"Ma décision est prise. " Ces mots d'Eden Hazard, prononcés il y a quelques semaines, laissent penser qu'il partira au Real Madrid l'été prochain. Mais est-ce réellement le cas ? Voilà déjà un petit moment que notre compatriote frappe à la porte de la Maison Blanche, mais le président Florentino Pérez daignera-t-il lui ouvrir ?

Car, si l'homme qui prend toutes les décisions importantes au Real, est charmé par le capitaine de nos Diables Rouges, il n'a jamais caché sa préférence pour Neymar. Une adoration qui peut paraître étrange, vu que les Merengue exigent un mode de vie irréprochable de leurs joueurs. Et ce n'est pas précisément le point fort du Brésilien.

Durant l'été 2017, le transfert de Neymar au PSG a fait l'effet d'une bombe. Mais, les Madrilènes l'ont appris : le déloger du club français ne sera pas une sinécure. On ignore toutes les astuces qui lient Neymar au PSG. Selon certaines sources, il disposerait d'une clause lui permettant de partir pour 215 millions d'euros au terme de sa troisième saison au PSG. Durant l'été 2020, donc.

Mais l'existence d'une telle clause - et d'autres clauses de ce genre - a été démentie en janvier 2018 par Marcos Motta, l'un des avocats de Neymar. La vedette de 27 ans est évidemment liée à son contrat, qui court jusqu'en 2022. S'ajoute à cela le fait qu'il ait signé un accord lucratif avec la Qatar National Bank (QNB) en décembre de l'an passé.

Les propriétaires qataris du PSG aiment utiliser le Brésilien comme égérie de la marque. Neymar possède effectivement 209 millions de suiveurs sur les réseaux sociaux à travers le monde et il partage les mêmes valeurs que QNB, à savoir " la recherche de l'excellence et de grands résultats ", selon le père, Neymar senior.

On ne signe pas un tel accord si on a l'intention de partir. Pourtant, Neymar semble prédestiné à porter, un jour, le maillot immaculé. Si pas cet été, l'été suivant.

Hasta luego

Lorsqu'en avril 2017, notre magazine avait photoshoppé Eden Hazard en couverture dans le maillot du Real Madrid, ce n'était naturellement pas fortuit. A l'époque, nous avions quatre bonnes raisons de penser qu'un transfert était imminent : (1) nous avions appris d'une bonne source espagnole que Hazard avait déjà eu un entretien avec José Angel Sánchez, le directeur général du Real, en novembre 2016 à Bruxelles.

Celui-ci aurait déclaré que le club pensait au Belge comme successeur de Cristiano Ronaldo ; (2) nous savions que Hazard lui-même avait avoué à ses proches qu'il envisageait le Real Madrid comme l'étape suivante de sa carrière ; (3) durant l'été 2017, des élections présidentielles devaient avoir lieu à Madrid. On s'attendait à ce que Pérez, pour renforcer sa candidature, fasse miroiter l'engagement d'un grand nom, comme il l'a toujours fait ; (4) la présence de Zinédine Zidane, qui est fan de Hazard, complétait le puzzle.

Isco, BELGAIMAGE
Isco © BELGAIMAGE

Mais, ce qui était écrit dans les étoiles, ne s'est pas traduit dans la réalité. Pérez a remporté les élections sans attirer un grand nom. Le Real Madrid a remporté la Ligue des Champions avec CR7 dans le rôle principal et Zidane possédait avec Isco et Marco Asensio deux joueurs du même type que Hazard.

Pas de hala Hazard donc, mais un hasta luego, Hazard. A la prochaine. On se reverra. Après sa magnifique Coupe du monde, il fut à nouveau question d'un transfert l'été dernier, à plus forte raison lorsque CR7 annonça son départ pour Turin. Mais... rien ne s'est passé. Un échange Asensio - Hazard a un moment été évoqué, mais le Real Madrid a refusé.

En outre, le Real s'est aussi intéressé à d'autres joueurs, comme Harry Kane et Mo Salah. L'Egyptien a répondu par une prolongation de contrat à Liverpool jusqu'en 2023. L'attaquant des Spurs n'était pas plus excité à l'idée de rejoindre le capitale espagnole. De plus, Tottenham a fait comprendre qu'il ne lâcherait pas son international anglais pour moins de 300 millions d'euros.

Fin de cycle

En comparaison avec ces chiffres, le prix de Hazard est une broutille. L'été dernier, Chelsea a fixé un prix de 160 millions d'euros, mais Pérez le jugeait trop élevé à l'époque. Cela fait un moment, en effet, que le président n'a plus plongé la main profondément dans son portefeuille.

