Portugal : les héritiers de Cristiano

L'émergence d'une génération d'exception suffira-t-elle à éclipser le crépuscule progressif du plus grand talent de l'histoire du pays, qui est également l'un des buteurs les plus prolifiques de l'histoire ? La question est centrale pour un Portugal qui décompte avec une certaine angoisse les années de haut niveau qui restent à Cristiano Ronaldo. À 35 ans, le quintuple Ballon d'or semble avoir encore du réservoir dans le moteur, et pourrait être le facteur X indispensable pour sublimer la nouvelle jeunesse dorée qui l'accompagne.
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L'émergence d'une génération d'exception suffira-t-elle à éclipser le crépuscule progressif du plus grand talent de l'histoire du pays, qui est également l'un des buteurs les plus prolifiques de l'histoire ? La question est centrale pour un Portugal qui décompte avec une certaine angoisse les années de haut niveau qui restent à Cristiano Ronaldo. À 35 ans, le quintuple Ballon d'or semble avoir encore du réservoir dans le moteur, et pourrait être le facteur X indispensable pour sublimer la nouvelle jeunesse dorée qui l'accompagne.Si elle a perdu la chance de défendre son titre en Ligue des Nations en s'inclinant à Lisbonne face à une France impressionnante, la sélection de Fernando Santos restera un sérieux client au moment de protéger sa couronne européenne, dans quelques mois. Grâce, notamment, à l'éclosion de talents répartis aux quatre coins du continent, confirmant le goût portugais pour le voyage et les conquêtes : pendant que Bruno Fernandes et Bernardo Silva font parler leur magie sous les deux couleurs mancuniennes, Diogo Jota explose à Liverpool et João Félix autorise l'Atlético à rêver d'un nouveau sacre espagnol, sept ans après le dernier règne colchonero.De City à United en passant par la Juve, le PSG et l'Atlético, le CV en club des titulaires portugais invite forcément à les prendre au sérieux. Et la colonne vertébrale qui travaille au quotidien sous les ordres de Nuno Espirito Santo chez les Wolves est un précieux atout à ne pas négliger.La récente victoire face à la Bosnie (0-2) était le 22e match consécutif sans défaite pour les Azzuri. Le mérite en revient sans conteste à l'homme absent à Sarajevo pour cause de Covid : le sélectionneur Roberto Mancini. L'ancien entraîneur de Manchester City a repris, il y a deux ans, une équipe en crise et a dû repartir de zéro. Une mission accomplie avec succès puisqu'il a donné une nouvelle identité à la Squadra Azzura. Plus besoin d'attendre une erreur adverse juste avant les seize mètres et de repartir en contre rapidement. Avec lui, l'accent est mis sur la technique et la qualité de jeu, sans compromis. En utilisant des joueurs plein de classe tels que Marco Verratti et Jorginho au milieu de terrain, le technicien est obligé d'aligner des joueurs de qualité qui tournent autour de ce duo. Mancini assume la possession du ballon de préférence dans la moitié de terrain adverse. Il est également frappant qu'il ait repris dès le départ de très jeunes talents, qui n'étaient même pas titulaire en Serie A. Nicolò Barella, Sandro Tonali et Nicolò Zaniolo (quand il sera fit) sont devenus des valeurs sûres en sélection, mais étaient encore inconnus au bataillon il y a peu. Le coach de 55 ans leur a permis d'acquérir de l'expérience équipe internationale. Les jeunes (Gianluigi Donnarumma au goal, Manuel Locatelli au milieu, Federico Chiesa en attaque) font leur travail comme il faut et d'autres prestent mieux qu'en club, comme par exemple Federico Bernardeschi. En résumé, Mancini a fait de l'équipe nationale italienne un groupe qui joue un football séduisant et qu'il sera très difficile à battre.Le sélectionneur Frank de Boer a été très clair avant le dernier match de Nations League des Néerlandais en Pologne : un certain nombre de joueurs allaient être mis au repos, mais son axe central resterait intact. Il titulariserait également quelques jeunes pour compléter le onze de départ. Tim Krul a donc défendu les cages et la défense centrale était composée du duo Stefan de Vrij-Daley Blind. Frenkie de Jong et le capitaine Georginio Wijnaldum étaient également titulaires, tout comme Memphis Depay en attaque. Ce n'est donc pas un hasard si Depay et Wijnaldum ont mené les Oranje à la victoire dans les derniers instants du match. Il s'agissait seulement de la deuxième victoire en six matches internationaux pour De Boer (50 ans) depuis qu'il a remplacé Ronald Koeman (parti au FC Barcelone) le 23 septembre. Il avait empoché son premier succès le 15 novembre dernier à Amsterdam contre la Bosnie-Herzégovine (3-1). L'ancien défenseur aimerait que son équipe conserve une occupation offensive, mais hésite encore entre le 4-3-3 - son système préféré et un vestige de son temps à l'Ajax et à Barcelone - et un 4-2-3-1 plus conservateur. De Boer est particulièrement satisfait de la volonté et de la mentalité que son groupe a affichée en Pologne, mais se doit de constater que ses arrières latéraux très offensifs (Denzel Dumfries ou Hans Hateboer à droite, Owen Wijndal ou Patrick van Aanholt à gauche) ont souvent laissé beaucoup d'espaces en perte de balle, ce qui a mené à différentes situations où les Néerlandais étaient en infériorité numérique. C'est pour cela qu'il avait choisi de titulariser le milieu défensif Davy Klaasen (27 ans), pour apporter un peu plus d'équilibre à son onze.