Durant sa deuxième saison en Angleterre, Pep Guardiola est bien parti pour pulvériser tous les records. City a réussi un parcours parfait pour remporter son troisième titre en sept ans. Il n'a commis que deux faux-pas en championnat - le premier à Liverpool, déjà, et puis lors du derby - et autant en Europe, quand il pouvait se permettre de se relâcher : à Donetsk, lors du dernier match de poule, et contre Bâle, alors qu'il était déjà qualifié pour le prochain tour.
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Durant sa deuxième saison en Angleterre, Pep Guardiola est bien parti pour pulvériser tous les records. City a réussi un parcours parfait pour remporter son troisième titre en sept ans. Il n'a commis que deux faux-pas en championnat - le premier à Liverpool, déjà, et puis lors du derby - et autant en Europe, quand il pouvait se permettre de se relâcher : à Donetsk, lors du dernier match de poule, et contre Bâle, alors qu'il était déjà qualifié pour le prochain tour. City n'a vraiment sombré que par deux fois, face aux Reds. Et sans doute n'est-ce pas le fruit du hasard. Car tout entraîneur finit par être confronté à quelqu'un qui ne lui réussit pas. C'est Jürgen Klopp dans le cas de Guardiola. Les deux hommes se sont affrontés pour la 14e fois. Klopp a gagné sept des treize confrontations précédentes (en Allemagne compris) et a concédé un nul. À titre de comparaison : José Mourinho, qui a un passé ibérique commun avec Guardiola, n'a gagné que cinq de leurs 21 matches jusqu'à samedi... Guardiola n'a plus disputé de finale de LC depuis qu'il a quitté le Barça en 2012. En revanche, il a enlevé trois titres avec le Bayern et un autre lui est promis sous peu en Angleterre. L'année passée, il s'est heurté à un Chelsea inaccessible mais cette saison, City a survolé tout le championnat. Logique, quand on investit 300 millions, essentiellement en défense (pour Laporte, Mendy, Ederson, Walker et Danilo) ? Oui et non. Car les autres ont investi aussi. Le trio de Liverpool qui s'est distingué la semaine passée, ( Van Dijk, Oxlade-Chamberlain et Salah), a coûté 160 millions aux Reds tandis que Mourinho a aussi dépensé plus de 300 millions à United en deux ans, notamment pour les transferts de Pogba, Lukaku et Sanchez. Il a gagné une League Cup, comme Pep, et l'Europa League. Guardiola, de son côté, est en passe d'être sacré champion d'Angleterre. Après deux ans de travail aussi, il semble plus avancé avec City que Mourinho avec United. Est-ce simplement le plus riche qui gagne ? Pas vraiment. Comme le PSG et Barcelone, City peut compter sur un riche mécène mais il n'est pas le club le plus riche d'Angleterre. C'est United, qui génère 28 % de rentrées supplémentaires. En ce sens, gagner le titre en Angleterre est plus difficile qu'en Allemagne, où le Bayern émerge de la tête et des épaules, y compris sur le plan financier. La phalange bavaroise encaisse 77 % de rentrées de plus que le Borussia Dortmund, l'ex-club de Klopp, ce qui donne encore plus d'éclat à ses succès contre Guardiola. Barcelone est moins riche que le Real mais beaucoup plus que le numéro trois, l'Atlético, qui peut toutefois réduire l'écart grâce à son nouveau stade. Du temps de Pep, les revenus de l'Atlético étaient inférieurs de 138 % à ceux des deux grands. Pep entraîne les meilleures équipes mais remporter le titre anglais est sans nul doute sa mission la plus ardue. Financièrement, la Premier League est beaucoup plus équilibrée que les autres championnats européens. Elle délègue cinq clubs dans le top neuf de la Football Money League de Deloitte et Tottenham (11e) talonne la Juventus, alors que le nouveau White Hart Lane est presque prêt. Il ne faut pas s'étonner qu'en début de saison, on n'ignore que l'identité du futur champion d'Angleterre. L'Espagne a deux prétendants, la France, l'Allemagne et même l'Italie ne connaissent pas de suspense alors qu'en six ans, l'Angleterre a connu quatre champions différents : Chelsea (deux), Leicester City, Man. City (un et un deuxième en prévision) et Man. United. Il est possible mais pas certain que City domine les prochaines années car l'élite s'agrandit, Tottenham progressant beaucoup. La qualité de la performance de City ressort des chiffres qui suivent. Si l'équipe a dû s'adapter à son coach et celui-ci à l'Angleterre la première année, cette saison, City présente des statistiques à la Guardiola. La saison passée, City délivrait en moyenne 598 passes par match, contre plus de 700 cette année. La possession moyenne : 71 %. À titre de comparaison, le Barça de Guardiola en 2011, lors de son dernier titre, était à 72,8 %. Le nombre de tacles défensifs et de buts encaissés a fortement baissé. City a terminé la saison précédente en troisième place avec 39 buts contre en 38 matches, soit plus d'un par match. Un chiffre horrible pour l'Espagnol.