Ainsi, il faut remonter à l'été 2014 pour voir le Real Madrid débourser plus de 50 millions d'euros pour un joueur. James Rodríguez, l'un des joueurs les plus attractifs de la Coupe du monde brésilienne, a coûté 85 millions d'euros. Le contrat de Hazard arrive à échéance en juin 2020 et il ne semble pas vouloir le prolonger. La semaine dernière, Chelsea s'est vu infliger une interdiction de transfert par la FIFA pour les deux prochains mercatos. Les Blues, qui font appel de cette décision, accepteront-ils de laisser partir Hazard ? Et si oui, baisseront-ils suffisamment le montant exigé pour satisfaire Pérez ?

Raúl, BELGAIMAGE
Raúl © BELGAIMAGE

Après avoir remporté la Ligue des Champions quatre fois en cinq ans, avec plus ou moins la même équipe, le noyau a besoin d'être rafraîchi. L'été dernier, l'Inter avait déjà fait les yeux doux à Luka Modric (33 ans) et le club milanais serait toujours intéressé par le Ballon d'Or aujourd'hui.

L'arrière gauche Marcelo (30 ans) a ses plus beaux jours derrière lui, comme on s'en est aperçu lors du match aller de la demi-finale de la Copa del Rey. Lors du duel avec son compatriote Malcom, il a davantage donné l'impression d'être un chanteur de reggae avec un ballon aux pieds qu'un solide défenseur. De plus, le Brésilien a une proposition de la Juventus où il pourrait être réuni avec son ancien coéquipier CR7. Au Real, la succession est assurée : cette saison, le jeune Sergio Reguilón, 22 ans, s'est révélé, et Theo Hernández (21 ans), prêté à la Real Sociedad, peut également entrer en considération pour ce poste.

Le cas Isco

La question qui se pose, c'est cependant de savoir ce qu'il adviendra d' Isco. Le milieu de terrain de 26 ans, originaire de Málaga, dispute déjà sa sixième saison sous le maillot du Real Madrid, mais n'a toujours pas réussi à convaincre. De tous les entraîneurs qui sont passés par Bernabéu depuis 2013, seul Julen Lopetegui croyait réellement en lui et l'a toujours titularisé.

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il jouait si peu, Santiago Solari a répondu : " La tâche d'un footballeur professionnel est de se donner à 100% à chaque entraînement. " Sous la direction du coach argentin, Isco est tout au plus 15e homme. Alors qu'il est, après Sergio Ramos et Gareth Bale, le mieux payé du noyau actuel : il gagne 7 millions d'euros par an.

Les relations entre les deux hommes se seraient brouillées après qu'Isco s'est mis en tête de défier son coach. Lors d'exercices tactiques, il n'en aurait fait qu'à sa tête. Il aurait voulu montrer de quoi il était capable, ce qui aurait fortement irrité Solari. Depuis lors, Isco doit se contenter du banc ou de la tribune.

Son entourage a déjà fait savoir à plusieurs reprises que Manchester City l'accueillerait à bras ouverts. Et, en France, on croit savoir que Paco Alarcón, le père et l'agent d'Isco, aurait déjà discuté avec Nasser Al-Khelaifi d'un éventuel transfert au PSG.

Bale, le mal-aimé

Gareth Bale, qui aura 30 ans en juillet, constitue un autre mystère. Ces dernières saisons, son rendement n'était plus ce qu'il aurait dû être, en partie à cause de blessures musculaires. Et lui aussi s'est retrouvé plus souvent sur le banc qu'il ne l'aurait souhaité. Mais il est quand même resté à Madrid.

Même s'il ne parle toujours pas un mot d'espagnol, sa famille se sent bien dans la capitale. Mais les supporters le prennent de plus en plus souvent en grippe, comme on a encore pu s'en rendre compte lors du match aller de la demi-finale de la Copa del Rey, après qu'il eut loupé une occasion " cinq étoiles " de faire 1-2.

" Savez-vous ce qui est pire qu'un Bale blessé ? Un Bale en pleine forme ! ", plaisantait-on sur les réseaux sociaux. Fin janvier, le capitaine Sergio Ramos a encore posté sur Instagram une photo d'un dîner réunissant tous les joueurs du Real Madrid. Les seuls absents étaient Keylor Navas, Toni Kroos et... Bale.

