Le 22 juin 1986, il régnait une chaleur caniculaire sur Mexico. Pour ce quart de finale du Mondial-1986, le magicien Maradona, qui est mort mercredi à l'âge de 60 ans, a étalé sa palette aux 115.000 spectateurs du Stade Aztèque: un but marqué en dribblant la moitié de l'équipe adverse et un autre "entaché" d'une faute de main.

Et ces buts ont été marqués face à un adversaire bien particulier: l'Angleterre. Car quatre ans plus tôt, l'Argentine avait été défaite militairement par les Britanniques lors la Guerre des Malouines.

Le match Angleterre-Argentine était perçu en Argentine comme une revanche après l'humiliation de 1982. D'autant que le pays savourait le retour à la démocratie après une dictature sanglante (1976-1983).

Dans son livre "Mi Mundial, mi verdad" (Mon mondial, ma vérité, ndlr), Maradona confiait qu'avec ses compagnons de la sélection, il voulait "rendre honneur à la mémoire des morts", des soldats tombés au combat sur le petit archipel de l'Atlantique sud.

"Les Anglais se sont comportés en gentlemen avec nous. Y compris après la victoire, ils sont venus dans le vestiaire pour nous saluer et échanger les maillots", relate l'ancien numéro 10 de la sélection argentine.

"Tac" du poing

La victoire de l'Argentine (2-1) avait pourtant été entachée d'un but marqué de la main... Le chronomètre indiquait la 51e minute. Maradona et Jorge Valdano tentent un une-deux, le ballon contré par un défenseur anglais prend de la hauteur. A la réception dans la surface de réparation, Diego Maradona est à la lutte avec le gardien de but anglais, Peter Shilton.

"C'est venu tout seul, comme sur les terrains de quartier. Je mesure 1,66 m et Shilton 1,85 m, je n'avais aucune chance. Alors, j'ai sauté comme une grenouille et j'ai fait +tac+ avec le poing gauche", se souvenait "El Pibe de Oro".

Le stade a explosé de joie et la main est presque passée inaperçue. Shilton ne l'a pas vue. Seul Terry Fenwick a couru en protestant vers l'arbitre, le Tunisien Ali Bennaceur. "Je n'ai pas vu la main, je le validerais à nouveau", confie l'arbitre.

Maradona est entré dans l'histoire en mettant des mots sur l'action. "Ce but, je l'ai marqué un peu avec la tête et un peu avec la main de Dieu", dira-t-il après la rencontre. Il confie qu'il avait peur que le but soit refusé par l'arbitre.

Un but de rêve

Etait-il touché par la grâce en ce 22 juin ? Quatre minutes plus tard, Maradona signait un chef-d'oeuvre, élu plus beau but de l'histoire de la Coupe du monde.

Parti du milieu du terrain, Maradona efface les Anglais Peter Beardsley, Peter Reid, Terry Butcher à deux reprises, Fenwick et Shilton, avant de glisser, du gauche, le ballon dans le but vide.

"C'est le seul moment de ma carrière où j'ai eu envie de célébrer le but d'un adversaire", a déclaré l'ancien avant-centre d'Everton et de l'Angleterre, Gary Lineker. C'est lui qui a réduit le score à la 81e minute.

"Je sais que je suis plus idolâtré en Ecosse qu'ailleurs pour ce but", plaisante Maradona, en référence à la joie des Ecossais, qui se réjouissent des déconvenues de leurs voisins et rivaux anglais.

Un récit radiophonique, du commentateur sportif Victor Hugo Morales, est resté dans l'histoire.

"Un génie, un génie, un génie, Gooooool... Je veux pleurer. Dieu Saint, vive le football! Golaaazooo! Diegoooool! Maradona, lors d'une action mémorable, la plus belle action de tous les temps... Un cerf-volant cosmique... De quelle planète viens-tu pour laisser sur ton chemin autant d'Anglais... Merci Dieu, pour le football, pour Maradona, pour ces larmes", a-t-il dit en direct.

Cette action exceptionnelle a été retenue comme "Le but du siècle" lors d'un sondage organisé par la Fifa en 2002.

"La main de Dieu" est un sombre souvenir pour les Anglais. Mais ils ne sont jamais à court d'humour: le bar de l'ambassade du Royaume Uni à Buenos Aires a été baptisé au début des années 1990 "Hand of God" et un cliché immortalisant le geste de Maradona orne le lieu.

"De loin le meilleur joueur de ma génération et sans doute le plus grand de tous les temps. Après une vie bénie mais troublée, j'espère qu'il trouvera enfin un peu de réconfort entre les mains de Dieu. #RipDiego", a réagi sur Twitter Gary Lineker.

