Les opinions et analyses ont beaucoup fluctué ces derniers jours quand on évoquait la préparation de l'EURO pour les Diables. Un jour, comme après le match contre la Grèce, on disait que le noyau n'était pas assez large pour aborder un tournoi pareil et que la défense était friable. Quelques dizaines d'heures plus tard, après la victoire convaincante contre la Croatie, les nuages noirs avaient subitement disparu. Mais il reste des questions. L'incertitude sur le niveau de forme d' Eden Hazard, sur la présence d' Axel Witsel à partir des huitièmes de finale, qui impliquerait qu'il prendrait un risque en vue de la saison prochaine, sur le niveau de Kevin De Bruyne après son opération - va-t-il virevolter à l'EURO comme il l'a fait ces derniers mois avec City?
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Les opinions et analyses ont beaucoup fluctué ces derniers jours quand on évoquait la préparation de l'EURO pour les Diables. Un jour, comme après le match contre la Grèce, on disait que le noyau n'était pas assez large pour aborder un tournoi pareil et que la défense était friable. Quelques dizaines d'heures plus tard, après la victoire convaincante contre la Croatie, les nuages noirs avaient subitement disparu. Mais il reste des questions. L'incertitude sur le niveau de forme d' Eden Hazard, sur la présence d' Axel Witsel à partir des huitièmes de finale, qui impliquerait qu'il prendrait un risque en vue de la saison prochaine, sur le niveau de Kevin De Bruyne après son opération - va-t-il virevolter à l'EURO comme il l'a fait ces derniers mois avec City? Les résultats des matches amicaux sont rarement un bon baromètre avant une phase finale. Il est même arrivé qu'un de ces matches sème la zizanie dans le noyau de l'équipe nationale. C'était en 1994, juste avant la Coupe du monde aux États-Unis. Dans un ultime galop d'entraînement, les Diables avaient atomisé la Zambie (9-0) et Josip Weber, fraîchement naturalisé, avait planté cinq buts. Ça n'avait pas plu à certains coéquipiers, des tensions étaient apparues et elles s'étaient prolongées aux USA. La génération actuelle semble trop adulte pour tomber dans ces conflits d'ados et ces problèmes d'egos. Partout, les Diables sont dépeints comme un vrai bloc, et c'est bel et bien le cas. Chaque fois qu'ils reviennent en Belgique pour s'entraîner et jouer, on a l'impression de voir une joyeuse bande de camarades d'école rentrant des quatre coins d'Europe et même d'Asie, tout heureux de se retrouver. C'est aussi un mérite de Roberto Martínez qui a le bon goût de ne pas les enfermer dans un carcan de règles inutiles. Vu la situation particulière, l'enthousiasme du public autour des Diables ne monte que progressivement. Mais il suffira que les résultats suivent pour que tous les Belges se remettent ensemble derrière leur sélection. Ça a toujours été comme ça les dernières années: l'équipe nationale est un produit qui unit les communautés. Les Diables auront un bon moral quand ils prendront l'avion ce vendredi pour voler vers Saint-Pétersbourg. Avec un Romelu Lukaku au sommet de sa forme. Comme De Bruyne avant sa blessure, il est carrément dans la forme de sa vie. Ça fait longtemps qu'il n'est plus simplement un attaquant qui marque et protège le ballon. Il est technique, il contrôle bien le cuir, il est inarrêtable. Il n'a jamais été aussi opportuniste qu'aujourd'hui. Le titre italien avec l'Inter a encore boosté sa confiance et a fait de lui un vrai leader. Un rôle qu'il remplit désormais aussi avec les Diables. Il a une faim immense de trophées et la répercute sur ses coéquipiers. Si Kevin De Bruyne peut vite rejouer à son niveau, il pourra encore augmenter la productivité de Lukaku, comme Eden Hazard est capable de porter l'équipe vers le haut. Voilà trois atouts majeurs sur la route d'une médaille d'or à Wembley. Et il est temps que Lukaku, qui a longtemps eu l'impression de ne pas être aimé par les supporters, soit enfin apprécié de tous. On espère maintenant que cet EURO, après une saison sans spectateurs, fera revivre le football. Avec des équipes portées vers l'offensive, pas des pays choisissant d'éreintants combats tactiques et fermés. Il y a suffisamment de qualités pour ça. Dans les rangs de la France championne du monde et dotée d'une attaque extraordinaire, chez les Portugais où, depuis longtemps, on ne peut plus dire qu'il n'y ait que Cristiano Ronaldo. Chez les jeunes Anglais aussi, qui joueront leurs trois matches de poule, puis éventuellement la demi-finale et la finale, à domicile. Et également chez les Diables rouges, cette génération tellement vantée depuis longtemps et qui, vu son statut, est contrainte de gagner un tournoi. Plus que jamais.