"J'aurais pu retirer davantage de ma carrière", avez-vous récemment déclaré. Vouliez-vous gagner plus que deux titres avec Chelsea et le triplé avec Barcelone ?

Je ne peux pas me plaindre de mon palmarès. Il est impossible de trouver meilleur club que Barcelone, même si j'aurais voulu y jouer un rôle plus important, comme à Chelsea. J'ai été un peu trop souvent sur le banc, comme durant la finale de Ligue des Champions 2009. J'étais animé de sentiments mitigés. Je mourais d'envie de monter sur le terrain, ne fût-ce que quelques minutes, tout en étant déjà content de vivre ça. Mais devenir titulaire dans une des meilleures équipes de tous les temps, avec des gars comme Xavi, Iniesta, Messi, Henry, Eto'o, ce n'est pas si simple.

Je faisais surtout allusion à ma période à Barcelone. Voulant absolument jouer, j'ai rejoint Monaco, où je ne me suis jamais épanoui. C'est un club froid, sans spectateurs, tout n'y était pas aussi beau qu'on me l'avait dit. Le style de jeu ne me convenait pas non plus, il était complètement différent de celui de Barcelone, une ville qui respire le foot et qui m'a séduit.

En fait, après Barcelone, je n'ai pris plaisir au football que pendant ma brève location à Tottenham. Sinon, j'ai perdu trois saisons, marquées par des blessures et cette double fracture pour couronner le tout.

Ces années parmi l'élite absolue vous ont-elles changé ?

Je relativise mieux les succès et les contrecoups, comme la fracture. Je n'ai plus de hauts ni de bas. Je suis plus serein alors qu'avant, je vivais à du 1.000 à l'heure, sur le terrain et en-dehors. Je sortais et tout ça. Maintenant, je suis déjà content quand le moteur tourne !

Jadis, comme beaucoup de jeunes footballeurs, je vivais dans un cocon, un monde superficiel où on ne s'intéresse qu'aux vêtements de marque, aux voitures chic, à l'apparence, qui est en fait dénuée d'importance. Mais bon, quand on est jeune, qu'on porte le maillot d'un grand club, qu'on gagne beaucoup d'argent, on ne réfléchit pas. Alors que je n'ai jamais été fana d'autos, il m'a quand même fallu une voiture sport.

Cette période est révolue. La voiture de l'association, une Volvo, me convient parfaitement, pour autant qu'elle me conduise à ma destination. Je continue à profiter de la vie mais sans dépasser les bornes car je dois aussi mériter mon salaire, chaque semaine. Je dois exploiter mon talent. C'est une leçon que les années m'ont inculquée, pas par l'un ou l'autre événement ponctuel mais au fil d'un processus : en prenant de l'âge, en ayant des enfants, en comprenant que le monde est bien plus vaste que l'univers clos du football. Ceci dit, je ne blâme pas non plus les péchés de jeunesse, car qui n'a jamais fait de folies ?

Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive d'Eidur Gudjohnsen dans le Sport/Foot Magazine de cette semaine. Jonas Creteur

"J'aurais pu retirer davantage de ma carrière", avez-vous récemment déclaré. Vouliez-vous gagner plus que deux titres avec Chelsea et le triplé avec Barcelone ? Je ne peux pas me plaindre de mon palmarès. Il est impossible de trouver meilleur club que Barcelone, même si j'aurais voulu y jouer un rôle plus important, comme à Chelsea. J'ai été un peu trop souvent sur le banc, comme durant la finale de Ligue des Champions 2009. J'étais animé de sentiments mitigés. Je mourais d'envie de monter sur le terrain, ne fût-ce que quelques minutes, tout en étant déjà content de vivre ça. Mais devenir titulaire dans une des meilleures équipes de tous les temps, avec des gars comme Xavi, Iniesta, Messi, Henry, Eto'o, ce n'est pas si simple. Je faisais surtout allusion à ma période à Barcelone. Voulant absolument jouer, j'ai rejoint Monaco, où je ne me suis jamais épanoui. C'est un club froid, sans spectateurs, tout n'y était pas aussi beau qu'on me l'avait dit. Le style de jeu ne me convenait pas non plus, il était complètement différent de celui de Barcelone, une ville qui respire le foot et qui m'a séduit. En fait, après Barcelone, je n'ai pris plaisir au football que pendant ma brève location à Tottenham. Sinon, j'ai perdu trois saisons, marquées par des blessures et cette double fracture pour couronner le tout. Ces années parmi l'élite absolue vous ont-elles changé ? Je relativise mieux les succès et les contrecoups, comme la fracture. Je n'ai plus de hauts ni de bas. Je suis plus serein alors qu'avant, je vivais à du 1.000 à l'heure, sur le terrain et en-dehors. Je sortais et tout ça. Maintenant, je suis déjà content quand le moteur tourne ! Jadis, comme beaucoup de jeunes footballeurs, je vivais dans un cocon, un monde superficiel où on ne s'intéresse qu'aux vêtements de marque, aux voitures chic, à l'apparence, qui est en fait dénuée d'importance. Mais bon, quand on est jeune, qu'on porte le maillot d'un grand club, qu'on gagne beaucoup d'argent, on ne réfléchit pas. Alors que je n'ai jamais été fana d'autos, il m'a quand même fallu une voiture sport. Cette période est révolue. La voiture de l'association, une Volvo, me convient parfaitement, pour autant qu'elle me conduise à ma destination. Je continue à profiter de la vie mais sans dépasser les bornes car je dois aussi mériter mon salaire, chaque semaine. Je dois exploiter mon talent. C'est une leçon que les années m'ont inculquée, pas par l'un ou l'autre événement ponctuel mais au fil d'un processus : en prenant de l'âge, en ayant des enfants, en comprenant que le monde est bien plus vaste que l'univers clos du football. Ceci dit, je ne blâme pas non plus les péchés de jeunesse, car qui n'a jamais fait de folies ? Retrouvez l'intégralité de l'interview exclusive d'Eidur Gudjohnsen dans le Sport/Foot Magazine de cette semaine. Jonas Creteur