La folie d'un commerce complètement déchaîné tient sur un document à peine plus grand qu'une feuille de papier toilette. Sur le chèque de la Société Générale, un montant est inscrit en grandes lettres rouges : 222.000.000 euros. Une banque l'a émis pour le propriétaire qatari du PSG. Le chèque a été signé début août.
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La folie d'un commerce complètement déchaîné tient sur un document à peine plus grand qu'une feuille de papier toilette. Sur le chèque de la Société Générale, un montant est inscrit en grandes lettres rouges : 222.000.000 euros. Une banque l'a émis pour le propriétaire qatari du PSG. Le chèque a été signé début août.Peu après, un collaborateur de la banque espagnole du FC Barcelone a envoyé un courriel à la Qatar National Bank : "L'argent est arrivé. Nous vous remercions pour la qualité et le professionnalisme de votre collaboration."C'est fait. Le PSG a acheté l'attaquant brésilien Neymar da Silva Santos Junior (25 ans). Barcelone perçoit 222 millions d'euros, une somme-record. Le monde du football donne l'impression d'avoir été balayé par une tornade.Un haut fonctionnaire de l'UEFA écrit à un collègue : "Le système des transferts échappe à tout contrôle." Le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, va demander l'aide de la commission européenne. Le président du FC Bayern, Uli Hoeness, déclare que ça ne peut pas continuer comme ça, que de telles sommes démolissent tout. Angela Merkel, la chancelière de l'Allemagne, appelle les fédérations "à assurer un meilleur équilibre sportif."Mainmise ennemieQui détient le pouvoir en football ? Cette question est encore plus lancinante depuis le deal-Neymar. Ce sont les clubs et les fédérations, qui organisent les matches ; les supporters, les entraîneurs et les joueurs qui font vivre le sport. Depuis cet été, un acteur supplémentaire s'est ajouté au football. Un acteur capable d'acheter le jeu.Le transfert de Neymar est l'histoire d'une mainmise ennemie. Quelques jours après la clôture des transferts, le magazine allemand Der Spiegel a reçu une boîte noire, pas plus grande qu'un livre de poche. L'expéditeur de ce DVD ? Football Leaks. Les activistes en ligne, qui dévoilent depuis deux ans les pratiques du football professionnel, ont rassemblé des milliers de documents compilés sur un DVD : contrats, courriels, notes d'honoraires et fiches salariales.Ces documents révèlent la brutalité avec laquelle le PSG a procédé pour imposer sa volonté. Ils montrent que les investisseurs milliardaires ne se sentent pas tenus par les règles en cours en football si leur manoeuvre permet à leur club de devenir le numéro un mondial.Neymar a été présenté au centre médiatique du PSG il y a deux mois. Sous un éclairage digne d'une discothèque, avec un écran affichant "Welcome to Paris." Le joueur était revêtu d'un costume sombre. A ses côtés, Nasser al-Khelaifï, le chef du club, rayonnait de fierté. "Nous sommes tous heureux. Selon moi, Neymar est le meilleur footballeur du monde", a déclaré Khelaifï.Le PSG, qui croulait sous les dettes jadis, a été repris il y a six ans par un investisseur, Qatar Sports Investment, sur l'ordre de l'actuel émir du Qatar. La société est une branche de la Qatar Investment Authority (QIA), qui dépend de l'état. C'est le plus gros fonds d'investissements du monde. La QIA investit les bénéfices du pétrole et du gaz et possède des parts dans diverses entreprise pour un montant estimé à 338,4 milliards de dollars.Le Bayern, versé dans la même poule que le PSG, en Ligue des Champions, est le Crésus de la Bundesliga avec un budget de 600 millions d'euros. Mais ce sont des broutilles comparé au PSG.Plan d'attaqueCes dernières années déjà, les propriétaires du PSG avaient claqué 700 millions en nouveaux joueurs. Il faut y ajouter 400 millions cette saison. Car après avoir enrôlé Neymar, le club parisien a encore engagé l'attaquant français Kylian Mbappé contre 145 millions