Depuis longtemps, on sait que le Gallois fait un peu bande à part dans le vestiaire. Son (juteux) contrat court encore jusqu'en juin 2022. La question est de savoir s'il ira jusqu'au bout.

Non aux dictateurs !

" Etre entraîneur c'est une chose, mais être entraîneur du Real Madrid c'est encore autre chose ", a récemment déclaré Jorge Valdano (63 ans). L'Argentin est bien placé pour le savoir, car il s'est lui-même retrouvé à la barre du navire madrilène de 1994 à 1996. Aujourd'hui, il est un chroniqueur et un consultant respecté.

Lorsque Santiago Solari (42 ans), le compatriote de Valdano, a pris la succession de Julen Lopetegui fin octobre, il était considéré comme un intérimaire, même s'il a directement reçu un contrat jusqu'en juin 2021. Entre-temps, Solari a cependant réalisé de meilleurs résultats que ses quatre prédécesseurs (voir encadré).

On a longtemps pensé qu'Antiono Conte succéderait à Lopetegui, mais les exigences qu'il a posées étaient exagérées. Le nom de José Mourinho, à l'époque encore actif à Manchester United, a aussi circulé. Lorsque Thibaut Courtois a entendu parler de ces deux noms, il aurait pâli :

" Je ne peux pas le croire ! Je suis le seul, ici, à avoir travaillé avec Conte et avec Mourinho. Et c'est justement pour ne plus devoir les croiser que j'ai quitté Londres. " Les cadres du vestiaire ne sont pas très enthousiastes non plus à l'idée de travailler avec ce genre de dictateur.

Sergio Ramos l'a encore fait savoir, cette saison, lorqu'il a quitté le terrain après la défaite 5-1 à Barcelone. On lui a tendu le micro en lui demandant s'il était partisan de l'arrivée de Conte. Le capitaine a répondu : " Chacun sait avec quel type d'entraîneur nous avons remporté des trophées importants avec ce club. Ici, le respect se gagne, on ne le reçoit pas d'office. "

Une réponse cinglante à la candidature de l'Italien. C'est un fait : dans l'histoire du Real Madrid, ce sont des figures paternalistes comme Miguel Muñoz, Vicente del Bosque, Carlo Ancelotti et Zinédine Zidane qui ont écrit les plus belles pages, davantage que des personnages égocentriques du style Mourinho.

Solari distant

Solari est, lui aussi, un entraîneur qui fait rarement des vagues. En revanche, il n'est pas vraiment une figure paternaliste : il est plutôt distant. Il donne cependant pleinement leur chance à certains jeunes, comme Vinícius Júnior, Marcos Llorente, Sergio Reguilón ou Lucas Vázquez, et il a lancé d'autres jeunes comme Cristo, Francisco García et Fidalgo.

En agissant de la sorte, il se met en porte-à-faux avec Florentino Pérez. Le président avait espéré qu'après le départ de Ronaldo, quelques valeurs sûres de l'équipe se sentiraient libérées et prendraient le commandement du vaisseau, mais ce n'est pas arrivé, à l'exception de Karim Benzema.

C'est pourquoi Pérez a l'intention de montrer la porte de sortie à certains de ces joueurs, et il compte sur les gamins de la cantera pour sauver la saison. Une tactique qui fonctionne, actuellement.

La question qui se pose, est de savoir si Solari sera toujours aux commandes la saison prochaine. En coulisses, Raúl González et Xabi Alonso se préparent. Les deux anciens joueurs de renommée internationale ont acquis leur diplôme d'entraîneur et travaillent déjà comme coach de jeunes à Valdebebas, le centre d'entraînement du club.

Leur avantage, c'est que leur nom parle plus que celui de Solari, même si celui-ci est en train de rattraper son retard. Le nom d'un autre coach circule également avec insistance : celui de Massimiliano Allegri. Il pourrait être remplacé à la Juventus par Zidane cet été, et serait aussi le candidat n°1 de Ramos et Cie. L'avenir nous apprendra qui a tort et qui a raison, mais une chose est sûre : on travaille déjà à la construction d'un nouveau Real Madrid.

Par Steve Van Herpe

© BELGAIMAGE

Un nouveau stade

" Nous voulons faire du stade Santiago Bernabéu le plus moderne et le plus innovant du XXIe siècle ". Tel est le projet ambitieux de Volkwin Marg, un architecte allemand de 82 ans à la tête du groupe GMP. Ce bureau prestigieux a remporté le concours organisé par Florentino Pérez pour rénover le stade du Real.

