We don't mind if your striker plays for Barça

Lona,

Man United, Munich or Madrid,

Cause when the boys in green are on the ball,

Uhhh, Man-on-man we can beat them all.

C'est la première strophe de l'Eire Abu ou Ireland Abu, la chanson de la Green Army, les supporters de l'Irlande. Samedi prochain à Bordeaux, ils seront présents en masse pour le match contre les Diables Rouges, à la grande joie de l'horeca local et des supporters belges, qui vont fraterniser dans les rues de la cité vinicole. Car dans les tournois, l'Irlande est toujours une garantie de fun, de chants et d'une confiance aveugle dans les capacités de son équipe, quelle que soit la renommée de son adversaire.

Il y a quatre ans, l'Irlande avait délégué une équipe assez faible à l'EURO mais ça n'avait pas empêché les supporters de rêver d'un exploit. Ils se doutaient bien que battre l'Espagne, championne en titre, c'était viser un peu trop haut mais un nul contre l'Italie devait être possible. Comme une victoire contre la Croatie. La réalité avait été différente : l'Eire avait perdu tous ses matches et le 18 juin, une semaine après le début de son tournoi, elle pouvait déjà quitter la Pologne.

Il n'en ira pas autrement cette fois, selon Owen, qui suit l'équipe. Il n'a pas estimé justes les critiques adressées à Giovanni Trapattoni, jugé trop défensif. L'Italien avait insufflé aux Irlandais un sentiment qu'on peut résumer comme " nous sommes difficiles à battre ". Un bémol : même avec Trapattoni, les Irlandais avaient du mal à battre les autres équipes.

Ce sentiment a persisté avec son successeur, Martin O'Neill. Owen : " Notre pool de talent n'est pas énorme. Nous devrons toujours nous appuyer sur notre labeur et notre esprit d'équipe. La somme de toutes les qualités individuelles ne suffira jamais. Il faut un extra. La campagne a été désastreuse jusqu'il y a un an. Les prestations étaient mauvaises puis nous avons battu l'Allemagne et fait match nul contre elle. En barrages, nous avons vaincu la Bosnie. Les supporters ont à nouveau le sentiment que la victoire est possible. "

Les Irlandais nourrissent donc des attentes élevées, notamment grâce à la nouvelle formule. Leur calcul ? Une victoire suffira peut-être à passer le premier tour. Or, ils pensent avoir cette occasion à chaque match. La Suède n'est pas plus forte, pour autant que l'Irlande parvienne à neutraliser Zlatan Ibrahimovic. Les Italiens ont une moins bonne levée et déplorent plusieurs absents de taille alors que les Belges alignent des noms, surtout aux yeux des Irlandais, qui suivent de près la Premier League. Néanmoins, l'Irlande ne trouve pas la Belgique aussi imprenable que l'Espagne il y a quatre ans. Owen : " Nous avons nos chances dans tous les matches. "

KEANE PAS TRÈS CLEAN

Comme celle de la Belgique, la préparation de l'Irlande s'est déroulée dans le doute. O'Neill a eu des problèmes en... défense centrale. John O'Shea a disputé tous les matches de qualification mais a été exclu et a raté les barrages. Son remplaçant, Ciaran Clark, a été bon contre la Bosnie. O'Shea arrive en fin de parcours et est sous pression. Devant, il y a eu la blessure de Jonathan Walters, un des buteurs des qualifications. Owen : " Pour être franc, je vois peu de joueurs qui pourraient avoir une place dans votre équipe, à part nos arrières latéraux. Séamus Coleman est un très bon arrière droit et son pendant à gauche, Robbie Brady, a gagné en importance au fil des qualifications. " Offensif, Brady peut également évoluer un cran plus haut.

La préparation des Irlandais s'est déroulée sous le signe de la controverse. A son arrivée, Martin O'Neill, habitué à la vie sous pression d'un entraîneur de club, redoutait de mener une vie monotone. Cette appréhension ne s'est pas réalisée car O'Neill a embauché Roy Keane comme adjoint. Vous savez, Keane, ce bon médian de Manchester United qui a déclaré, un jour, avoir toujours bien écouté Brian Clough, son manager à Forest. Celui-ci lui disait : " Joue simplement. Tout ce que tu dois faire, c'est t'emparer du ballon et le passer à un autre joueur dans un maillot rouge. " Keane a fait carrière comme ça. Alex Ferguson a dit que " c'était un honneur de pouvoir travailler avec un homme comme lui. Il me donnait l'impression de préférer mourir que d'accepter la défaite ".

