"Hazard toujours au point mort", a titré dimanche le quotidien sportif madrilène As: entre la déroute à Paris (3-0) lors de la 1re journée de C1 et des apparitions assez discrètes, les premiers pas du petit attaquant ont laissé sur leur faim les supporteurs.

Pourtant, le Real a misé gros sur l'ancien joueur de Chelsea (28 ans), recruté pour plus de 100 M EUR pour devenir la tête d'affiche du second mandat de Zidane sur le banc madrilène.

Pourtant, le peuple merengue espère monts et merveilles du Belge, au point que 40.000 à 50.000 supporteurs se sont massés dans les tribunes du stade Santiago-Bernabéu mi-juin pour l'accueillir en grande pompe, comme un futur "Galactique", ces recrues phares du Real.

"Il y a beaucoup de pression, d'attentes", a résumé Zidane. "On a tous envie de voir Eden, de voir ce qui va se passer."

"Remis à zéro"

Le poids est lourd à porter et Hazard lui-même a appelé les supporters à prendre patience.

"Je ne suis pas un Galactique, pas encore. J'espère le devenir un jour", a-t-il dit lors de sa présentation. "Je ne me considère pas comme un Galactique mais comme un très bon joueur (...) Tout ce que j'ai fait par le passé, ça va être remis à zéro."

Difficile pourtant de faire oublier aux Madrilènes les exploits récents du Belge, demi-finaliste du Mondial-2018 ou encore double buteur avec Chelsea en finale de la Ligue Europa 2019 contre Arsenal (4-1) et élu meilleur joueur de la compétition.

Zidane, qui en avait fait une priorité de son mercato pour reconstruire un Real en fin de cycle, est lui-même sous le charme.

"On voit que c'est un tueur quand il a le ballon. C'est quelqu'un d'agressif avec le ballon, qui va toujours en vertical (dans la profondeur, NDLR). Il va nous faire du bien", a lancé le Français mi-septembre.

Mais l'adaptation du Belge met un peu plus de temps que prévu: la presse espagnole a critiqué son poids au sortir de l'été et l'attaquant a commencé la saison par une blessure à la cuisse gauche qui a tronqué sa préparation.

Zidane y croit

Résultat: seulement quatre matches officiels joués avec sa nouvelle équipe, aucun but, aucune passe décisive.

"Il ne faut pas oublier qu'il a été quatre semaines sans jouer et sans s'entraîner", l'a défendu le gardien Thibaut Courtois, son équipier en club et en sélection. "Il va faire son chemin petit à petit et on verra la meilleure version d'Eden. Il a assez de qualités pour changer les choses."

A son image, le Real n'a pas très bien débuté sa campagne en Ligue des champions: humilié par le PSG, le club aux 13 sacres en C1 a subi sa pire déroute européenne avec Zidane sur le banc.

Mais l'entraîneur français a réussi à redresser la barre en Liga, enchaînant deux victoires probantes contre Séville (1-0) et Osasuna (2-0) et un match nul musclé dans le derby contre l'Atlético (0-0). Reste désormais à rebondir dans le groupe A de la C1 alors que se profile la réception de Bruges, présenté comme l'adversaire le plus abordable de la poule.

De quoi permettre à Hazard de redevenir un "tueur" ? Zidane y croit.

"Il ne lui manque pas grand-chose, il est là, il est présent, il joue, il se donne", a-t-il lancé samedi. "Après, c'est toujours pareil, parce que c'est un joueur offensif, on aimerait qu'il marque un petit but, ça va le libérer totalement. Mais bon, je ne me fais pas de souci sur ça, il est sur le bon chemin."