Les travaux devraient débuter en avril, deux ans plus tard que prévu. L'ensemble devrait être prêt en 2022. L'objectif est de rehausser le confort des spectateurs et d'entourer l'enceinte d'un écrin en acier, ce qui lui donnerait un aspect futuriste.

Le groupe GMP Architectes n'en est pas à son coup d'essai : il a déjà procédé à la rénovation d'une dizaine de stades qui ont accueilli des matches de Coupe du monde, tant en Allemagne (2006) qu'en Afrique du Sud (2010), au Brésil (2014) et en Russie (2018). Le coût avait été fixé à 400 millions d'euros au départ, mais est déjà monté à 575 millions d'euros.

"Ma décision est prise. " Ces mots d'Eden Hazard, prononcés il y a quelques semaines, laissent penser qu'il partira au Real Madrid l'été prochain. Mais est-ce réellement le cas ? Voilà déjà un petit moment que notre compatriote frappe à la porte de la Maison Blanche, mais le président Florentino Pérez daignera-t-il lui ouvrir ? Car, si l'homme qui prend toutes les décisions importantes au Real, est charmé par le capitaine de nos Diables Rouges, il n'a jamais caché sa préférence pour Neymar. Une adoration qui peut paraître étrange, vu que les Merengue exigent un mode de vie irréprochable de leurs joueurs. Et ce n'est pas précisément le point fort du Brésilien. Durant l'été 2017, le transfert de Neymar au PSG a fait l'effet d'une bombe. Mais, les Madrilènes l'ont appris : le déloger du club français ne sera pas une sinécure. On ignore toutes les astuces qui lient Neymar au PSG. Selon certaines sources, il disposerait d'une clause lui permettant de partir pour 215 millions d'euros au terme de sa troisième saison au PSG. Durant l'été 2020, donc. Mais l'existence d'une telle clause - et d'autres clauses de ce genre - a été démentie en janvier 2018 par Marcos Motta, l'un des avocats de Neymar. La vedette de 27 ans est évidemment liée à son contrat, qui court jusqu'en 2022. S'ajoute à cela le fait qu'il ait signé un accord lucratif avec la Qatar National Bank (QNB) en décembre de l'an passé. Les propriétaires qataris du PSG aiment utiliser le Brésilien comme égérie de la marque. Neymar possède effectivement 209 millions de suiveurs sur les réseaux sociaux à travers le monde et il partage les mêmes valeurs que QNB, à savoir " la recherche de l'excellence et de grands résultats ", selon le père, Neymar senior. On ne signe pas un tel accord si on a l'intention de partir. Pourtant, Neymar semble prédestiné à porter, un jour, le maillot immaculé. Si pas cet été, l'été suivant. Lorsqu'en avril 2017, notre magazine avait photoshoppé Eden Hazard en couverture dans le maillot du Real Madrid, ce n'était naturellement pas fortuit. A l'époque, nous avions quatre bonnes raisons de penser qu'un transfert était imminent : (1) nous avions appris d'une bonne source espagnole que Hazard avait déjà eu un entretien avec José Angel Sánchez, le directeur général du Real, en novembre 2016 à Bruxelles. Celui-ci aurait déclaré que le club pensait au Belge comme successeur de Cristiano Ronaldo ; (2) nous savions que Hazard lui-même avait avoué à ses proches qu'il envisageait le Real Madrid comme l'étape suivante de sa carrière ; (3) durant l'été 2017, des élections présidentielles devaient avoir lieu à Madrid. On s'attendait à ce que Pérez, pour renforcer sa candidature, fasse miroiter l'engagement d'un grand nom, comme il l'a toujours fait ; (4) la présence de Zinédine Zidane, qui est fan de Hazard, complétait le puzzle. Mais, ce qui était écrit dans les étoiles, ne s'est pas traduit dans la réalité. Pérez a remporté les élections sans attirer un grand nom. Le Real Madrid a remporté la Ligue des Champions avec CR7 dans le rôle principal et Zidane possédait avec Isco et Marco Asensio deux joueurs du même type que Hazard. Pas de hala Hazard donc, mais un hasta luego, Hazard. A la prochaine. On se reverra. Après sa magnifique Coupe du monde, il fut à nouveau question d'un transfert l'été dernier, à plus forte raison lorsque CR7 annonça son départ pour Turin. Mais... rien ne s'est passé. Un échange Asensio - Hazard a un moment été évoqué, mais le Real Madrid a refusé. En