La Roja a de quoi être euphorique après son écrasante victoire face à l'Allemagne (6-0) en Ligue des Nations, mais cette performance exceptionnelle ne doit pas cacher le fait que l'équipe de Luis Enrique est toujours aux prises avec quelques problèmes. Après l'échec à la Coupe du monde 2018 (une seule victoire contre l'Iran et une élimination en huitième par la Russie) et la période difficile qu'a traversée le sélectionneur (il a perdu sa fille des suites d'un cancer), l'Espagne semble désormais se reprendre. Contrairement aux années précédentes, lorsque la sélection était principalement composée de joueurs du FC Barcelone et du Real Madrid, le noyau est désormais un mélange d'éléments issus de nombreux clubs.
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La Roja a de quoi être euphorique après son écrasante victoire face à l'Allemagne (6-0) en Ligue des Nations, mais cette performance exceptionnelle ne doit pas cacher le fait que l'équipe de Luis Enrique est toujours aux prises avec quelques problèmes. Après l'échec à la Coupe du monde 2018 (une seule victoire contre l'Iran et une élimination en huitième par la Russie) et la période difficile qu'a traversée le sélectionneur (il a perdu sa fille des suites d'un cancer), l'Espagne semble désormais se reprendre. Contrairement aux années précédentes, lorsque la sélection était principalement composée de joueurs du FC Barcelone et du Real Madrid, le noyau est désormais un mélange d'éléments issus de nombreux clubs. Le football d'Enrique est exigeant : il veut étouffer l'adversaire par un pressing haut et, une fois en possession, faire tourner le ballon rapidement. L'équipe combine expérience et jeunesse : on retrouve encore quelques anciens à l'image de Sergio Ramos, Sergio Busquets ou Jesús Navas, mais l'avenir appartient aux jeunes. La façon dont Rodri, 24 ans, a remplacé Busquets (blessé et en tribune) contre l'Allemagne a été tout simplement impressionnante. Deux grandes interrogations demeurent toutefois aux deux extrémités du terrain. Dans les cages, Enrique ne semble pas encore avoir déterminé qui était son numéro un absolu. Jusqu'il y a peu, c'était David de Gea, mais lors de la dernière salve de rencontres internationales, c'est Unai Simón (de l'Athletic Bilbao) qui était entre les perches. Kepa, tombé en disgrâce à Chelsea, ne peut logiquement plus prétendre à une place de titulaire. Contrairement aux autres grandes nations, la Roja ne dispose donc pas de hiérarchie claire à ce poste. Autre problème de l'autre côté de la pelouse : l'Espagne ne dispose pas de buteur clinique à la Romelu Lukaku, Robert Lewandowski ou Cristiano Ronaldo. Créer des opportunités n'est pas un souci, mais les conclure est donc une autre paire de manches. Illustration de cette situation : dans la sélection actuelle, c'est Sergio Ramos qui est le meilleur buteur, avec 23 pions.Est-ce le parfum approchant des grandes compétitions qui a éveillé le coq français ? Toujours est-il que les Tricolores, pas franchement des plus constants depuis leur sacre mondial, semblent avoir mis ces derniers mois à profit pour retrouver le chemin des victoires.Auteurs d'un presque impeccable 16/18 en Ligue des Nations, seulement gâché par un triste partage face au Portugal, les hommes de Didier Deschamps naviguent entre certitudes et nouvelles têtes. Dans la première catégorie, la Dèche accueille avec le sourire la forme internationale de Paul Pogba et Antoine Griezmann, pas toujours à la fête en club, mais systématiquement présents en Bleu dans les moments chauds. Dans la seconde, il assiste depuis le triomphal été russe à plusieurs éclosions dans l'impressionnant vivier hexagonal, de Clément Lenglet à Dayot Upamecano ou Jules Koundé en défense au phénoménal Eduardo Camavinga au coeur du jeu.Presque idyllique, même si le jeu minimaliste proposé par les champions du monde continue d'irriter une frange importante de leur public, le tableau français est complété par les retours aux affaires de Kingsley Coman, Anthony Martial, Lucas Digne et récemment Adrien Rabiot, un temps snobés voire bannis par le sélectionneur. Au grand rendez-vous des talents bleus, seul Karim Benzema manque encore à l'appel. Un divorce aux allures définitives qui ferait office de drame dans presque tous les pays du monde, mais qui n'empêchera pas la France d'entamer l'EURO dans le costume du grand favori.Manuel Neuer ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait. Le gardien de 34 ans du Bayern, capitaine de la Mannschaft, est allé à six reprises repêcher le ballon dans ses filets à Séville, face à l'Espagne, pour sa 96e sélection. Ce qui devait être un test pour voir le chemin parcouru par l'équipe allemande depuis la cure de rajeunissement - qui a débuté en mars 2019 avec la mise à l'écart définitive du trio Boateng-Hummels-Müller - s'est transformée en une humiliation historique pour le sélectionneur national Joachim Löw et le directeur général de la fédération, Oliver Bierhoff. Neuf points en six matches et une différence de buts négative (10-13), le bilan de l'Allemagne est loin de celui escompté. Joshua Kimmich, blessé, a énormément manqué à l'arrière-garde teutonne. Le quatuor Ginter-Tah-Süle-Max n'a clairement pas fait le poids face aux techniques Espagnols. Une réflexion est nécessaire. La question clé est la suivante : Löw, toujours sous contrat jusqu'en 2022 et en poste depuis juillet 2006, est-il encore l'homme de la situation ? Un changement de cap est possible, car la prochaine période internationale n'arrivera qu'en mars 2021. Individuellement, le talent germanique est toujours bien présent. Surtout offensivement avec Leroy Sané, Timo Werner, Kai Havertz, Ilkay Gündogan et Serge Gnabry. Reste assembler correctement les pièces du puzzle.La quatrième nation au ranking Fifa a justifié en nonante minutes d'un football tonique disputé sur la pelouse de Den Dreef les nombreux espoirs placés en elle. Parce qu'aucune autre équipe n'avait autant bousculé les Diables de Roberto Martinez que cette Angleterre-là. Souvent critiqué pour ses errances tactiques, Gareth Southgate n'a certes jamais trouvé la solution face à l'organisation de la Belgique, mais il a enfin su mettre la lumière sur celui qui doit devenir l'arme offensive numéro une des Three Lions dans les prochains mois : Jack Grealish. Avec ses chaussettes basses et ses faux airs de bad boy, le natif de Birmingham donne l'impression de sortir tout droit des années 1990. Ça tombe bien pour celui que beaucoup voit comme le nouveau Paul Gascoigne. Comme son idole, Grealish a de l'or dans les pieds et le potentiel pour porter l'élan d'une nouvelle génération dont on attend tellement outre-Manche. Ajoutez l'expérimenté Harry Kane qui, à l'instar d'un Romelu Lukaku chez nous, n'a jamais paru aussi épanoui qu'en sélection, et l'Angleterre fait à nouveau peur. Bien plus encore qu'avant le Mondial 2018 où elle avait pourtant atteint les demi-finales. La preuve qu'il faudra peut-être finir un jour par les prendre au sérieux dans une grande compétition.