Les salles de presse des stades ukrainiens sont des endroits où l'on cause... en souriant ou avec peur des mésaventures de chacun. Ici, il y a deux réussites totales : ces stades et les aéroports. Pour le reste, ce n'est que désolation. Malgré tout ce que l'on a pu lire, les gens du pays ne sont pas majoritairement souriants et sympathiques. Mais ce n'est pas un drame. Par contre, l'état des hôtels est un immense souci. J'ai dû quitter le mien (3 étoiles, ça semblait valable sur internet et c'était une des adresses recommandées officiellement par l'UEFA...), à Kharkiv, après une seule nuit. Impossible de rester dans ce qui ressemblait plus à un trou à rats qu'à une chambre de bonne. Un confrère flamand a fait la même chose : l'endroit où il était logé était aussi inhabitable. Un autre journaliste du nord du pays vient de passer sa cinquième nuit dans cette ville et en est à son cinquième point de chute. Marc Degryse, chroniqueur de Sport / Foot Magazine, se sauve du sien dès le lever du jour : il n'a même pas la possibilité d'y prendre un petit-déjeuner. Les journalistes qui disposent d'une connexion internet à l'endroit où ils logent sont des cas isolés. Pierre Deprez (RTBF), arrivé à Kharkiv vendredi pour commenter le match Pays-Bas - Danemark, n'a vu venir sa valise que samedi en début d'après-midi.

Il y a quelques mois, Michel Platini s'était publiquement inquiété de la situation du logement en Ukraine. Il avait traité les hôteliers de bandits. A raison. Mais le président français de l'UEFA aurait pu y réfléchir plus tôt. S'il s'était un peu renseigné sur l'état de ce pays, il n'aurait jamais favorisé sa candidature pour l'organisation de l'EURO. Mais que ne ferait-on pas pour contenter les petits et préparer une réélection ? Son discours sonne faux, comme quand il refuse de prendre une position ferme sur l'emprisonnement de Ioula Tymoschenko, l'opposante au régime en place qui est détenue (et se plaint d'être battue) à quelques kilomètres d'ici. Les droits de l'homme en Ukraine, on sait ce que cela vaut.
Les aspects pratiques et ces droits humains ne sont plus pris en compte quand il faut attribuer l'organisation d'un tournoi de foot - ou de Jeux Olympiques, comme on l'a vu en Chine il y a quatre ans. On jouera la Coupe du Monde 2022 au Qatar où il fait 40 degrés durant l'été. L'aspect sécurité n'est plus une priorité non plus. Il ne s'est rien passé de fâcheux au dernier Mondial en Afrique du Sud, mais ça aurait pu se passer autrement. Ce week-end, des supporters russes ont tabassé des policiers polonais à Wroclaw après la victoire de leur équipe contre la Tchéquie - les Russes recevront la Coupe du Monde dans six ans, mais avant cela, il faudra se farcir le Brésil, autre territoire potentiellement coupe-gorge. Et un fan espagnol a été retrouvé assassiné, ce samedi, dans la région de Donetsk. L'UEFA a l'EURO et les incidents qu'elle mérite.

Pierre Danvoye, envoyé spécial en Ukraine

Les salles de presse des stades ukrainiens sont des endroits où l'on cause... en souriant ou avec peur des mésaventures de chacun. Ici, il y a deux réussites totales : ces stades et les aéroports. Pour le reste, ce n'est que désolation. Malgré tout ce que l'on a pu lire, les gens du pays ne sont pas majoritairement souriants et sympathiques. Mais ce n'est pas un drame. Par contre, l'état des hôtels est un immense souci. J'ai dû quitter le mien (3 étoiles, ça semblait valable sur internet et c'était une des adresses recommandées officiellement par l'UEFA...), à Kharkiv, après une seule nuit. Impossible de rester dans ce qui ressemblait plus à un trou à rats qu'à une chambre de bonne. Un confrère flamand a fait la même chose : l'endroit où il était logé était aussi inhabitable. Un autre journaliste du nord du pays vient de passer sa cinquième nuit dans cette ville et en est à son cinquième point de chute. Marc Degryse, chroniqueur de Sport / Foot Magazine, se sauve du sien dès le lever du jour : il n'a même pas la possibilité d'y prendre un petit-déjeuner. Les journalistes qui disposent d'une connexion internet à l'endroit où ils logent sont des cas isolés. Pierre Deprez (RTBF), arrivé à Kharkiv vendredi pour commenter le match Pays-Bas - Danemark, n'a vu venir sa valise que samedi en début d'après-midi. Il y a quelques mois, Michel Platini s'était publiquement inquiété de la situation du logement en Ukraine. Il avait traité les hôteliers de bandits. A raison. Mais le président français de l'UEFA aurait pu y réfléchir plus tôt. S'il s'était un peu renseigné sur l'état de ce pays, il n'aurait jamais favorisé sa candidature pour l'organisation de l'EURO. Mais que ne ferait-on pas pour contenter les petits et préparer une réélection ? Son discours sonne faux, comme quand il refuse de prendre une position ferme sur l'emprisonnement de Ioula Tymoschenko, l'opposante au régime en place qui est détenue (et se plaint d'être battue) à quelques kilomètres d'ici. Les droits de l'homme en Ukraine, on sait ce que cela vaut. Les aspects pratiques et ces droits humains ne sont plus pris en compte quand il faut attribuer l'organisation d'un tournoi de foot - ou de Jeux Olympiques, comme on l'a vu en Chine il y a quatre ans. On jouera la Coupe du Monde 2022 au Qatar où il fait 40 degrés durant l'été. L'aspect sécurité n'est plus une priorité non plus. Il ne s'est rien passé de fâcheux au dernier Mondial en Afrique du Sud, mais ça aurait pu se passer autrement. Ce week-end, des supporters russes ont tabassé des policiers polonais à Wroclaw après la victoire de leur équipe contre la Tchéquie - les Russes recevront la Coupe du Monde dans six ans, mais avant cela, il faudra se farcir le Brésil, autre territoire potentiellement coupe-gorge. Et un fan espagnol a été retrouvé assassiné, ce samedi, dans la région de Donetsk. L'UEFA a l'EURO et les incidents qu'elle mérite. Pierre Danvoye, envoyé spécial en Ukraine