outre, le Real s'est aussi intéressé à d'autres joueurs, comme Harry Kane et Mo Salah. L'Egyptien a répondu par une prolongation de contrat à Liverpool jusqu'en 2023. L'attaquant des Spurs n'était pas plus excité à l'idée de rejoindre le capitale espagnole. De plus, Tottenham a fait comprendre qu'il ne lâcherait pas son international anglais pour moins de 300 millions d'euros. En comparaison avec ces chiffres, le prix de Hazard est une broutille. L'été dernier, Chelsea a fixé un prix de 160 millions d'euros, mais Pérez le jugeait trop élevé à l'époque. Cela fait un moment, en effet, que le président n'a plus plongé la main profondément dans son portefeuille. Ainsi, il faut remonter à l'été 2014 pour voir le Real Madrid débourser plus de 50 millions d'euros pour un joueur. James Rodríguez, l'un des joueurs les plus attractifs de la Coupe du monde brésilienne, a coûté 85 millions d'euros. Le contrat de Hazard arrive à échéance en juin 2020 et il ne semble pas vouloir le prolonger. La semaine dernière, Chelsea s'est vu infliger une interdiction de transfert par la FIFA pour les deux prochains mercatos. Les Blues, qui font appel de cette décision, accepteront-ils de laisser partir Hazard ? Et si oui, baisseront-ils suffisamment le montant exigé pour satisfaire Pérez ? Après avoir remporté la Ligue des Champions quatre fois en cinq ans, avec plus ou moins la même équipe, le noyau a besoin d'être rafraîchi. L'été dernier, l'Inter avait déjà fait les yeux doux à Luka Modric (33 ans) et le club milanais serait toujours intéressé par le Ballon d'Or aujourd'hui. L'arrière gauche Marcelo (30 ans) a ses plus beaux jours derrière lui, comme on s'en est aperçu lors du match aller de la demi-finale de la Copa del Rey. Lors du duel avec son compatriote Malcom, il a davantage donné l'impression d'être un chanteur de reggae avec un ballon aux pieds qu'un solide défenseur. De plus, le Brésilien a une proposition de la Juventus où il pourrait être réuni avec son ancien coéquipier CR7. Au Real, la succession est assurée : cette saison, le jeune Sergio Reguilón, 22 ans, s'est révélé, et Theo Hernández (21 ans), prêté à la Real Sociedad, peut également entrer en considération pour ce poste. La question qui se pose, c'est cependant de savoir ce qu'il adviendra d' Isco. Le milieu de terrain de 26 ans, originaire de Málaga, dispute déjà sa sixième saison sous le maillot du Real Madrid, mais n'a toujours pas réussi à convaincre. De tous les entraîneurs qui sont passés par Bernabéu depuis 2013, seul Julen Lopetegui croyait réellement en lui et l'a toujours titularisé. Lorsqu'on lui a demandé pourquoi il jouait si peu, Santiago Solari a répondu : " La tâche d'un footballeur professionnel est de se donner à 100% à chaque entraînement. " Sous la direction du coach argentin, Isco est tout au plus 15e homme. Alors qu'il est, après Sergio Ramos et Gareth Bale, le mieux payé du noyau actuel : il gagne 7 millions d'euros par an. Les relations entre les deux hommes se seraient brouillées après qu'Isco s'est mis en tête de défier son coach. Lors d'exercices tactiques, il n'en aurait fait qu'à sa tête. Il aurait voulu montrer de quoi il était capable, ce qui aurait fortement irrité Solari. Depuis lors, Isco doit se contenter du banc ou de la tribune. Son entourage a déjà fait savoir à plusieurs reprises que Manchester City l'accueillerait à bras ouverts. Et, en France, on croit savoir que Paco Alarcón, le père et l'agent d'Isco, aurait déjà discuté avec Nasser Al-Khelaifi d'un éventuel transfert au PSG. Gareth Bale, qui aura 30 ans en juillet, constitue un autre mystère. Ces dernières saisons, son rendement n'était plus ce qu'il aurait dû être, en partie à cause de blessures musculaires. Et lui aussi s'est retrouvé plus souvent sur le banc qu'il ne l'aurait souhaité. Mais il est quand même resté à Madrid. Même s'il ne parle toujours pas un mot d'espagnol, sa famille se sent bien dans la capitale. Mais les supporters le prennent de plus en plus souvent en grippe, comme on a encore pu s'en rendre compte lors du match aller de la demi-finale de la Copa del Rey, après qu'il eut loupé une