Le premier à l'avoir vu s'appelle Chris Bott. Un nom qui ne dira rien aux plus avertis des suiveurs du football britannique. Anonyme supporter de Manchester City, il est surtout ce 24 mars 2012, un homme bien inspiré. Alors, dans un élan de spontanéité, Chris met la main à la poche, en sort probablement un iPhone 4S de saison et écrit: "Le jeune gamin que j'ai vu à l'académie ce matin s'appelle Phil Foden. Retenez bien son nom". Le post fêtera bientôt ses dix ans, quand le premier concerné a seulement célébré ses 21 printemps ce 28 mai. Le Phil Foden de mars 2012 n'avait donc que onze ans. Un âge ou le gamin n'est même pas encore ramasseur de balle à l'Etihad Stadium. Un âge où il est surtout plus courant de devenir vraiment costaud en jouant aux Lego que de se retrouver mentionné sur Twitter.
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Le premier à l'avoir vu s'appelle Chris Bott. Un nom qui ne dira rien aux plus avertis des suiveurs du football britannique. Anonyme supporter de Manchester City, il est surtout ce 24 mars 2012, un homme bien inspiré. Alors, dans un élan de spontanéité, Chris met la main à la poche, en sort probablement un iPhone 4S de saison et écrit: "Le jeune gamin que j'ai vu à l'académie ce matin s'appelle Phil Foden. Retenez bien son nom". Le post fêtera bientôt ses dix ans, quand le premier concerné a seulement célébré ses 21 printemps ce 28 mai. Le Phil Foden de mars 2012 n'avait donc que onze ans. Un âge ou le gamin n'est même pas encore ramasseur de balle à l'Etihad Stadium. Un âge où il est surtout plus courant de devenir vraiment costaud en jouant aux Lego que de se retrouver mentionné sur Twitter. Cinq ans plus tard, c'est désormais au tour de Pep Guardiola, un rien plus crédible dans le rôle de Madame Irma quand on parle ballon rond et intelligence de jeu, de faire l'éloge d'un jeune poulain toujours inconnu, mais présent pour la première fois dans le groupe pro de Manchester City à l'occasion d'une tournée estivale sur le sol américain. "Les gars, je n'ai pas de mots. J'aimerais pourtant vraiment en avoir pour décrire ce que je viens de voir. Estimez-vous heureux, parce que vous avez eu de la chance ce soir. Vous êtes désormais les chanceux qui ont vu le premier match en équipe première de ce joueur. Il y a longtemps que je n'avais pas vu quelque chose comme ça. C'est une performance d'un autre niveau. Honnêtement, c'est un cadeau: il a grandi à l'académie, c'est un supporter de City... C'est unique." Les privilégiés qui étaient présents ce soir-là pour un derby de Manchester délocalisé pour la circonstance au NRG Stadium de Houston racontent souvent une anecdote devenue célèbre. Où quand après sept minutes de jeu, un jeune impertinent nommé Phil Walter Foden s'était payé le luxe de hurler sur Fernandinho, coupable d'avoir oublié de le servir. Quatre ans plus tard, et dans l'optique pour Guardiola de composer un onze de "joueurs qui perdent le moins souvent le ballon", Phil Foden s'installe cette saison comme l'une des pièces-maîtresses d'un Manchester City aux trois quarts gauchers. Comprendre qu'à côté des esthètes Riyad Mahrez et Bernardo Silva, la grande bouche de Phil Foden ne fait plus tiquer personne. Né à Stockport dans la banlieue de Manchester, tout semble en fait et depuis longtemps écrit pour que Philip Foden fasse un jour rugir l'Etihad Stadium local. Repéré lors du passage d'un recruteur de City dans son école primaire, l'Anglais entre à l'académie où il y fera tout son apprentissage. Malgré son profil frêle, il s'impose et impressionne par sa technique et cette capacité à garder le ballon près du corps. Un ballon qu'il ne lâche jamais, même en dehors des terrains: "J'étais totalement engagé au football, je jouais non-stop avec mes amis dans les rues. Je pense que c'est ça qui m'a créé en tant que joueur. Depuis, tout petit je voulais être footballeur." En sélection nationale de jeunes, Phil impressionne aussi. Issu d'une génération 2000 faisant les beaux jours de grands clubs européens aujourd'hui, avec des noms ronflants comme Jadon Sancho (Dortmund), Emile Smith Rowe (Arsenal) ou encore Callum Hudson-Odoi (Chelsea), le Citizen arrive à se démarquer. Notamment lors de la Coupe du monde U17 2017, où ses deux buts inscrits en finale contre l'Espagne de Ferran Torres et Eric García ressemblent sur le coup à la meilleure des lettres de motivation. Élu meilleur joueur du tournoi, Foden fait dans la foulée ses premiers pas professionnels avec le club de son coeur. Repris une première fois par Guardiola à l'âge de seize ans pour une rencontre de Ligue des Champions contre le Celtic, il doit juste attendre une petite année supplémentaire pour faire sa première apparition, toujours en Ligue des Champions, mais contre Feyenoord, cette fois. Quelques jours plus tard, c'est un déplacement en Ukraine et une titularisation face au Shakhtar Donetsk qui le fait rentrer dans l'histoire, en devenant le premier joueur né au XXIe siècle ainsi que le plus jeune joueur anglais à débuter un match de Ligue des Champions. Des records de précocité qui s'accompagnent bientôt d'une entrée dans le Guinness Book des records en étant, à l'âge de 17 ans et 350 jours, le plus jeune joueur à remporter la Premier League. La suite raconte un temps ce joueur en apprentissage dont le maigre temps de jeu est parfois en contradiction avec les éloges permanents venus du board de City qui, en off, présente régulièrement son joyau comme le digne successeur de David Silva. Et Pep Guardiola d'en remettre une couche à l'occasion d'un nouveau roadtrip estival au Pays de l'Oncle Sam en juillet 2019. "Je l'ai déjà souvent dit, mais jamais en face de lui: Phil est le joueur le plus talentueux que j'ai pu voir dans ma carrière de manager." Prends ça, Kevin De Bruyne. En vrai, la collaboration entre les deux fait rapidement merveille. En contribuant petit à petit au renvoi de Raheem Sterling sur le banc, Phil Foden participe à l'épuration du jeu des Citizens autant qu'il gonfle peu à peu ses statistiques. Suffisant pour refaire de Pep Guardiola l'entraîneur le plus bankable de Premier League. Et de Phil Foden, le nouveau motif des espoirs démesurés des Three Lions avant une grande compétition internationale. Par Guillaume Vandroogenbroeck et Martin Grimberghs