plus 35 millions de boni versés à l'AS Monaco. Paris a ainsi réalisé les deux transferts les plus chers de l'histoire en l'espace de quelques semaines.La mission de Khelaifï à Paris est claire et nette. Tamim Bin Hamad Al Thani, l'émir du Qatar, considère le football international comme un outil stratégique pour conférer de l'importance à son petit pays. Le Qatar a déjà en poche l'organisation du Mondial 2022. Maintenant, l'émir veut une victoire en Ligue des Champions. Khelaifï doit la lui fournir.L'ancien joueur de tennis a vécu un cauchemar en mars dernier. Paris croisait le fer avec Barcelone en quarts de finale de la Ligue des Champions. Il a remporté l'aller au Parc des Princes sur le score de 4-0. Au retour, Neymar, sous le maillot barcelonais, a marqué deux buts puis, à la cinquième minute des arrêts de jeu, il a remis le couvert avec un assist pour Sergi Roberto : 6-1. Un triomphe épique pour les Catalans, assorti d'une humiliation pour le PSG, pour Khelaifï et l'émir.Ce soir-là, les investisseurs du PSG ont dû péter quelques câbles sinon, comment expliquer ce qui a suivi ? Le lendemain de la défaite, un employé du PSG écrit à la direction de Barcelone. "J'étais très triste hier soir. Le match a démontré que le PSG avait encore beaucoup à apprendre." C'était comme un acte de soumission. En vérité, le plan d'attaque du Barça était déjà né.Le Brésil considère Neymar comme l'héritier de Pelé. Son transfert du FC Santos au Barça il y a quatre ans, transfert qui a enrichi son père, renforce ce sentiment. Le Barça était enchanté d'enrôler l'avant qui pourrait un jour reprendre le rôle de Lionel Messi.Intérêt du PSGNeymar semblait heureux à Barcelone. Il en était un gros salaire : avec 54 millions d'euros l'an dernier, il était le numéro deux, Messi ne gagnant qu'un million et demi de plus. L'Uruguayen Luis Suarez, la troisième figure de proue de la légendaire attaque catalane, devait se contenter de 28 millions.Début juillet 2016, Neymar avait prolongé son contrat en Catalogne d'un an, jusqu'en 2022. Durant l'intersaison, des tensions sont survenues. Le Barça avait conclu un nouveau contrat de sponsoring maillot avec une société japonaise. Neymar devait participer à la présentation mais n'est pas revenu à temps du Brésil, où il passait ses vacances."J'ai l'impression qu'il a délibérément raté l'avion pour tout faire capoter et ne pas obtenir de visa", se méfie un collaborateur dans un courriel. Un proche de Neymar devait lui fournir un visa pour le Japon à Sao Paulo. L'homme avait pris rendez-vous avec le joueur à Rio de Janeiro mais quand il s'est présenté au lieu-dit, le footballeur avait déjà pris l'avion pour se rendre à un tournage de pub.Les documents se trouvant dans une mallette sécurisée, qu'on ne pouvait ouvrir que par l'empreinte digitale du footballeur, il était impossible d'apporter à temps les papiers au consulat du Japon de Sao Paulo. La direction du Barça s'en est mêlée et a envoyé une demande au consul. Finalement, Neymar était à Tokyo, tout sourire. Mais ses patrons avaient un pressentiment. Les rumeurs faisaient part de l'intérêt du PSG.Le joueur aurait dû percevoir en juillet la deuxième tranche de sa prime à la signature. Cette prime de fidélité de 64,4 millions d'euros avait été promise lors de la prolongation du contrat. Neymar avait reçu une première partie, 20,75 millions, en juillet 2016. Le solde, 43,65 millions, devait être perçu fin juillet 2017. Le 31 juillet, Oscar Grau, un officiel du Barça, a écrit à Neymar.Depuis des semaines, "des rumeurs courent", selon lesquelles Neymar ne respecterait pas le contrat qu'il venait de prolonger, sans qu'il ait, lui-même ou par la voix d'un conseiller, "démenti ou clarifié la situation." Barcelone allait donc retenir le second versement. Le club allait également vérifier si Neymar ne devait pas rembourser la première tranche, en cas de départ.Ici, c'est ParisLe 1er août, Neymar a envoyé un rappel de paiement au