Le 22 juin 1986, il régnait une chaleur caniculaire sur Mexico. Pour ce quart de finale du Mondial-1986, le magicien Maradona, qui est mort mercredi à l'âge de 60 ans, a étalé sa palette aux 115.000 spectateurs du Stade Aztèque: un but marqué en dribblant la moitié de l'équipe adverse et un autre "entaché" d'une faute de main.Et ces buts ont été marqués face à un adversaire bien particulier: l'Angleterre. Car quatre ans plus tôt, l'Argentine avait été défaite militairement par les Britanniques lors la Guerre des Malouines. Le match Angleterre-Argentine était perçu en Argentine comme une revanche après l'humiliation de 1982. D'autant que le pays savourait le retour à la démocratie après une dictature sanglante (1976-1983).Dans son livre "Mi Mundial, mi verdad" (Mon mondial, ma vérité, ndlr), Maradona confiait qu'avec ses compagnons de la sélection, il voulait "rendre honneur à la mémoire des morts", des soldats tombés au combat sur le petit archipel de l'Atlantique sud."Les Anglais se sont comportés en gentlemen avec nous. Y compris après la victoire, ils sont venus dans le vestiaire pour nous saluer et échanger les maillots", relate l'ancien numéro 10 de la sélection argentine."Tac" du poingLa victoire de l'Argentine (2-1) avait pourtant été entachée d'un but marqué de la main... Le chronomètre indiquait la 51e minute. Maradona et Jorge Valdano tentent un une-deux, le ballon contré par un défenseur anglais prend de la hauteur. A la réception dans la surface de réparation, Diego Maradona est à la lutte avec le gardien de but anglais, Peter Shilton."C'est venu tout seul, comme sur les terrains de quartier. Je mesure 1,66 m et Shilton 1,85 m, je n'avais aucune chance. Alors, j'ai sauté comme une grenouille et j'ai fait +tac+ avec le poing gauche", se souvenait "El Pibe de Oro".Le stade a explosé de joie et la main est presque passée inaperçue. Shilton ne l'a pas vue. Seul Terry Fenwick a couru en protestant vers l'arbitre, le Tunisien Ali Bennaceur. "Je n'ai pas vu la main, je le validerais à nouveau", confie l'arbitre.Maradona est entré dans l'histoire en mettant des mots sur l'action. "Ce but, je l'ai marqué un peu avec la tête et un peu avec la main de Dieu", dira-t-il après la rencontre. Il confie qu'il avait peur que le but soit refusé par l'arbitre.Un but de rêveEtait-il touché par la grâce en ce 22 juin ? Quatre minutes plus tard, Maradona signait un chef-d'oeuvre, élu plus beau but de l'histoire de la Coupe du monde.Parti du milieu du terrain, Maradona efface les Anglais Peter Beardsley, Peter Reid, Terry Butcher à deux reprises, Fenwick et Shilton, avant de glisser, du gauche, le ballon dans le but vide."C'est le seul moment de ma carrière où j'ai eu envie de célébrer le but d'un adversaire", a déclaré l'ancien avant-centre d'Everton et de l'Angleterre, Gary Lineker. C'est lui qui a réduit le score à la 81e minute."Je sais que je suis plus idolâtré en Ecosse qu'ailleurs pour ce but", plaisante Maradona, en référence à la joie des Ecossais, qui se réjouissent des déconvenues de leurs voisins et rivaux anglais.Un récit radiophonique, du commentateur sportif Victor Hugo Morales, est resté dans l'histoire."Un génie, un génie, un génie, Gooooool... Je veux pleurer. Dieu Saint, vive le football! Golaaazooo! Diegoooool! Maradona, lors d'une action mémorable, la plus belle action de tous les temps... Un cerf-volant cosmique... De quelle planète viens-tu pour laisser sur ton chemin autant d'Anglais... Merci Dieu, pour le football, pour Maradona, pour ces larmes", a-t-il dit en direct.Cette action exceptionnelle a été retenue comme "Le but du siècle" lors d'un sondage organisé par la Fifa en 2002."La main de Dieu" est un sombre souvenir pour les Anglais. Mais ils ne sont jamais à court d'humour: le bar de l'ambassade du Royaume Uni à Buenos Aires a été baptisé au début des années 1990 "Hand of God" et un cliché immortalisant le geste de Maradona orne le lieu."De loin le meilleur joueur de ma génération et sans doute le plus grand de tous les temps. Après une vie bénie mais troublée, j'espère qu'il trouvera enfin un peu de réconfort entre les mains de Dieu. #RipDiego", a réagi sur Twitter Gary Lineker.