occasion " cinq étoiles " de faire 1-2. " Savez-vous ce qui est pire qu'un Bale blessé ? Un Bale en pleine forme ! ", plaisantait-on sur les réseaux sociaux. Fin janvier, le capitaine Sergio Ramos a encore posté sur Instagram une photo d'un dîner réunissant tous les joueurs du Real Madrid. Les seuls absents étaient Keylor Navas, Toni Kroos et... Bale. Depuis longtemps, on sait que le Gallois fait un peu bande à part dans le vestiaire. Son (juteux) contrat court encore jusqu'en juin 2022. La question est de savoir s'il ira jusqu'au bout. " Etre entraîneur c'est une chose, mais être entraîneur du Real Madrid c'est encore autre chose ", a récemment déclaré Jorge Valdano (63 ans). L'Argentin est bien placé pour le savoir, car il s'est lui-même retrouvé à la barre du navire madrilène de 1994 à 1996. Aujourd'hui, il est un chroniqueur et un consultant respecté. Lorsque Santiago Solari (42 ans), le compatriote de Valdano, a pris la succession de Julen Lopetegui fin octobre, il était considéré comme un intérimaire, même s'il a directement reçu un contrat jusqu'en juin 2021. Entre-temps, Solari a cependant réalisé de meilleurs résultats que ses quatre prédécesseurs (voir encadré). On a longtemps pensé qu'Antiono Conte succéderait à Lopetegui, mais les exigences qu'il a posées étaient exagérées. Le nom de José Mourinho, à l'époque encore actif à Manchester United, a aussi circulé. Lorsque Thibaut Courtois a entendu parler de ces deux noms, il aurait pâli : " Je ne peux pas le croire ! Je suis le seul, ici, à avoir travaillé avec Conte et avec Mourinho. Et c'est justement pour ne plus devoir les croiser que j'ai quitté Londres. " Les cadres du vestiaire ne sont pas très enthousiastes non plus à l'idée de travailler avec ce genre de dictateur. Sergio Ramos l'a encore fait savoir, cette saison, lorqu'il a quitté le terrain après la défaite 5-1 à Barcelone. On lui a tendu le micro en lui demandant s'il était partisan de l'arrivée de Conte. Le capitaine a répondu : " Chacun sait avec quel type d'entraîneur nous avons remporté des trophées importants avec ce club. Ici, le respect se gagne, on ne le reçoit pas d'office. " Une réponse cinglante à la candidature de l'Italien. C'est un fait : dans l'histoire du Real Madrid, ce sont des figures paternalistes comme Miguel Muñoz, Vicente del Bosque, Carlo Ancelotti et Zinédine Zidane qui ont écrit les plus belles pages, davantage que des personnages égocentriques du style Mourinho. Solari est, lui aussi, un entraîneur qui fait rarement des vagues. En revanche, il n'est pas vraiment une figure paternaliste : il est plutôt distant. Il donne cependant pleinement leur chance à certains jeunes, comme Vinícius Júnior, Marcos Llorente, Sergio Reguilón ou Lucas Vázquez, et il a lancé d'autres jeunes comme Cristo, Francisco García et Fidalgo. En agissant de la sorte, il se met en porte-à-faux avec Florentino Pérez. Le président avait espéré qu'après le départ de Ronaldo, quelques valeurs sûres de l'équipe se sentiraient libérées et prendraient le commandement du vaisseau, mais ce n'est pas arrivé, à l'exception de Karim Benzema. C'est pourquoi Pérez a l'intention de montrer la porte de sortie à certains de ces joueurs, et il compte sur les gamins de la cantera pour sauver la saison. Une tactique qui fonctionne, actuellement. La question qui se pose, est de savoir si Solari sera toujours aux commandes la saison prochaine. En coulisses, Raúl González et Xabi Alonso se préparent. Les deux anciens joueurs de renommée internationale ont acquis leur diplôme d'entraîneur et travaillent déjà comme coach de jeunes à Valdebebas, le centre d'entraînement du club. Leur avantage, c'est que leur nom parle plus que celui de Solari, même si celui-ci est en train de rattraper son retard. Le nom d'un autre coach circule également avec insistance : celui de Massimiliano Allegri. Il pourrait être remplacé à la Juventus par Zidane cet été, et serait aussi le candidat n°1 de Ramos et Cie. L'avenir nous apprendra qui a tort et qui a raison, mais une chose est sûre : on travaille déjà à la construction d'un nouveau Real Madrid. Par Steve Van Herpe