Que pouvaient rêver de mieux ces jeunes Bleus que de se retrouver dans le temple du football brésilien face à leur plus grand rival ? Au bout d'un parcours quasiment sans faute, ils ont obtenu cette chance unique avec à la clé, en cas de succès, une entrée directe dans les annales du foot tricolore.

Ce collectif, né il y a seulement 7 mois lors d'un barrage retour homérique (3-0 contre l'Ukraine, le 19 novembre au Stade de France), a 90 minutes, voire plus, pour basculer dans l'âge adulte avec la perspective de se frotter ensuite au vainqueur de Brésil-Colombie dans le dernier carré.

Cicatrice Pour les amoureux du football en France, la Mannshaft est synonyme de calvaire. Lors du mondial de 1982 en Espagne, la bande du capitaine Michel Platini a laissé passer sa chance dans une dramatique séance de tirs au but après avoir mené 3-1 en prolongation (3-3 a.p., 5 t.a.b à 4).

Les joueurs actuels n'ont pas été bercés par cet épisode douloureux, la plupart n'étaient même pas nés. Ils n'ont sans doute pas conscience de la portée symbolique du choc qui les attend. Deschamps lui-même a estimé cette semaine qu'il ne servait à rien de jouer "les anciens combattants".

Mais dans l'imaginaire collectif, Séville 82, avec son cortège de drames (l'attentat de Schumacher sur Battiston, les tirs au but manqués de Six et Bossis...), est une cicatrice qui n'a jamais été refermée. L'équipe de Platini avait échoué à prendre sa revanche en 1986 au Mexique, toujours en demi-finales (2-0), et depuis les Bleus n'ont pas eu l'occasion de recroiser leurs meilleurs ennemis en Coupe du monde. L'opportunité qui se présente ne peut pas être laissée de côté.

L'Allemagne, un défi énorme mais pas impossible Sur le papier, l'Allemagne de Thomas Müller (4 buts dans le tournoi) est une véritable montagne à gravir pour des Bleus sans grande expérience. Triple championne du monde, demi-finaliste de toutes les phases finales depuis 2006 (Mondial et Euro) et présente en quarts de finale pour la 17e fois en 18 participations, elle a de quoi faire frémir. Il faudra donc que les Bleus sortent le match de leur vie pour s'en sortir. Karim Benzema, le leader technique en l'absence de Franck Ribéry, aura une lourde responsabilité sur les épaules, lui qui a démarré la compétition en fanfare (3 buts) avant de s'éteindre. Si Deschamps ne lui recolle pas Olivier Giroud dans les pattes et ne l'exile pas côté gauche comme face au Nigeria (2-0) au cours du tour précédent, il n'aura aucune excuse.

Fini les complexes d'infériorité La renaissance de l'équipe de France s'accompagne logiquement d'une confiance à toute épreuve. Les joueurs ne nourrissent plus de complexes d'infériorité vis-à-vis de leurs puissants voisins, aidés en cela par les dernières sorties sans relief des Allemands, sérieusement bousculés par l'Algérie en 8e de finale (2-1 a.p.).

C'est le moment également pour les deux prodiges Raphaël Varane et Paul Pogba, tous deux âgés de 21 ans, de prouver qu'ils sont assez mûrs et n'ont pas besoin d'attendre l'Euro 2016 en France pour s'imposer sur le plan mondial. Le premier est déconcertant de sérénité et a déjà touché du doigt le plus haut niveau international en étant titulaire en défense en finale de la Ligue des Champions remportée avec le Real Madrid. Le second, buteur en 8e de finale, s'est relancé après des débuts trop inconstants.

Attendus au tournant par les arbitres Jusqu'ici les arbitres ont été plutôt cléments avec les Français, qui n'ont pourtant pas été avares en gestes litigieux. Pogba, Matuidi et Giroud auraient pu récolter un carton rouge mais s'en sont à chaque fois bien sortis. Les directeurs de jeu auront sans doute les Bleus à l'oeil et ces derniers devront faire preuve de doigté dans les duels. Pas simple pour venir à bout de la robuste Allemagne, qui récupérera son défenseur Mats Hummels.

Allemands grippés Par ailleurs, sept joueurs de l'équipe d'Allemagne sont "légèrement grippés", a déclaré leur sélectionneur Joachim Löw, jeudi sur ARD-Radio, qui a parlé de "mal de gorge", mais qui a refusé d'en préciser les noms.

Cet état grippal s'expliquerait par l'air conditionné (souvent très froid au Brésil), la fatigue des voyages et les différences de températures, notamment entre Porto Alegre (sud), où il faisait très frais lundi, et la région de Porto Seguro (nord-est), où se trouve le camp de base de la Nationalmannschaft et où il fait toujours assez chaud.

L'un des sept joueurs touchés pourrait être le milieu remplaçant Christoph Kramer, victime de "légers frissons", comme l'avait dit l'entraîneur des gardiens, Andreas Köpke, mercredi en conférence de presse.

Enfin, l'attaquant Lukas Podolski, indisponible pour le 8e de finale en raison d'une blessure à une cuisse, est de nouveau apte.

En conclusion, ce France-Allemagne version 2014 s'annonce épique.