président du Barça, accordant 24 heures au club pour lui verser les 43,65 millions restants. La réaction du FC Barcelone : le club a déposé la somme chez un notaire et en a informé le joueur. Neymar recevrait l'argent à deux conditions : s'il ne négociait pas un transfert immédiat avec un autre club et s'il garantissait de rester à Barcelone jusqu'en juin 2022.Neymar ne pouvait pas. Il ne voulait pas. Son contrat prévoyait une clause de départ. Il pouvait quitter prématurément le club si un autre versait 222 millions. Le 2 août, l'international brésilien s'est présenté chez un notaire de Barcelone. Il a confié toutes les procurations nécessaires à deux avocats brésiliens, chargés du traitement de cette clause de départ. Le jour-même, l'administrateur du PSG a chargé deux juristes et le responsable des finances du club de rédiger un chèque de 222 millions à l'intention du Barça.Le 3 août, Neymar a signé un contrat de travail au PSG, courant jusqu'au terme de la saison 2021-2022, pour un salaire mensuel de 3.069.520 euros. Les documents de Football Leaks ne permettent pas de déterminer le montant des primes. Elles s'élèvent sans doute à plus de vingt millions par saison. Car on peut difficilement imaginer que Neymar gagne moins à Paris qu'à Barcelone.Les supporters catalans sont furieux. Le club a assigné Neymar en justice : il veut récupérer 8,5 millions plus les intérêts. A Paris, en revanche, les supporters sont aux anges. Son maillot se vend comme des petits pains. Le stade était comble lors de sa présentation début août. Neymar s'est emparé du micro et a scandé le cri de guerre des Parisiens : "Paris est magique, ici c'est...". Et le stade de hurler : "Paris !"Les propriétaires du PSG sont heureux. Le club, Neymar et le jeune Mbappé font partie de leurs visées géopolitiques. Les ressources pétrolières du Qatar ne sont pas infinies et il doit se préparer à un avenir sans elles. Le sport joue un rôle. Le Qatar veut gagner beaucoup d'argent à terme grâce à ses investissements dans des clubs professionnels, à l'organisation d'événements sportifs et aux droits TV.Réaction en chaîneJusqu'à présent, il n'a fait que claquer de l'argent au PSG. Les millions investis dans le club ont provoqué un tsunami dans le monde du football et entraîné une réaction en chaîne cet été. Barcelone a dû remplacer Neymar. Il a, dès lors, jeté son dévolu sur l'attaquant Ousmane Dembelé (20 ans) du Borussia Dortmund et sur le médian Philippe Coutinho (25) de Liverpool. Deux joueurs sous contrat, ne disposant pas de clause de départ mais cette situation n'a pas fait reculer le club catalan.Le 20 juillet, le patron du Barça a soumis une première offre formelle à Liverpool. Le directeur sportif Michael Edwards l'a froidement rejetée : "Philippe n'est malheureusement pas à vendre, quel que soit le prix offert, et vous savez qu'il vient de prolonger son contrat chez nous." Edwards écrivait encore qu'il espérait des retrouvailles en Ligue des champions et souhaitait ne plus avoir de discussion avec les patrons de Barcelone au sujet de Coutinho.Les Catalans avaient toutefois déjà programmé l'arrivée du joueur. En interne, il était déjà classé entre Suarez et l'élite (composée des internationaux espagnols Gerard Piqué, Sergio Busquets et Andres Iniesta) en matière de salaire. Et le directeur sportif blaugrana d'écrire : "L'opération est onéreuse mais le marché est complètement fou cette année."Début août, Grau revient à la charge à Liverpool. Il rappelle les bons rapports qu'entretiennent les deux clubs depuis le transfert de Suarez trois ans plus tôt. Il souhaite "présenter une offre nettement plus élevée" : 90 millions et des primes allant jusqu'à 40 millions.Edwards reste ferme. "Je vous prie de laisser Philippe tranquille, en privé comme en public", écrit-il à Grau. "Aucune somme ne nous contraindra à revenir sur notre décision." Dans une autre missive, Edwards accuse le "cher Oscar" d'avoir dépêché des représentants du