Le numéro six n'a pas toujours joué simplement. Le Times a jadis établi un classement des joueurs les plus durs. Il a placé Keane en onze. Un jour, celui-ci a démoli le Norvégien Alf-Inge Haland. Keane : " J'attendais ça depuis longtemps et je l'ai touché violemment. Je pense que le ballon était dans les parages mais j'ai pensé : ça, c'est pour toi. Ne viens plus jamais te plaindre de pseudo-blessures. "

Il était dur en paroles aussi. Keane a choqué le public de United et a ridiculisé Rio Ferdinand, son coéquipier à United. En 2002, avant le Mondial, il a déclaré que le sélectionneur irlandais Mick McCarthy pouvait se mettre le Mondial " dans le cul ", ajoutant : " Je ne t'aimais déjà pas comme joueur et je ne t'aime pas plus comme sélectionneur. "

EXCUSES PUBLIQUES

Conséquence : la moitié des conférences de presse des Irlandais, faute de stars, porte sur... Roy Keane. S'il accepte de jouer les seconds violons, c'est dû à son passé de manager. Il a entraîné Sunderland et Ipswich, sans succès. Owen : " Keane veut récupérer un peu de crédibilité sous l'aile d'O'Neill. "

Sa langue continue à lui jouer des tours. Avant l'EURO, les Irlandais ont perdu un match amical 1-2 contre la Biélorussie. Avec une équipe B dont il ne restera sans doute que le médian Jeff Hendrick contre la Belgique. O'Neill n'en a pas fait un drame mais Keane bien. Ce soir-là, le médian Aiden McGeady, un des préférés d'O'Neill, n'a pas été très bon.

Keane a déclaré à la presse irlandaise : " Il est capable de faire mieux mais c'est sans doute le résumé de sa carrière. " Owen : " Keane a pris le ton de la plaisanterie mais j'ai vu à ses yeux qu'il pensait ce qu'il disait. " Le monde du football s'est ému de ce jugement, qu'O'Neill a trouvé " un peu dur ", et Keane a été obligé de présenter des excuses publiques.

C'est arrivé à Martin O'Neill la semaine dernière. A l'occasion du départ pour la France, Today FM a organisé un bon voyage to the boys in green. Lieu du rendez-vous : l'Opera House de Cork. Martin O'Neill devait y tenir un discours et il a voulu y glisser un bon mot. Il a parlé du Super Bowl auquel il a assisté aux USA, ajoutant que deux autres membres du staff avaient effectué le voyage, au cas où les gens penseraient que Roy et lui étaient gays. O'Neill : " Au moment où j'ai prononcé ces mots, je me suis rendu compte qu'ils étaient déplacés. "

Le milieu gay était en émoi et le reste de l'Irlande a suivi. O'Neill a dû s'excuser. Voilà résumée la préparation irlandaise à l'EURO. Jamais ennuyeuse, bourrée d'anecdotes à défaut de vraies nouvelles. Les supporters s'en moquent. Ils sont des centaines à avoir rejoint l'Hexagone. Pleins d'espoir. Comme toujours.

