En Allemagne, son nom était synonyme de personnage extravagant. Toujours affublé d'un cigare, il aimait être entouré de belles femmes. Rudolf Assauer était une proie facile pour les journaux à sensation et il n'hésitait jamais à utiliser les médias pour lancer quelques phrases assassines. On disait de lui qu'il était un macho au grand coeur. De 2000 à 2009, il a entretenu une relation intime avec l'actrice Simone Thomalla, vingt ans plus jeune que lui.

Ex-défenseur intransigeant, il avait été joueur professionnel. De 1964 à 1970, il avait porté le maillot du Borussia Dortmund, club dont il a été membre jusqu'à sa mort. Mais Assauer a également disputé 119 matches de Bundesliga pour le rival, Schalke 04, avec qui il a remporté la Coupe d'Allemagne en 1965 et la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe l'année suivante face à Liverpool. Au cours des six saisons suivantes, il a porté le maillot du Werder Brême avant de se lancer dans le management de club.

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Le règne d'Assauer à Gelsenkirchen a débuté le 15 mai 1981. Sa première période a toutefois pris fin en 1986, de manière abrupte. Après un passage par Oldenburg, le hooligan en cachemire, comme l'appelait l'ex-président de la fédération allemande, Michael Meier, est ensuite revenu chez les Königsblauen. Avec l'entraîneur hollandais Huub Stevens, Assauer a fait venir nos compatriotes Marc Wilmots, Michaël Goossens, Nico Van Kerckhoven, Emile Mpenza et Sven Vermant.

En 1997, Schalke a remporté la Coupe UEFA au terme d'un double duel face à l'Inter (1-4 aux tirs au but après que les deux matches s'étaient terminés sur le score de 1-0). Wilmots, le Kampfschwein, a joué un rôle très important lors de ces deux confrontations. Assauer a également été impliqué dans la construction de la Veltins Arena.

Il a démissionné en 2006 suite à un conflit avec la direction et à la fuite d'informations concernant des difficultés financières. En février 2009, il est devenu agent de joueurs mais le 31 janvier 2012, il a révélé qu'il souffrait de la maladie d'Alzheimer. Lors du match de coupe face au Fortuna Düsseldorf (4-1 pour Schalke), le public a scandé son nom à chaque but. " Rudi a permis à Schalke d'entrer dans l'ère du football moderne ", Clemens Tönnies, président du conseil de direction. " Un bon match de football suffisait à son bonheur. "