Les supporters de Galatasaray sont plus de 25.000 à attendre l'arrivée de Radamel Falcao au nouvel aéroport d'Istanbul. À ce moment-là, El Tigre n'a pas encore apposé sa signature au bas de son contrat, mais il joue à merveille son rôle de personnage public. Vêtu d'une chemise blanche très classe, avec une écharpe jaune et rouge nouée autour du cou, il salue la foule. Dans le plus pur style Galatasaray. Il tape dans les mains, saute en l'air et scande le surnom du club : " Cim Bom Bom. Cim Bom Bom. " Il répétera ces gestes le lendemain, au Türk Telekom Stadyumu, devant 40.000 supporters enfiévrés.

Dans notre stade, les morts ressuscitaient. " Gheorghe Hagi

Falcao au Gala, l'opération séduction a parfaitement fonctionné. Elle conclut une campagne de transferts rondement menée, durant laquelle le club a engagé 13 joueurs en ne déliant les cordons de la bourse que pour un seul d'entre eux : Christian Luyindama, loué au Standard depuis la trêve hivernale, et finalement acheté 5 millions d'euros. Les 12 autres transferts n'ont rien coûté au club, si l'on excepte parfois une modeste indemnité de location.

Le gardien Okan Kocuk (24 ans, Bursaspor), Sener Özbayrakli (29 ans, Fenerbahçe), Taylan Antalyali (24 ans, BB Erzurumspor), Adem Büyük (32 ans, Malatyaspor), Jimmy Durmaz (30 ans, Toulouse) et Ryan Babel (32 ans), que Besiktas avait vendu pour deux millions à Fulham en janvier, ont été recrutés gratuitement, tout comme Falcao (Monaco).

Fatih Terim, BELGAIMAGE
Fatih Terim © BELGAIMAGE

Sur les cinq joueurs loués, Jean Michaël Seri (28 ans) est celui qui a coûté le plus d'argent, avec une location avoisinant le million et demi par saison. Pour le milieu récupérateur Mario Lemina (26 ans), qui était passé de la Juventus à Southampton pour plus de 17 millions durant l'été 2017, Galatasaray n'a déboursé qu'un million durant les 12 mois suivants. Brighton reçoit une enveloppe de 700.000 euros pour l'attaquant de pointe Florin Andone (26 ans), tandis que le Celta Vigo - qui avait encore payé 13 millions pour Emre Mor il y a deux ans - prête désormais l'ailier au club stambouliote pour 600.000 euros cette saison.

Ce pays compte 600 membres du Parlement, mais il n'y a qu'un seul Fatih Terim. " Fatih Terim

Après Falcao, Steven Nzonzi (30 ans) est le transfert le plus ronflant réalisé par Galatasaray. L'AS Rome avait payé près de 30 millions au FC Séville l'été dernier, mais le club italien a prêté le numéro 6 français au champion de Turquie, qui pourra le transférer définitivement au terme de la saison pour 16 millions (ou 13 millions l'année suivante). Il y a toutefois peu de chances que cela se réalise, car Galatasaray est en proie à des problèmes financiers depuis pas mal d'années.

LA MENACE DU FPF

En 2014, la (mini)amende de 200.000 euros pour manquement au fair-play financier a été payée avec le sourire du côté d'Istanbul, mais la saison sans compétition européenne en 2016-17 a été beaucoup plus mal vécue. En juin de l'an passé, le club s'est de nouveau fait piéger, ce qui a obligé l'UEFA à prendre des mesures drastiques. Jusqu'en 2021-22, le club ne peut inscrire que 21 noms - au lieu de 25 - sur la liste des joueurs autorisés à disputer la Ligue des Champions. Le club doit surtout être assaini financièrement.

En mars, le vice-président Kaan Kancal a reconnu que le montant des dettes avait grimpé jusqu'à 456 millions d'euros, avec un déficit d'exploitation annuel de 120 millions. L'UEFA impose de réduire ce déficit à 20 millions maximum en 2019, et à 10 millions l'année suivante. Si le club n'y parvient pas, il devra payer une amende de 9 millions, en plus des 6 millions qu'il a déjà versés à l'UEFA l'an passé.