Barça "pour mener des discussions avec le joueur et son agent sans notre accord." Grau est offusqué. Il répond que les négociations ne sont que pure invention.Millionnaire sans jouerMais comment donc le FC Barcelone aurait-il déjà pu rédiger un contrat complet pour l'attaquant sans avoir communiqué avec lui ou son représentant ? Le document de vingt pages, qui porte la date du 31 août, la veille de la clôture des transferts, se trouve également dans les données de Football Leaks. Dans ce projet, le Barça garantit 115 millions d'euros à Coutinho, en cinq ans. Un courriel dévoile que son conseiller touchera dix millions si la clause de départ n'excède pas cent millions. Le transfert de Coutinho ne s'est finalement pas fait. Mais un autre a réussi.Quand Ousmane Dembélé reçoit l'offre de Barcelone, il ne doit pas réfléchir longtemps. Début août, le jeune Français ne se présente plus aux entraînements du Borussia Dortmund. La direction le suspend. Le 21 août, le juriste du club envoie au Barça une lettre de six pages, une sorte d'ultimatum. Si les Espagnols n'acceptent pas de payer une indemnité de 115 millions ainsi qu'une prime allant jusqu'à un maximum de trente millions, avant le vendredi 25 août 14 heures, le club rompt toutes les négociations.Le 27 août, le joueur signe la dissolution de son contrat. Le lendemain, les deux clubs paraphent un "Transfer Agreement" de neuf pages. Dortmund obtient une indemnité de 105 millions en deux tranches et des primes variables jusqu'à 40 millions. Une partie des primes est versée par tranches de cinq millions après le 25e, le 50e, le 75e et le 100e match de Dembélé pour Barcelone. Le Borussia perçoit également cinq millions en cas de victoire des Catalans en Ligue des Champions, aussi longtemps que Dembélé reste en Espagne, mais le Barça ne doit pas payer plus de dix millions -deux succès. Idem pour le titre en Primera Division.Ousmane Dembélé n'est professionnel que depuis deux ans. C'est un bébé. Mais il a déjà assuré ses arrières. Grâce à la folie des clubs. Dembélé a négocié un contrat fabuleux avec son nouvel employeur. Le Spiegel l'a vu. Le salaire fixe d'un footballeur du Barça est de 12 millions d'euros par saison. Il perçoit en sus toutes sortes de primes, dont 1,25 million dès qu'il a joué plus de 60 % des matches de la saison.L'attaquant s'est gravement blessé pendant son quatrième match pour Barcelone. Il souffre d'une déchirure d'un tendon de la cuisse et est indisponible pour des mois. Il ne doit toutefois pas craindre pour ses revenus. La règle des 60 % n'est valable que pour les matches que Dembélé est en état de jouer.Dopage financierIl est également prémuni contre une longue pénurie de titres. S'il n'atteint pas des rentrées d'au moins 48 millions, primes incluses, dans les trois années à venir, le FC Barcelone s'engage à lui verser la différence. Une sorte d'indemnité. Barcelone s'est refusé à tout commentaire sur le contrat comme sur les courriels.Dembélé a été opéré dans une clinique spécialisée de Finlande. Le milieu se demande si la bataille du transfert et les sommes en jeu n'ont pas déstabilisé et fragilisé le jeune joueur. N'a-t-il pas été dépassé, ce qui aurait entraîné une blessure ?Le Brésilien Neymar s'accommode apparemment très bien de son statut de footballeur le plus cher du monde. Avec lui, le PSG se joue de ses adversaires comme un chat d'une souris, tant sur la scène hexagonale qu'en Ligue des Champions. Le Bayern, le Celtic et Anderlecht sont bien placés pour le savoir.Le monde du football débat aujourd'hui sans discontinuer du deal-Neymar et de ses conséquences. Des présidents de clubs, des experts en marketing et d'anciens footballeurs ont participé naguère au Football Summit de Francfort. Le thème : le montant des transferts estivaux.Manchester United a versé 75 millions de livres plus 15 millions en paiements divers à Everton pour l'international belge Romelu Lukaku. Chelsea a acheté Alvaro Morata, un international