Peu importe finalement qu'il soit encore incertain - car diminué - pour débuter la rencontre, mercredi à Liverpool.

Car avec trois tirs et trois buts, à 19 ans et 58 jours seulement, Haaland a déjà marqué les esprits lors de la facile victoire (6-2) du club autrichien contre les Belges de Genk le 17 septembre. Cela fait de lui le troisième plus jeune auteur d'un triplé en Ligue des champions.

"Il va devenir l'un des meilleurs attaquants au monde", avait alors lâché son coéquipier Maximilian Wöber à propos de Haaland, élu joueur de la semaine par l'UEFA pour ses débuts dans la compétition. "Il est tout simplement phénoménal".

Visage taillé à la serpe, tignasse blonde jetée sur le côté, le prodige norvégien n'a pas de complexes.

Son joueur préféré? "Je dois dire que c'est moi", a-t-il répondu, un large sourire aux lèvres, à la chaîne TV2. Avant de rectifier --légèrement-- le tir: "Zlatan Ibrahimovic est le plus grand. Il est scandinave, et il faut bien quelqu'un pour lui succéder"...

Du haut de son 1,94 mètre, Haaland a de quoi être sûr de lui. Depuis le début de saison avec Salzbourg --qu'il a rejoint en janvier--, il a marqué 17 fois en dix rencontres, toutes compétitions confondues.

En mai, pendant la Coupe du monde des moins de 20 ans, il a aussi inscrit un record de neuf buts en un seul match lors de l'humiliation du Honduras par la Norvège (12-0).

Prochain arrêt: Manchester United ?

De quoi lui gagner une place chez les A (deux sélections) et raviver l'intérêt des grands clubs. Le FC Barcelone et Manchester United notamment l'auraient sur leur écran radar.

Chez les Red Devils, Haaland retrouverait un entraîneur qui lui est familier, Ole Gunnar Solskjaer. C'est lui qui l'a coaché lors de ses débuts en 1ère division norvégienne avec Molde, où Haaland a joué en 2017 et 2018 après avoir fait ses premières armes dans le petit club de Bryne.

"Il a eu un gros impact sur ma vie", a reconnu l'attaquant auprès de TV2 au sujet de son compatriote et aîné. "Il est l'une des raisons pour lesquelles je suis ici aujourd'hui. C'est une bonne personne et un bon entraîneur".

Et, comme si l'appel du pied n'était pas assez évident, d'ajouter: "Toute ma vie, j'ai rêvé de jouer pour un des meilleurs clubs au monde, et j'aime particulièrement le football anglais".

Son père Alf-Inge a lui-même joué à Nottingham Forest, Leeds --où Erling est né-- et Manchester City, avant qu'un très vilain tacle de Roy Keane ne mette un terme à sa carrière en 2001 lors d'un derby contre Man U.

Même s'il a un jour déclaré "je n'aime vraiment pas United et je ne peux pas supporter ses joueurs", Alf-Inge Haaland se dit aujourd'hui ouvert à l'idée de voir le fiston évoluer sous les couleurs de ses anciens ennemis jurés.

Solskjaer, de son côté, ne cache pas qu'il garde un oeil sur son ancien protégé. "C'est formidable de le regarder et je pense que tout le monde en Norvège est excité par son développement", a-t-il dit après la leçon infligée à Genk.

Pour se faire un nom, Erling a en tout cas choisi de changer le sien: le patronyme initial "Håland", très scandinave, est devenu "Haaland", histoire de faciliter la tâche aux médias, aux fans et... aux clubs internationaux.