rester plus conscient, maître de mon destin, de ne pas dépendre de pilules. Ça a été la clef de ma guérison.Vous n'êtes pas marqué quand une erreur de Buffon met toute la Botte en émoi, comme si c'était un tremblement de terre ?BUFFON : Je suis mon principal critique. Quand je commets une erreur, je subis un choc car je n'en ai pas l'habitude. Il me faut souvent dix jours pour retrouver mon équilibre. Franchement, j'envie parfois les joueurs qui gaffent. Ils ne le perçoivent pas comme un tsunami, tandis que moi...La saison passée, le premier but que vous avez encaissé après 974 minutes a donc été un choc ?BUFFON : Non, plutôt une délivrance. On ne parlait que de ça depuis des semaines. Je suis content de ce record de Serie A, bien sûr, mais il est l'oeuvre de toute l'équipe. Je n'aurais jamais réussi ça en jouant pour la lanterne rouge.Une émotion fait encore défaut à votre carrière : avec 101 matches, c'est vous qui avez disputé le plus de matches européens pour la Juventus...BUFFON : ... et deux avec Parme. Je ne sais pas si ça s'appelait déjà la Ligue des Champions. L'UEFA a changé le nom de l'épreuve trois ou quatre fois !Vous aimeriez certainement clôturer la saison en cours avec 106 matches pour la Juve, non ?BUFFON : C'est clair, la Ligue des Champions fait défaut à mon palmarès et je ne rajeunis pas. Je ne suis pourtant pas obsédé par l'idée de gagner cette coupe. Je l'aime mais pas au point qu'elle me motive au jour le jour. D'ailleurs, si j'avais déjà gagné tous les trophées possibles, je périrais d'ennui.Par Olivier BirknerRetrouvez l'intégralité de l'interview de Gianluigi Buffon dans votre Sport/Foot Magazine