Le coach - Markku Kanerva

Né le 24 mai 1964
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Né le 24 mai 1964 On ne doit pas sous-estimer les mérites de Kanerva dans les succès de la Finlande. Il a vu grandir tous les talents du pays, car il a été coach des U21 de 2004 à 2010 et T2 de 2011 à 2016. Lorsqu'il est devenu lui-même sélectionneur en 2016, ce passé lui a permis d'élaborer un plan qui met en valeur les qualités et camoufle les défauts de chacun. La nomination de Kanerva au poste de sélectionneur coïncidait avec le départ d'une génération de grands talents. Si celle-ci n'avait jamais réussi à se qualifier avec les grands noms, pourquoi y parviendrait-elle avec des novices? Avec ces sans-grade, Kanerva a formé un véritable groupe. Il a modifié la tactique, passant du 4-4-2 à un 5-3-2, qui correspond mieux aux capacités et aux limites de ses joueurs. Kanerva a appris à transmettre son savoir lorsqu'il était enseignant, un emploi qu'il a combiné avec sa carrière de joueur en Finlande et (brièvement) en Suède avant de devenir entraîneur professionnel. Au total, il a joué 291 matches en première division finlandaise avec le club de sa ville natale, le HJK Helsinki. Lors de sa dernière saison comme joueur, en 1998, il a participé à la phase de groupes de la Ligue des Champions, une première pour un club finlandais. Il a aussi défendu à 59 reprises les couleurs de l'équipe nationale, en tant que défenseur central. Comme joueur, Kanerva était essentiellement un bon équipier sur lequel ses partenaires pouvaient toujours compter. C'est une valeur qu'il veut aujourd'hui transmettre à ses propres joueurs. Il est considéré comme un entraîneur moderne. Intelligent, disponible, pas très exubérant. Ce n'est pas un coach excentrique à la Conte, mais il est très apprécié de ses joueurs. "Le plus surprenant, c'est que nous ayons réussi à nous qualifier alors que, dans le passé, nous passions souvent tout près. Si nous avons réussi à nous qualifier cette fois-ci, c'est pour deux raisons. La première, c'est que la Finlande n'a pas de vedette. Même si, au but, nous possédons un gardien de classe mondiale en la personne de Hradecky et en attaque, un joueur capable de frapper de tous les angles en la personne de Pukki. La deuxième, c'est que nous avons affronté nos adversaires au bon moment. Nous avons, par exemple, rencontré la Bosnie lorsque Pjanic n'était pas là, et la Grèce juste après un changement d'entraîneur. Il faut également rendre à César ce qui lui appartient, et attribuer une bonne part du mérite au sélectionneur. Il connaît les joueurs comme sa poche, car il les a dirigés chez les jeunes. Il a créé un système qui leur permet de s'exprimer au mieux. C'est une équipe qui joue de façon compacte, et qui est difficile à manoeuvrer pour n'importe quel adversaire. Elle joue sans pression et se donne à fond en toutes circonstances. Les joueurs ne disputeront pas le tournoi pour le plaisir. Le capitaine Tim Sparv l'a lui-même déclaré: Ça ne doit pas être un aboutissement, mais le début d'une belle histoire." En Scandinavie, Glen Kamara est déjà très connu, mais l'EURO offrira au joueur l'occasion de déposer sa carte de visite ailleurs. Kamara (25 ans) est milieu défensif, mais il ne se limite pas à ce rôle. Son style rappelle Patrick Vieira ou plus encore Yaya Touré. Il sait où le ballon va atterrir, il réfléchit vite et amorce rapidement la transition. En Finlande, il n'a joué que dans les catégories de jeunes au niveau du club. Né à Tampere, de parents originaires de Sierra Leone, il est parti très jeune en Angleterre. Il n'a pas réussi à percer à Arsenal, où il a été formé. Via Southend (League One) et Colchester (League Two), il a atterri en Écosse en 2017, d'abord à Dundee et deux ans plus tard chez les Rangers. Avec la Finlande, il déçoit rarement. Régulièrement, les journalistes finlandais se posent la question: comment Kamara peut-il être aussi bon, alors qu'il passe quasiment inaperçu? Peut-être reste-t-il un peu trop dans sa zone de confort aux Rangers, et a-t-il intérêt à viser plus haut. Mais en bon Finlandais qu'il est devenu, il garde les pieds sur terre et préfère jouer chaque semaine, en remportant des trophées, dans un club de tradition qui évolue dans un championnat du subtop, plutôt que moisir sur le banc d'un grand club dans un grand championnat. S'il veut vraiment franchir un palier, cet EURO 2020 constitue l'occasion idéale de se montrer. La Finlande doit en partie son surnom, les Hiboux Grands-Ducs, à la Belgique. Le 6 juin 2007, lors d'un match contre les Diables, un hibou avait survolé le stade Olympique d'Helsinki et s'était posé sur la transversale, ce qui avait conduit à une interruption de sept minutes. Depuis, ce rapace est devenu l'emblème de l'équipe nationale finlandaise. La Finlande est restée invaincue contre la Belgique lors des sept derniers affrontements. Elle espère pouvoir porter ce chiffre à huit à l''EURO. C'était, durant l'été 2017, la position de la Finlande au ranking FIFA. Le meilleur classement a été obtenu en 2006, avec une 33e place. Aujourd'hui, la Finlande (qui était encore un duché faisant partie de l'empire russe lorsqu'elle a disputé son premier match international le 22 octobre 1911 contre la Suède), est 54e. Ces deux dernières années, le sélectionneur Markku Kanerva est passé en 3-5-2, qui se transforme le plus souvent en 5-3-2. Au début, ce système à trois défenseurs centraux a été fort critiqué, mais il fonctionne bien contre des adversaires de renom. À la place du défenseur central gauche Väisänen, on trouve parfois O'Shaugnessy. Normalement, Uronen arpente le flanc gauche et Raitala le flanc droit. L'entrejeu est contrôlé par Kamara, tandis que le capitaine Sparv lance les actions. Devant, Pukki est associé à Pohjanpalo. Lod, qui joue juste derrière Pukki, le trouve les yeux fermés. Forss, qui va avoir 22 ans, marque facilement avec Brentford, en Championship. En Finlande, on le considère comme le nouveau Pukki, même s'il a fallu attendre la dernière minute pour savoir s'il ferait partie de la sélection.