Dans ce contexte, offrir un contrat de trois saisons à un attaquant de 33 ans qui percevra 15 millions d'euros durant cette période n'est sans doute pas la meilleure idée qui soit. " Quel entraîneur ne voudrait pas de Falcao dans son équipe ? ", a pourtant souri Fatih Terim, confronté aux critiques de quelques journalistes qui se posaient des questions sur l'état physique de l'attaquant.

Un trentenaire qui avait été transféré de l'Atlético de Madrid à Monaco pour 43 millions, mais qui n'a pas été épargné par les blessures depuis lors. Mais à Monaco, il trouvait facilement le chemin des filets, aidant les Monégasques à décrocher le titre de champion en 2017, après avoir échoué lors de ses prêts à Chelsea et Manchester United. Il a également maintenu son niveau la saison dernière, alors que le club luttait contre la relégation jusqu'à la dernière journée. Un maintien acquis notamment grâce aux 16 buts marqués par l'avant-centre.

PRODUIT D'EXPORTATION

Le football est une religion en Turquie. Selon une étude, 76% de la population supporte activement un club, et Galatasaray est de loin le plus populaire, avec 40% du marché. On estime donc qu'il compte près de... 25 millions de supporters rien qu'en Turquie. Il faut y ajouter les millions de personnes qui portent bien haut les couleurs jaune et rouge à travers le monde.

Avec 22 titres depuis la création de la Süper Lig en 1959, Galatarasay fait mieux que ses deux rivaux locaux de Fenerbahçe (19) et de Besiktas (15). En 2000, il est devenu le premier (et toujours le seul) club turc à remporter une coupe européenne : la Coupe de l'UEFA, après avoir battu Arsenal en finale.

À l'époque, Galatasaray comptait en ses rangs une pléiade de stars internationales : le Brésilien Cláudio Taffarel, le Roumain Gheorghe Hagi, aka Le Maradona des Carpates, et son beau-frère Gheorghe Popescu, le capitaine et icône du club Bülent Korkmaz et le buteur Hakan Sükür, surnommé Le Taureau du Bosphore. " Nous dominons le football turc, mais nous voulons aussi devenir le meilleur produit d'exportation du pays. Nous voulons faire la fierté des supporters à travers le monde ", déclarait à l'époque Faruk Süren, le président du club.

TERIM, L'ÂME DU CLUB

Fatih Terim, l'entraîneur de Galatasaray au cours des deux dernières saisons, était déjà assis sur le banc à ce moment-là. Après 11 ans passés au Gala en tant que joueur et des passages sur le banc d'Ankaragücü, de Göztepe et de l'équipe nationale, Terim est revenu à Galatasaray durant l'été 1996, menant le club vers quatre titres consécutifs et la victoire en Coupe de l'UEFA. À l'époque déjà, il aimait se faire appeler Imparator (Empereur), mais l'attaquant Arif Erdem allait plus loin.

" Il était l'âme du club. À la fois un père et un frère pour les joueurs. Et un oncle, qui nous donnait de l'argent lorsque nous étions payés en retard. Mais aussi le parrain qui n'acceptait pas qu'on le contredise, qui exigeait le respect et qui osait aller loin lorsque les règles n'étaient pas respectées. "

Peur, confiance, respect et amour : voilà les quatre caractéristiques du coaching de Terim, qui reste le T1 le plus titré de l'histoire de Galatasaray : 1 Coupe de l'UEFA, 8 titres, 3 coupes et 5 Supercoupes. Parti à la Fiorentina au terme de la saison, il prévoyait un avenir sombre à Galatasaray malgré les succès. " Sur le plan économique, le club n'est nulle part. "

Et pour cause, les terres de l'Ali Sami Yen étaient défendues bec et ongles, mais le stade était une ruine. Et un enfer, il faut le souligner. Un enfer aux étonnantes vertus, comme le disait Hagi : " Dans notre stade, les morts ressuscitaient. " Mais avec 25.000 places, il offrait trop peu de recettes. Les succès ne pouvaient donc pas être rentabilisés. Il n'y avait qu'un seul chemin possible : vers le bas, comme le prophétisait Terim. Qui ajoutait que la chute pourrait être rapide.