Les compositions probables Allemagne: Neuer - Boateng, Mertesacker, Hummels, Durm - Schweinsteiger, Lahm (cap), Kroos - Özil, Müller, Götze

Sélectionneur: Joachim Löw

France: Lloris (cap) - Debuchy, Varane, Sakho, Evra - Pogba, Cabaye, Matuidi - Valbuena, Giroud (ou Griezmann), Benzema

Sélectionneur: Didier Deschamps

Que pouvaient rêver de mieux ces jeunes Bleus que de se retrouver dans le temple du football brésilien face à leur plus grand rival ? Au bout d'un parcours quasiment sans faute, ils ont obtenu cette chance unique avec à la clé, en cas de succès, une entrée directe dans les annales du foot tricolore. Ce collectif, né il y a seulement 7 mois lors d'un barrage retour homérique (3-0 contre l'Ukraine, le 19 novembre au Stade de France), a 90 minutes, voire plus, pour basculer dans l'âge adulte avec la perspective de se frotter ensuite au vainqueur de Brésil-Colombie dans le dernier carré. Cicatrice Pour les amoureux du football en France, la Mannshaft est synonyme de calvaire. Lors du mondial de 1982 en Espagne, la bande du capitaine Michel Platini a laissé passer sa chance dans une dramatique séance de tirs au but après avoir mené 3-1 en prolongation (3-3 a.p., 5 t.a.b à 4). Les joueurs actuels n'ont pas été bercés par cet épisode douloureux, la plupart n'étaient même pas nés. Ils n'ont sans doute pas conscience de la portée symbolique du choc qui les attend. Deschamps lui-même a estimé cette semaine qu'il ne servait à rien de jouer "les anciens combattants". Mais dans l'imaginaire collectif, Séville 82, avec son cortège de drames (l'attentat de Schumacher sur Battiston, les tirs au but manqués de Six et Bossis...), est une cicatrice qui n'a jamais été refermée. L'équipe de Platini avait échoué à prendre sa revanche en 1986 au Mexique, toujours en demi-finales (2-0), et depuis les Bleus n'ont pas eu l'occasion de recroiser leurs meilleurs ennemis en Coupe du monde. L'opportunité qui se présente ne peut pas être laissée de côté. L'Allemagne, un défi énorme mais pas impossible Sur le papier, l'Allemagne de Thomas Müller (4 buts dans le tournoi) est une véritable montagne à gravir pour des Bleus sans grande expérience. Triple championne du monde, demi-finaliste de toutes les phases finales depuis 2006 (Mondial et Euro) et présente en quarts de finale pour la 17e fois en 18 participations, elle a de quoi faire frémir. Il faudra donc que les Bleus sortent le match de leur vie pour s'en sortir. Karim Benzema, le leader technique en l'absence de Franck Ribéry, aura une lourde responsabilité sur les épaules, lui qui a démarré la compétition en fanfare (3 buts) avant de s'éteindre. Si Deschamps ne lui recolle pas Olivier Giroud dans les pattes et ne l'exile pas côté gauche comme face au Nigeria (2-0) au cours du tour précédent, il n'aura aucune excuse. Fini les complexes d'infériorité La renaissance de l'équipe de France s'accompagne logiquement d'une confiance à toute épreuve. Les joueurs ne nourrissent plus de complexes d'infériorité vis-à-vis de leurs puissants voisins, aidés en cela par les dernières sorties sans relief des Allemands, sérieusement bousculés par l'Algérie en 8e de finale (2-1 a.p.). C'est le moment également pour les deux prodiges Raphaël Varane et Paul Pogba, tous deux âgés de 21 ans, de prouver qu'ils sont assez mûrs et n'ont pas besoin d'attendre l'Euro 2016 en France pour s'imposer sur le plan mondial. Le premier est déconcertant de sérénité et a déjà touché du doigt le plus haut niveau international en étant titulaire en défense en finale de la Ligue des Champions remportée avec le Real Madrid. Le second, buteur en 8e de finale, s'est relancé après des débuts trop inconstants. Attendus au tournant par les arbitres Jusqu'ici les arbitres ont été plutôt cléments avec les Français, qui n'ont pourtant pas été avares en gestes litigieux. Pogba, Matuidi et Giroud auraient pu récolter un carton rouge mais s'en sont à chaque fois bien sortis. Les directeurs de jeu auront sans doute les Bleus à l'oeil et ces derniers devront faire preuve de doigté dans les duels. Pas simple pour venir à bout de la robuste Allemagne, qui récupérera son défenseur Mats Hummels. Allemands grippés Par ailleurs, sept joueurs de l'équipe d'Allemagne sont "légèrement grippés", a déclaré leur sélectionneur Joachim Löw, jeudi sur ARD-Radio, qui a parlé de "mal de gorge", mais qui a refusé d'en préciser les noms. Cet état grippal s'expliquerait par l'air conditionné (souvent très froid au Brésil), la fatigue des voyages et les différences de températures, notamment entre Porto Alegre (sud), où il faisait très frais lundi, et la région de Porto Seguro (nord-est), où se trouve le camp de base de la Nationalmannschaft et où il fait toujours assez chaud. L'un des sept joueurs touchés pourrait être le milieu remplaçant Christoph Kramer, victime de "légers frissons", comme l'avait dit l'entraîneur des gardiens, Andreas Köpke, mercredi en conférence de presse. Enfin, l'attaquant Lukas Podolski, indisponible pour le 8e de finale en raison d'une blessure à une cuisse, est de nouveau apte. En conclusion, ce France-Allemagne version 2014 s'annonce épique. Les compositions probables Allemagne: Neuer - Boateng, Mertesacker, Hummels, Durm - Schweinsteiger, Lahm (cap), Kroos - Özil, Müller, Götze Sélectionneur: Joachim Löw France: Lloris (cap) - Debuchy, Varane, Sakho, Evra - Pogba, Cabaye, Matuidi - Valbuena, Giroud (ou Griezmann), Benzema Sélectionneur: Didier Deschamps