L'annonce a eu l'effet d'une bombe dans le microcosme footballistique français. Alors que le LOSC caracolait en tête du championnat, de gros changements se préparaient en coulisses. Le désormais ancien propriétaire et président Gérard Lopez, en proie à des difficultés financières l'empêchant de rembourser ses dettes auprès du fonds d'investissement américain Elliott Management, devait transmettre le flambeau.
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L'annonce a eu l'effet d'une bombe dans le microcosme footballistique français. Alors que le LOSC caracolait en tête du championnat, de gros changements se préparaient en coulisses. Le désormais ancien propriétaire et président Gérard Lopez, en proie à des difficultés financières l'empêchant de rembourser ses dettes auprès du fonds d'investissement américain Elliott Management, devait transmettre le flambeau. À la réception, le fonds d'investissement Merlyn Partners. Dès leur arrivée, les Luxembourgeois ont pris la décision de confier les rênes du club à Olivier Létang, ancien joueur de Reims, et passé par les bureaux des Rémois (directeur général), du PSG (directeur sportif) et du Stade rennais (président). Le Manceau est encore jeune, 48 ans, mais possède déjà une solide expérience de dirigeant. Comptable puis directeur administratif et financier du Stade de Reims alors qu'il foulait encore les pelouses, il a très vite su que son avenir se ferait dans les bureaux. Partout où il est passé, les résultats ont suivi. Une montée en Ligue 1 avec son club de coeur, de nombreux titres avec le PSG et un premier trophée en 33 ans à Rennes. Rien que ça. Au LOSC, le premier objectif de Létang sera d'acquérir une certaine stabilité financière pour rassurer la DNCG (Direction nationale du contrôle de gestion) et éviter ainsi la cessation de paiement qui pendait au nez des Dogues. Pour ce faire, Merlyn Partners a renfloué la trésorerie en injectant entre quarante et cinquante millions d'euros. Mais le nouveau président ne cache pas pour autant ses ambitions sportives. "On a comme objectif d'être très performants sportivement, mais avec une manière de fonctionner différente de celle de Gérard Lopez", a-t-il confié lors de sa présentation. Car le modèle de trading utilisé par Lopez était particulier. L'objectif de l'homme d'affaires était clair: dénicher des bons joueurs en fin de contrat ou investir sur des jeunes joueurs (comme Victor Osimhen ou Jonathan David) et les revendre plus cher. Au bout de quelques années, il espérait ne plus devoir emprunter pour investir. C'est finalement ces emprunts qui lui ont coûté sa place. Olivier Létang compte, quant à lui, revenir à un modèle plus simple, avec des dépenses plus modestes. Le Manceau veut aussi davantage profiter de l'académie lilloise. Tandis que Lopez recrutait des jeunes de 18-19 ans en post-formation, Létang veut les former plus tôt et revenir à un développement des talents plus traditionnel. Le Domaine de Luchin est un outil de haut niveau dont il faut profiter pleinement. "On n'est pas du tout dans une situation où on a la volonté ou le besoin de vendre", avait directement souligné Olivier Létang lors de son intronisation. Côté arrivées, Christophe Galtier ne ressent pas non plus d'envie particulière tant son groupe semble uni et performant. L'été avait pourtant été mouvementé, avec les arrivées de David, Sven Botman ou encore Burak Yilmaz, et les départs de Victor Osimhen (pour septante millions d'euros) et Gabriel. Mais l'alchimie s'est rapidement créée et il ne serait pas vraiment opportun de toucher au noyau, alors que les Lillois figurent dans le trio de tête depuis de nombreuses journées. Hormis le prêt d' Adama Soumaoro à Bologne, c'est le calme plat et ce n'est pas plus mal pour Galtier, qui espère ne pas perdre d'homme fort pendant ce mois de janvier qui pourrait s'avérer décisif dans la course à la Ligue des Champions. Malgré ce bouleversement dans les bureaux, l'équipe tourne toujours à plein régime. Les Lillois sont co-leaders de la Ligue 1 et qualifiés pour les seizièmes de finale de l'Europa League, où ils rencontreront l'Ajax. "L'ambiance dans le groupe est vraiment très bonne, Galtier mène l'équipe d'une main de maître. Le changement de président ne le perturbe pas du tout. C'est un caméléon, il sait s'adapter", confie une source proche du club. L'ancien coach de Saint-Étienne peut toujours compter sur les hommes en forme de ce début de saison que sont les Turcs Yilmaz et Yusuf Yazici, auteurs de onze buts et quatre passes décisives chacun et des deux Jonathan, Bamba et Ikoné, qui dynamitent les flancs des Dogues. Derrière, José Fonte et Sven Botman parent les attaques adverses et n'ont laissé passer que quinze buts en 21 rencontres de championnat, faisant des Lillois la deuxième meilleure défense du championnat après le PSG. Comme chez les Verts, Christophe Galtier mise sur un bloc défensif solide et haut, grâce au pressing constant de ses attaquants, Jonathan David en tête. Au milieu de terrain, Benjamin André règne en maître en l'absence de Renato Sanches, qui a souffert d'une blessure musculaire, et assure le liant entre les lignes avant de lancer les flèches devant. En contre-attaque, les Dogues profitent des moindres erreurs adverses pour trouver la faille, à l'image des deux buts inscrits contre Reims il y a dix jours. C'est d'ailleurs lors de cette réception des Rémois que Jonathan David a inscrit son troisième but sous ses nouvelles couleurs (avec quatre passes décisives), confirmant sa montée en puissance. En proie à des problèmes d'efficacité en début de saison, l'ancien Gantois a dû attendre le 22 novembre pour ouvrir son compteur face à Lorient. Titulaire à six reprises en huit matches depuis décembre, il commence tout doucement à faire son trou et à rassurer. "Il aura peut-être besoin d'une saison d'adaptation, mais il montre de bonnes dispositions techniques et un gros travail collectif. Je ne suis pas trop inquiet pour lui", confirme un observateur avisé. De quoi permettre aux Dogues de finir en tête de la Ligue 1?Samuel Gothot