Le coach ne s'était pas trompé. Des vedettes sur le retour, des nouveaux venus à la fois (trop) chers et médiocres, des entraîneurs limogés alors qu'ils venaient à peine de débarquer et un management qui, en pleine crise économique, avait misé sur des subsides européens qui ne sont finalement jamais arrivés, le Gala filait tout droit vers la faillite en 2003.

QUATRIÈME MANDAT

Le club n'a été sauvé que grâce à l'amour que lui portait l'UltrAslan, le noyau de supporters purs et durs. Grâce à eux, quatre millions d'euros étaient récoltés à travers le monde et le club s'assurait une rentrée d'argent régulière grâce à la commercialisation des produits de merchandising d'UltrAslan. Le Galatasaray s'est ainsi progressivement extrait des problèmes financiers.

Avec la construction du Türk Telekom Stadyumu en 2011, l'étape suivante a pu être envisagée, mais le club n'a pas appris de ses erreurs en engageant de nouveau des vedettes vieillissantes comme Wesley Sneijder (2013-2017) et Didier Drogba (2013-2014).

" La menace du fair-play financier plane sur le plus grand club turc depuis son introduction en 2009 ", a analysé le professeur d'économie Ferda Halicioglu au début de cette saison, lorsque la dette totale des clubs turcs envers les banques atteignait 2,3 milliards d'euros. " Et personne ne se sent responsable. Dans la gestion d'un club, l'aspect financier continue d'être négligé. D'abord remporter des succès, et on verra bien ensuite ce qu'il se passera. "

À Istanbul, Besiktas a donné l'impression d'avoir pris le pouvoir avec deux titres consécutifs (2016-2017), mais Aslanlar (Les Lions) montrent de nouveau les crocs. Il y a deux ans, Terim reprenait le club en mains. Le bouillonnant entraîneur entamait alors son quatrième mandat.

L'Empereur était de retour, et ce n'est pas la modestie qui le tuera. " Les Empereurs dont on parle dans les livres ne sont pas seulement des personnages qui ont gagné des guerres. Ils étaient surtout de grandes personnalités qui ont déterminé l'avenir. Ce pays compte 600 membres du Parlement, mais il n'y a qu'un seul Fatih Terim. "