Par Peter T'Kint

C'est la première strophe de l'Eire Abu ou Ireland Abu, la chanson de la Green Army, les supporters de l'Irlande. Samedi prochain à Bordeaux, ils seront présents en masse pour le match contre les Diables Rouges, à la grande joie de l'horeca local et des supporters belges, qui vont fraterniser dans les rues de la cité vinicole. Car dans les tournois, l'Irlande est toujours une garantie de fun, de chants et d'une confiance aveugle dans les capacités de son équipe, quelle que soit la renommée de son adversaire. Il y a quatre ans, l'Irlande avait délégué une équipe assez faible à l'EURO mais ça n'avait pas empêché les supporters de rêver d'un exploit. Ils se doutaient bien que battre l'Espagne, championne en titre, c'était viser un peu trop haut mais un nul contre l'Italie devait être possible. Comme une victoire contre la Croatie. La réalité avait été différente : l'Eire avait perdu tous ses matches et le 18 juin, une semaine après le début de son tournoi, elle pouvait déjà quitter la Pologne. Il n'en ira pas autrement cette fois, selon Owen, qui suit l'équipe. Il n'a pas estimé justes les critiques adressées à Giovanni Trapattoni, jugé trop défensif. L'Italien avait insufflé aux Irlandais un sentiment qu'on peut résumer comme " nous sommes difficiles à battre ". Un bémol : même avec Trapattoni, les Irlandais avaient du mal à battre les autres équipes. Ce sentiment a persisté avec son successeur, Martin O'Neill. Owen : " Notre pool de talent n'est pas énorme. Nous devrons toujours nous appuyer sur notre labeur et notre esprit d'équipe. La somme de toutes les qualités individuelles ne suffira jamais. Il faut un extra. La campagne a été désastreuse jusqu'il y a un an. Les prestations étaient mauvaises puis nous avons battu l'Allemagne et fait match nul contre elle. En barrages, nous avons vaincu la Bosnie. Les supporters ont à nouveau le sentiment que la victoire est possible. " Les Irlandais nourrissent donc des attentes élevées, notamment grâce à la nouvelle formule. Leur calcul ? Une victoire suffira peut-être à passer le premier tour. Or, ils pensent avoir cette occasion à chaque match. La Suède n'est pas plus forte, pour autant que l'Irlande parvienne à neutraliser Zlatan Ibrahimovic. Les Italiens ont une moins bonne levée et déplorent plusieurs absents de taille alors que les Belges alignent des noms, surtout aux yeux des Irlandais, qui suivent de près la Premier League. Néanmoins, l'Irlande ne trouve pas la Belgique aussi imprenable que l'Espagne il y a quatre ans. Owen : " Nous avons nos chances dans tous les matches. " KEANE PAS TRÈS CLEANComme celle de la Belgique, la préparation de l'Irlande s'est déroulée dans le doute. O'Neill a eu des problèmes en... défense centrale. John O'Shea a disputé tous les matches de qualification mais a été exclu et a raté les barrages. Son remplaçant, Ciaran Clark, a été bon contre la Bosnie. O'Shea arrive en fin de parcours et est sous pression. Devant, il y a eu la blessure de Jonathan Walters, un des buteurs des qualifications. Owen : " Pour être franc, je vois peu de joueurs qui pourraient avoir une place dans votre équipe, à part nos arrières latéraux. Séamus Coleman est un très bon arrière droit et son pendant à gauche, Robbie Brady, a gagné en importance au fil des qualifications. " Offensif, Brady peut également évoluer un cran plus haut. La préparation des Irlandais s'est déroulée sous le signe de la controverse. A son arrivée, Martin O'Neill, habitué à la vie sous pression d'un entraîneur de club, redoutait de mener une vie monotone. Cette appréhension ne s'est pas réalisée car O'Neill a embauché Roy Keane comme adjoint. Vous savez, Keane, ce bon médian de Manchester United qui a déclaré, un jour, avoir toujours bien écouté Brian Clough, son manager à Forest. Celui-ci lui disait : " Joue simplement. Tout ce que tu dois faire, c'est t'emparer du ballon et le passer à un autre joueur dans un maillot rouge. " Keane a fait carrière comme ça. Alex Ferguson a dit que " c'était un honneur de pouvoir travailler avec un homme comme lui. Il me donnait l'impression de préférer mourir que d'accepter la défaite ". Le numéro six n'a pas toujours joué simplement. Le Times a jadis établi un classement des joueurs les plus durs. Il a placé Keane en onze. Un jour, celui-ci a démoli le Norvégien Alf-Inge Haland. Keane : " J'attendais ça depuis longtemps et je l'ai touché violemment. Je pense que le ballon était dans les parages mais j'ai pensé : ça, c'est pour toi. Ne viens plus jamais te plaindre de pseudo-blessures. " Il était dur en paroles aussi. Keane a choqué le public de United et a ridiculisé Rio Ferdinand, son coéquipier à United. En 2002, avant le Mondial, il a déclaré que le sélectionneur irlandais Mick McCarthy pouvait se mettre le Mondial " dans le cul ", ajoutant : " Je ne t'aimais déjà pas comme joueur et je ne t'aime pas plus comme sélectionneur. " EXCUSES PUBLIQUES Conséquence : la moitié des conférences de presse des Irlandais, faute de stars, porte sur... Roy Keane. S'il accepte de jouer les seconds violons, c'est dû à son passé de manager. Il a entraîné Sunderland et Ipswich, sans succès. Owen : " Keane veut récupérer un peu de crédibilité sous l'aile d'O'Neill. "Sa langue continue à lui jouer des tours. Avant l'EURO, les Irlandais ont perdu un match amical 1-2 contre la Biélorussie. Avec une équipe B dont il ne restera sans doute que le médian Jeff Hendrick contre la Belgique. O'Neill n'en a pas fait un drame mais Keane bien. Ce soir-là, le médian Aiden McGeady, un des préférés d'O'Neill, n'a pas été très bon. Keane a déclaré à la presse irlandaise : " Il est capable de faire mieux mais c'est sans doute le résumé de sa carrière. " Owen : " Keane a pris le ton de la plaisanterie mais j'ai vu à ses yeux qu'il pensait ce qu'il disait. " Le monde du football s'est ému de ce jugement, qu'O'Neill a trouvé " un peu dur ", et Keane a été obligé de présenter des excuses publiques. C'est arrivé à Martin O'Neill la semaine dernière. A l'occasion du départ pour la France, Today FM a organisé un bon voyage to the boys in green. Lieu du rendez-vous : l'Opera House de Cork. Martin O'Neill devait y tenir un discours et il a voulu y glisser un bon mot. Il a parlé du Super Bowl auquel il a assisté aux USA, ajoutant que deux autres membres du staff avaient effectué le voyage, au cas où les gens penseraient que Roy et lui étaient gays. O'Neill : " Au moment où j'ai prononcé ces mots, je me suis rendu compte qu'ils étaient déplacés. " Le milieu gay était en émoi et le reste de l'Irlande a suivi. O'Neill a dû s'excuser. Voilà résumée la préparation irlandaise à l'EURO. Jamais ennuyeuse, bourrée d'anecdotes à défaut de vraies nouvelles. Les supporters s'en moquent. Ils sont des centaines à avoir rejoint l'Hexagone. Pleins d'espoir. Comme toujours. Par Peter T'Kint