espagnol du Real, pour 65 millions d'euros. Manchester City a dépensé près de 250 millions en transferts. On a aussi parlé du deal-Neymar et des ambitions du Qatar.Javier Tebas, le président de la ligue espagnole, était effondré sur son siège, les bras croisés sur le ventre, en critiquant l'avantage qu'ont des clubs comme le PSG sur leurs rivaux. Quand le club a besoin de nouveaux joueurs, le Qatar ouvre tout simplement les vannes pour que Khelaifï, l'administrateur de l'émir, puisse procéder à ses emplettes. "C'est du dopage financier", fulmine Tebas. "Ça nuit au football."Le montant du transfert de Neymar ne correspond à aucune norme. Cet argent déstabilise le marché. Il faut "fermer la vanne du gaz" pour "supprimer l'effet domino", exige Tebas. Mais qui en a le pouvoir ? Qui détient les rênes du football ? Les fédérations ? Ou l'émir du Qatar ?Fair-play financierIl y a six ans, l'UEFA a introduit la règle du Financial Fair-Play, selon laquelle les clubs professionnels ne peuvent pas dépenser sans mesure. Elle a sanctionné des clubs qui avaient exagéré. Mais globalement, on a le sentiment que les grands clubs se moquent de cette règle.En apprenant que le PSG voulait en sus Mbappé et frôlait une infraction au fair-play financier, l'UEFA a courageusement brandi la menace de sanctions. Durant la dernière semaine des transferts estivaux, une délégation de l'UEFA s'est même rendue à Paris pour exposer à Khelaifï les conséquences de cet acte. A peine la délégation avait-elle quitté les lieux que le PSG annonçait le transfert de Mbappé.Le football attend maintenant la réaction de l'UEFA, qui a été roulée dans la farine. D'aucuns se moquent de la confédération. Jürgen Klopp, l'entraîneur du FC Liverpool, a dit : "Je pensais que nous étions obligés de respecter le fair-play financier. Mais peut-être n'est-ce qu'une proposition."Aleksander Ceferin, le président de l'UEFA, est un juriste. Dans son bureau de Nyon, au bord de lac de Genève, il ne tire même pas la tête. Il a décidé de rester calme. D'après les bruits de couloir, le PSG ne doit redouter aucune sanction. Le club dispose d'un délai allant jusqu'en juin 2018 pour présenter un bilan en équilibre. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il pourrait être l'objet de sanctions. En clair, le PSG peut encore remplir ses caisses, par exemple en vendant des joueurs.Et si le PSG cale des quatre fers ? L'UEFA planche sur plusieurs scénarios, dans ce cas de figure. Un retrait de six points pour la prochaine campagne de Ligue des Champions ou une réduction forcée du noyau pour les compétitions internationales. En revanche, il n'est pas question de l'exclure des joutes européennes, même si l'UEFA l'en a initialement menacé. On dirait que l'émir a déjà gagné.Le 8 août, alors que le deal-Neymar était déjà conclu, un fonctionnaire de l'UEFA a envoyé un mail à un collègue. Le courriel, que le Spiegel a obtenu, est une véritable capitulation. "Les développements actuels montrent, selon moi, que le système des transferts échappe à tout contrôle. Il ne favorise pas l'équilibre sportif, il ne permet pas de répartir l'argent ni d'obtenir une quelconque stabilité des contrats."Cette situation sert "les intérêts des agents, qui perçoivent des sommes phénoménales sans fournir de réelle prestation." Les clubs "qui ont les plus grandes poches peuvent acheter ce qu'ils veulent." L'auteur, qui occupe une position élevée au département juridique de l'UEFA, se fend d'un exemple en fin de courriel : "Le marché actuel des transferts est comparable au capitalisme sauvage de la fin du 19e siècle en Amérique."Le PSG et l'émir ne vont pas s'arrêter là. Si le club échoue encore en Ligue des Champions cette saison, il continuera à se renforcer en été et il franchira un nouveau cap. A coup sûr. Il possède plus de 300 milliards d'euros. Combien coûte le monde ? Le contrat de Messi inclut une clause de départ de 300 millions d'euros. Des cacahuètes.par Der Spiegel