Les supporters de Galatasaray sont plus de 25.000 à attendre l'arrivée de Radamel Falcao au nouvel aéroport d'Istanbul. À ce moment-là, El Tigre n'a pas encore apposé sa signature au bas de son contrat, mais il joue à merveille son rôle de personnage public. Vêtu d'une chemise blanche très classe, avec une écharpe jaune et rouge nouée autour du cou, il salue la foule. Dans le plus pur style Galatasaray. Il tape dans les mains, saute en l'air et scande le surnom du club : " Cim Bom Bom. Cim Bom Bom. " Il répétera ces gestes le lendemain, au Türk Telekom Stadyumu, devant 40.000 supporters enfiévrés. Falcao au Gala, l'opération séduction a parfaitement fonctionné. Elle conclut une campagne de transferts rondement menée, durant laquelle le club a engagé 13 joueurs en ne déliant les cordons de la bourse que pour un seul d'entre eux : Christian Luyindama, loué au Standard depuis la trêve hivernale, et finalement acheté 5 millions d'euros. Les 12 autres transferts n'ont rien coûté au club, si l'on excepte parfois une modeste indemnité de location. Le gardien Okan Kocuk (24 ans, Bursaspor), Sener Özbayrakli (29 ans, Fenerbahçe), Taylan Antalyali (24 ans, BB Erzurumspor), Adem Büyük (32 ans, Malatyaspor), Jimmy Durmaz (30 ans, Toulouse) et Ryan Babel (32 ans), que Besiktas avait vendu pour deux millions à Fulham en janvier, ont été recrutés gratuitement, tout comme Falcao (Monaco). Sur les cinq joueurs loués, Jean Michaël Seri (28 ans) est celui qui a coûté le plus d'argent, avec une location avoisinant le million et demi par saison. Pour le milieu récupérateur Mario Lemina (26 ans), qui était passé de la Juventus à Southampton pour plus de 17 millions durant l'été 2017, Galatasaray n'a déboursé qu'un million durant les 12 mois suivants. Brighton reçoit une enveloppe de 700.000 euros pour l'attaquant de pointe Florin Andone (26 ans), tandis que le Celta Vigo - qui avait encore payé 13 millions pour Emre Mor il y a deux ans - prête désormais l'ailier au club stambouliote pour 600.000 euros cette saison. Après Falcao, Steven Nzonzi (30 ans) est le transfert le plus ronflant réalisé par Galatasaray. L'AS Rome avait payé près de 30 millions au FC Séville l'été dernier, mais le club italien a prêté le numéro 6 français au champion de Turquie, qui pourra le transférer définitivement au terme de la saison pour 16 millions (ou 13 millions l'année suivante). Il y a toutefois peu de chances que cela se réalise, car Galatasaray est en proie à des problèmes financiers depuis pas mal d'années. En 2014, la (mini)amende de 200.000 euros pour manquement au fair-play financier a été payée avec le sourire du côté d'Istanbul, mais la saison sans compétition européenne en 2016-17 a été beaucoup plus mal vécue. En juin de l'an passé, le club s'est de nouveau fait piéger, ce qui a obligé l'UEFA à prendre des mesures drastiques. Jusqu'en 2021-22, le club ne peut inscrire que 21 noms - au lieu de 25 - sur la liste des joueurs autorisés à disputer la Ligue des Champions. Le club doit surtout être assaini financièrement. En mars, le vice-président Kaan Kancal a reconnu que le montant des dettes avait grimpé jusqu'à 456 millions d'euros, avec un déficit d'exploitation annuel de 120 millions. L'UEFA impose de réduire ce déficit à 20 millions maximum en 2019, et à 10 millions l'année suivante. Si le club n'y parvient pas, il devra payer une amende de 9 millions, en plus des 6 millions qu'il a déjà versés à l'UEFA l'an passé. Dans ce contexte, offrir un contrat de trois saisons à un attaquant de 33 ans qui percevra 15 millions d'euros durant cette période n'est sans doute pas la meilleure idée qui soit. " Quel entraîneur ne voudrait pas de Falcao dans son équipe ? ", a pourtant souri Fatih Terim, confronté aux critiques de quelques journalistes qui se posaient des questions sur l'état physique de l'attaquant. Un trentenaire qui avait été transféré de l'Atlético de Madrid à Monaco pour 43 millions, mais qui n'a pas été épargné par les blessures depuis lors. Mais à Monaco, il trouvait facilement le chemin des filets, aidant les Monégasques à décrocher le titre de champion en 2017, après avoir échoué lors de ses prêts à Chelsea et Manchester United. Il a également maintenu son niveau la saison dernière, alors que le club luttait contre la relégation jusqu'à la dernière journée. Un maintien acquis notamment grâce aux 16 buts marqués par l'avant-centre. Le football est une religion en Turquie. Selon une étude, 76% de la population supporte activement un club, et Galatasaray est de loin le plus populaire, avec 40% du marché. On estime donc qu'il compte près de... 25 millions de supporters rien qu'en Turquie. Il faut y ajouter les