"Il y aura des jours meilleurs, d'autres moins bons, parce que je viens d'arriver", lançait mi-octobre la recrue phare du Barça après une grosse performance contre Eibar (3-0). Depuis, il y a surtout eu des jours mitigés en Catalogne, pour lui comme son club, toujours dans l'attente d'un déclic du nouveau trio "GSM" (Griezmann-Suarez-Messi).

En Bleu au contraire, la situation est au beau fixe: au centre d'entraînement de Clairefontaine, où se rassemblent les Français, on a retrouvé par trois fois cette saison le même "Grizou" chambreur, boute-en-train et constamment souriant de la Coupe du monde en Russie. "Egal à lui-même, toujours joyeux et jovial", selon son gardien Steve Mandanda.

La trêve internationale, parenthèse enchantée au coeur d'une saison un peu morose ? "Quand il est à Barcelone, il est très heureux aussi", rétorque son coéquipier dans les deux équipes Clément Lenglet. "Il a le sourire au quotidien, c'est quelqu'un de bon vivant sur et en dehors du terrain".

"Griezmann doit s'habituer"

Les chiffres traduisent pourtant un écart réel entre les performances de Griezmann en blaugrana et en bleu.

En quatre matches internationaux seulement cette saison, il a déjà effectué autant de passes décisives qu'en quinze apparitions barcelonaises (trois). Et en sélection, il reste sur une série autrement plus réjouissante qu'en club: lors des huit derniers matches où la France a marqué, il a été décisif (sept passes décisives, un penalty provoqué et marqué par Olivier Giroud).

"Forcément, il a ses repères ici", explique Lenglet. "Il joue comme deuxième attaquant (...) donc c'est peut-être un peu plus facile pour lui de se procurer des occasions" qu'au poste plus excentré auquel il évolue dans son nouveau club.

Difficile en effet pour l'ancien joueur de l'Atlético Madrid de s'intégrer à la forte concurrence du Barça, à une paire Suarez-Messi si complice, à un jeu de passes unique en son genre.

"Il provient d'une équipe avec un autre style, où on lui demandait d'aller beaucoup dans l'espace", analysait récemment l'entraîneur barcelonais Ernesto Valverde. "Nous, on construit plus nos actions, le timing est différent. (...) Les joueurs doivent s'habituer au jeu de Griezmann, et Griezmann doit s'habituer à trouver le bon moment pour faire ce qu'il fait."

"Pas choisi la simplicité"

Le sélectionneur Didier Deschamps, qui en a fait son homme de base depuis septembre, en l'absence de cadres comme Paul Pogba et N'Golo Kanté (ou Hugo Lloris en octobre) et de la star Kylian Mbappé, refuse de s'alarmer au sujet de son joueur titularisé 24 fois de suite en Bleu, série en cours.

"Il y est (à Barcelone) car il a le talent et la qualité (...) Cela ne se fait pas du jour au lendemain", assure le patron des champions du monde. "Il n'a pas choisi la simplicité, la facilité, il se remet en question (...) Mais son état d'esprit et sa qualité font que même en étant moins bien il est toujours là dans un collectif".

"DD" doit tout de même espérer une chose au fond de lui: que Griezmann mette fin à sa relative disette d'efficacité chez les Bleus.

En effet, le Barcelonais n'a pas marqué lors des six derniers rendez-vous internationaux, son plus gros trou d'air depuis quatre ans en sélection. Difficile de corréler cette situation à celle qu'il vit en club - où il a marqué quatre fois depuis août - mais le fait de rater deux penalties de suite en septembre, contre l'Albanie et Andorre, n'a pas dû booster sa confiance.

Contre la Moldavie jeudi, et en Albanie dimanche pour la fin des qualifications à l'Euro-2020, l'occasion est belle pour que "Grizou" retrouve ses standards. Et retourne en Catalogne avec le plein d'oxygène.