On imagine que tu as rejoint Samara pour l'argent ?

Non, ce n'était pas la priorité. Le problème principal était que Roland Duchâtelet avait accepté l'offre de Samara avant même que je ne signe.

Tu étais alors obligé de partir en Russie ?

Non, on n'est jamais obligé. Mais avec ce que j'avais vécu précédemment, j'ai très vite compris qu'il ne servait à rien de rentrer en conflit avec lui.

Comment perçois-tu Roland Duchâtelet ?

Il ne comprend rien au foot mais ça ne l'empêche pas de s'immiscer au niveau sportif. Un simple exemple, particulièrement édifiant : lors du match contre Anderlecht à Sclessin sous Ron Jans (ndrl, match remporté 2-1), Duchâtelet était entré dans le vestiaire quelques minutes avant le début du match pour nous expliquer comment effectuer des rentrées en touche...

Des rentrées en touche ?!

Oui. Il effectuait le geste au milieu de tout le monde et criait : -Il faut donner de l'impulsion, être rapide. Au moment où il part dans son " explication ", je regarde le coach, je regarde Poco et je me mets à taper des mains et je crie : -Allez les gars, bon match. Il fallait arrêter cette mascarade, il racontait vraiment n'importe quoi.

Il a souvent fait ça ?

Les speechs qu'il adressait aux joueurs n'avaient souvent rien à voir avec le foot. On se demandait tous pourquoi il disait ça, à ce moment-là.

C'est-à-dire ?

Il te croise dans le couloir et te dit subitement que " Ron Jans fait partie des 10 meilleurs entraîneurs européens ". J'imagine que c'était pour conforter le choix qu'il venait de faire à l'époque... Dès sa première année comme président du Standard, j'avais compris que ça n'allait pas fonctionner. J'essayais de l'éviter mais ça n'a pas toujours été possible. Vers le début juin 2012, je me rappelle être passé dire bonjour au personnel de la billetterie avec qui j'avais travaillé lors de mon stage en comptabilité et avec qui j'ai toujours entretenu de très bons rapports. Je tombe sur lui dans les couloirs et il me dit : -J'ai quelque chose de très bien pour toi. Je m'interroge et il poursuit : -Je sais que tu as été champion deux fois, que tu as joué la Ligue des Champions et j'ai un club qui te veut.... Viktoria Plzen. Il y a un blanc pendant 30 secondes. Il enchaîne en me demandant. -Ça ne t'intéresse pas ? Je lui réponds : -Regardez dans la presse, les noms des clubs qui envoient des recruteurs lors des matches du Standard. Et allez voir sur le site de Plzen, les noms des clubs qui se déplacent là-bas et vous comprendrez que je préfère rester au Standard. Mais je savais dès cet instant que je n'avais plus d'avenir au club.

Par Thomas Bricmont

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Réginal Goreux dans votre Sport/Foot Magazine

On imagine que tu as rejoint Samara pour l'argent ?Non, ce n'était pas la priorité. Le problème principal était que Roland Duchâtelet avait accepté l'offre de Samara avant même que je ne signe.Tu étais alors obligé de partir en Russie ?Non, on n'est jamais obligé. Mais avec ce que j'avais vécu précédemment, j'ai très vite compris qu'il ne servait à rien de rentrer en conflit avec lui.Comment perçois-tu Roland Duchâtelet ?Il ne comprend rien au foot mais ça ne l'empêche pas de s'immiscer au niveau sportif. Un simple exemple, particulièrement édifiant : lors du match contre Anderlecht à Sclessin sous Ron Jans (ndrl, match remporté 2-1), Duchâtelet était entré dans le vestiaire quelques minutes avant le début du match pour nous expliquer comment effectuer des rentrées en touche...Des rentrées en touche ?!Oui. Il effectuait le geste au milieu de tout le monde et criait : -Il faut donner de l'impulsion, être rapide. Au moment où il part dans son " explication ", je regarde le coach, je regarde Poco et je me mets à taper des mains et je crie : -Allez les gars, bon match. Il fallait arrêter cette mascarade, il racontait vraiment n'importe quoi.Il a souvent fait ça ?Les speechs qu'il adressait aux joueurs n'avaient souvent rien à voir avec le foot. On se demandait tous pourquoi il disait ça, à ce moment-là.C'est-à-dire ?Il te croise dans le couloir et te dit subitement que " Ron Jans fait partie des 10 meilleurs entraîneurs européens ". J'imagine que c'était pour conforter le choix qu'il venait de faire à l'époque... Dès sa première année comme président du Standard, j'avais compris que ça n'allait pas fonctionner. J'essayais de l'éviter mais ça n'a pas toujours été possible. Vers le début juin 2012, je me rappelle être passé dire bonjour au personnel de la billetterie avec qui j'avais travaillé lors de mon stage en comptabilité et avec qui j'ai toujours entretenu de très bons rapports. Je tombe sur lui dans les couloirs et il me dit : -J'ai quelque chose de très bien pour toi. Je m'interroge et il poursuit : -Je sais que tu as été champion deux fois, que tu as joué la Ligue des Champions et j'ai un club qui te veut.... Viktoria Plzen. Il y a un blanc pendant 30 secondes. Il enchaîne en me demandant. -Ça ne t'intéresse pas ? Je lui réponds : -Regardez dans la presse, les noms des clubs qui envoient des recruteurs lors des matches du Standard. Et allez voir sur le site de Plzen, les noms des clubs qui se déplacent là-bas et vous comprendrez que je préfère rester au Standard. Mais je savais dès cet instant que je n'avais plus d'avenir au club.Par Thomas BricmontRetrouvez l'intégralité de l'interview de Réginal Goreux dans votre Sport/Foot Magazine