millions de personnes qui portent bien haut les couleurs jaune et rouge à travers le monde. Avec 22 titres depuis la création de la Süper Lig en 1959, Galatarasay fait mieux que ses deux rivaux locaux de Fenerbahçe (19) et de Besiktas (15). En 2000, il est devenu le premier (et toujours le seul) club turc à remporter une coupe européenne : la Coupe de l'UEFA, après avoir battu Arsenal en finale. À l'époque, Galatasaray comptait en ses rangs une pléiade de stars internationales : le Brésilien Cláudio Taffarel, le Roumain Gheorghe Hagi, aka Le Maradona des Carpates, et son beau-frère Gheorghe Popescu, le capitaine et icône du club Bülent Korkmaz et le buteur Hakan Sükür, surnommé Le Taureau du Bosphore. " Nous dominons le football turc, mais nous voulons aussi devenir le meilleur produit d'exportation du pays. Nous voulons faire la fierté des supporters à travers le monde ", déclarait à l'époque Faruk Süren, le président du club. Fatih Terim, l'entraîneur de Galatasaray au cours des deux dernières saisons, était déjà assis sur le banc à ce moment-là. Après 11 ans passés au Gala en tant que joueur et des passages sur le banc d'Ankaragücü, de Göztepe et de l'équipe nationale, Terim est revenu à Galatasaray durant l'été 1996, menant le club vers quatre titres consécutifs et la victoire en Coupe de l'UEFA. À l'époque déjà, il aimait se faire appeler Imparator (Empereur), mais l'attaquant Arif Erdem allait plus loin. " Il était l'âme du club. À la fois un père et un frère pour les joueurs. Et un oncle, qui nous donnait de l'argent lorsque nous étions payés en retard. Mais aussi le parrain qui n'acceptait pas qu'on le contredise, qui exigeait le respect et qui osait aller loin lorsque les règles n'étaient pas respectées. " Peur, confiance, respect et amour : voilà les quatre caractéristiques du coaching de Terim, qui reste le T1 le plus titré de l'histoire de Galatasaray : 1 Coupe de l'UEFA, 8 titres, 3 coupes et 5 Supercoupes. Parti à la Fiorentina au terme de la saison, il prévoyait un avenir sombre à Galatasaray malgré les succès. " Sur le plan économique, le club n'est nulle part. " Et pour cause, les terres de l'Ali Sami Yen étaient défendues bec et ongles, mais le stade était une ruine. Et un enfer, il faut le souligner. Un enfer aux étonnantes vertus, comme le disait Hagi : " Dans notre stade, les morts ressuscitaient. " Mais avec 25.000 places, il offrait trop peu de recettes. Les succès ne pouvaient donc pas être rentabilisés. Il n'y avait qu'un seul chemin possible : vers le bas, comme le prophétisait Terim. Qui ajoutait que la chute pourrait être rapide. Le coach ne s'était pas trompé. Des vedettes sur le retour, des nouveaux venus à la fois (trop) chers et médiocres, des entraîneurs limogés alors qu'ils venaient à peine de débarquer et un management qui, en pleine crise économique, avait misé sur des subsides européens qui ne sont finalement jamais arrivés, le Gala filait tout droit vers la faillite en 2003. Le club n'a été sauvé que grâce à l'amour que lui portait l'UltrAslan, le noyau de supporters purs et durs. Grâce à eux, quatre millions d'euros étaient récoltés à travers le monde et le club s'assurait une rentrée d'argent régulière grâce à la commercialisation des produits de merchandising d'UltrAslan. Le Galatasaray s'est ainsi progressivement extrait des problèmes financiers. Avec la construction du Türk Telekom Stadyumu en 2011, l'étape suivante a pu être envisagée, mais le club n'a pas appris de ses erreurs en engageant de nouveau des vedettes vieillissantes comme Wesley Sneijder (2013-2017) et Didier Drogba (2013-2014). " La menace du fair-play financier plane sur le plus grand club turc depuis son introduction en 2009 ", a analysé le professeur d'économie Ferda Halicioglu au début de cette saison, lorsque la dette totale des clubs turcs envers les banques atteignait 2,3 milliards d'euros. " Et personne ne se sent responsable. Dans la gestion d'un club, l'aspect financier continue d'être négligé. D'abord remporter des succès, et on verra bien ensuite ce qu'il se passera. " À Istanbul, Besiktas a donné l'impression d'avoir pris le pouvoir avec deux titres consécutifs (2016-2017), mais Aslanlar (Les Lions) montrent de nouveau les crocs. Il y a deux ans, Terim reprenait le club en mains. Le bouillonnant entraîneur entamait alors son quatrième mandat. L'Empereur était de retour, et ce n'est pas la modestie qui le tuera. " Les Empereurs dont on parle dans les livres ne sont pas seulement des personnages qui ont gagné des guerres. Ils étaient surtout de grandes personnalités qui ont déterminé l'avenir. Ce pays compte 600 membres du Parlement, mais il n'y a qu'un seul Fatih Terim. "