Mardi, le technicien de 54 ans - connu pour avoir été l'adjoint de Joachim Löw lors du titre mondial de l'Allemagne en 2014 - retrouvera la Ligue des champions à Belgrade, contre l'Etoile Rouge.

Les Bavarois sont déjà qualifiés pour les 8e de finale depuis leur 2-0 contre l'Olympiakos, pour la première de Flick. Mais une victoire mardi leur assurerait définitivement la première place du groupe B.

Depuis la débâcle du 2 novembre à Francfort (5-1) et le limogeage de Niko Kovac, Flick, ex-adjoint du Croate, a métamorphosé l'équipe: trois rencontres, trois victoires, dix buts marqués, et surtout aucun encaissé. Sur les huit derniers matches de Kovac, la défense avait cédé... 17 fois!

Conquis, les dirigeants du Bayern lui ont fait signer un contrat jusqu'à Noël. Sans fermer la porte à une prolongation.

Flick, l'éternel second, se voit-il au printemps disputer le doublé national et tenter de ramener la Ligue des champions, qui échappe au club depuis 2013?

"Je peux m'imaginer beaucoup de choses, mais c'est encore un très long chemin", a-t-il répondu samedi, sur le ton posé et pragmatique qui fait son succès depuis quelques jours, après la victoire 4-0 à Düsseldorf en Bundesliga.

"Pochettino? No comment!"

"Je prends du plaisir à travailler avec l'équipe, je profite d'ici et de maintenant", dit-il, bien conscient de rendre un fieffé service à ses patrons, qui n'ont plus besoin de se précipiter pour trouver dans l'urgence la perle rare en plein milieu de saison: "Le club a du temps pour réfléchir calmement. J'essaie de bien faire mon travail et ça marche", sourit-il.

Ainsi, la rumeur Mauricio Pochettino, l'entraîneur tout juste limogé par Tottenham et annoncé par la presse en contact avec le Bayern, a vite été éteinte par la direction. "Ce n'est pas le moment de parler de ça. Je ne ferai aucune déclaration à ce sujet. Il est très clair que notre entraîneur est Hansi Flick", a coupé court Hasan Salihamidzic, le directeur sportif bavarois.

D'autant que dans le vestiaire, qui avait poussé au départ de Kovac, "l'intérimaire" fait l'unanimité. Quand on lui demande ce qui a changé en trois semaines, le capitaine Manuel Neuer esquisse une moue malicieuse: "En tous cas on prend du plaisir...", sourit-il, avant de détailler: "Nous avons beaucoup plus de contrôle qu'avant, nous jouons plus haut et ça nous convient bien, il y a beaucoup moins de distance entre les attaquants et les défenseurs".

Destin à la Zidane?

Joshua Kimmich, installé en milieu défensif comme en équipe nationale, ne dit pas autre chose: "La façon dont on se projette vers l'avant, c'est clairement la consigne de l'entraîneur".

"En peu de temps, l'entraîneur intérimaire a rendu au Bayern ce qui faisait son identité", souligne lundi le magazine Kicker, "les Bavarois sont de nouveau dominateurs: la balle circule, ils ont repris le contrôle, les mouvements entre les lignes sonnent juste, les transmissions sont ciblées. Le jeu est plus structuré (...) Avec ça, Flick se pose en candidat pour d'autres missions", conclut la Bible du foot allemand.

Il reste sept matches jusqu'à Noël, dont la réception de Tottenham en Ligue des champions le 11 décembre. D'ici là, les dirigeants devront avoir tranché: soit ils recrutent un "grand nom" et Flick redevient sagement adjoint, soit ils tentent le pari de finir la saison avec lui.

Rien n'est impossible. Un certain Zinédine Zidane, bombardé chef comme Flick sans aucune expérience de première division, n'avait-il pas remporté la Ligue des champions du premier coup avec le Real Madrid en 2016?