Au-delà des conséquences directes des actes innommables perpétrés sur le sol belge ce 22 mars, des inquiétudes quant à la sécurité de l'évènement européen de football sont légitimes. Beaucoup osent prétendre qu'il est difficile, voire impossible, de pénétrer dans un stade muni d'une arme ou d'une bombe étant donné la sécurité mise en place aux abords et à l'intérieur des infrastructures sportives. Pour preuve, les assaillants du stade de France le 13 novembre dernier, n'avaient pas réussi à pénétrer l'enceinte. Si l'absence d'un ticket en leur possession est avancée pour principale raison d'un refus du droit à l'entrée, la question est de savoir si les fouilles (parfois peu poussées) auraient pu déceler la présence d'une bombe en possession des terroristes.

La moindre erreur ne pourra être permise à l'Euro 2016. Les organisateurs mettront donc tout en oeuvre pour éviter qu'un drame se produise. Les fouilles seront donc certainement plus abouties qu'à l'accoutumée. Mais qui dit fouilles plus complètes, dit aussi du temps de "perdu" à l'exercice de la tâche. Ainsi, des files à l'entrée du/des stade(s) pourraient se former, fournissant aux terroristes une occasion bel et bien réelle de réaliser une "tuerie de masse".

La connaissance de risques n'aura pas permis aux autorités belges de réagir face à la spontanéité et la "ruse" des assaillants de l'aéroport de Zaventem et de la station de métro Maelbeek.

Dans quelle mesure pourrait-elle venir contrarier les plans de kamikazes déterminés lors de l'Euro 2016? La question est posée.

Euro annulé ?

La solution la plus "radicale" envisagée voudrait que l'Euro soit tout bonnement annulé à cause des risques qui y sont liés. Néanmoins, il en est "hors de question" pour Manuel Valls, le Premier ministre français : "(Annuler), ça serait une défaite, ça serait donner une victoire aux terroristes. Il faut ces manifestations sportives. La condition, c'est qu'elles puissent se tenir dans les meilleures conditions", a-t-il déclaré à Europe 1.

"On ne peut pas imaginer qu'un incident quel qu'il soit puisse éliminer une compétition aussi importante. Toute l'Europe est concernée, personne n'est à l'abri", a aussi insisté mardi le président de la Fédération française de football Noël Le Graët.

Si l'on ne peut donner tort aux deux protagonistes tandis qu'il est important de "continuer à vivre" en dépit des menaces constantes de "l'Etat islamique", aucune réponse n'est apportée quant à la dangerosité d'un tel rassemblement.

Un juste milieu doit être trouvé entre "les risques de cet évènement pour les vies humaines y participant" et la nécessité de pouvoir vivre librement.

Huis-clos ?

Peut-être, la solution serait-elle de jouer tous les matchs à huis-clos ? Là aussi, cette possibilité paraît inenvisageable pour les organisateurs de l'Euro. "Nous sommes confiants dans le fait que toutes les mesures de sécurité seront prises pour organiser un Euro sûr et festif et de ce fait il n'est pas prévu de disputer des matches à huis-clos", a indiqué à l'AFP Pedro Pinto, porte-parole de l'UEFA.

Cette mise au point est intervenue alors que l'un des vice-présidents de l'UEFA, Giancarlo Abete, interrogé mardi sur Radio 24, station italienne, avait utilisé une formule ambigüe; provoquant un début d'emballement sur le sujet. "D'un point de vue technique, le risque de huis clos peut toujours exister parce que nous parlons d'une compétition où les matches doivent avoir lieu. Mais il me semble qu'aujourd'hui les priorités ne sont pas celles-là", avait-il dit.

M. Abete a été plus explicite mercredi dans la Gazzetta dello Sport: "Il n'y a pas de situation structurelle qui fasse que (l'UEFA) pense à disputer l'Euro à huis clos. L'UEFA veut jouer, les matches de foot sans supporters ne sont pas de vrais matches de foot."

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve l'a réaffirmé mardi: afin de "résister à la terreur", le dispositif de sécurité autour de l'Euro-2016 sera sans précédent.

Pourquoi ces solutions sont-elles inenvisageables ?

Au-delà des arguments avancés par le Ministère français, il se pourrait que les raisons d'une absence de telles mesures soient purement et simplement financières.

Une suppression de l'Euro 2016 serait "dramatique" pour la France d'un point de vue comptable ! Imaginez que l'organisation, le marketing, la rénovation des stades aient été réalisées pour... rien. Il s'agirait d'une "catastrophe" économique pour le pays.

Un retour sur investissements ne pourrait être possible sans supporters, sans une augmentation du tourisme, sans une augmentation des consommations locales et sans ventes de produits dérivés liés à l'évènement. Or, des huis-clos auraient des conséquences négatives sur cela...

On peut dès lors se poser la question: quel est le prix de la sécurité des vies humaines?

Quentin Droussin (avec AFP)

Au-delà des conséquences directes des actes innommables perpétrés sur le sol belge ce 22 mars, des inquiétudes quant à la sécurité de l'évènement européen de football sont légitimes. Beaucoup osent prétendre qu'il est difficile, voire impossible, de pénétrer dans un stade muni d'une arme ou d'une bombe étant donné la sécurité mise en place aux abords et à l'intérieur des infrastructures sportives. Pour preuve, les assaillants du stade de France le 13 novembre dernier, n'avaient pas réussi à pénétrer l'enceinte. Si l'absence d'un ticket en leur possession est avancée pour principale raison d'un refus du droit à l'entrée, la question est de savoir si les fouilles (parfois peu poussées) auraient pu déceler la présence d'une bombe en possession des terroristes. La moindre erreur ne pourra être permise à l'Euro 2016. Les organisateurs mettront donc tout en oeuvre pour éviter qu'un drame se produise. Les fouilles seront donc certainement plus abouties qu'à l'accoutumée. Mais qui dit fouilles plus complètes, dit aussi du temps de "perdu" à l'exercice de la tâche. Ainsi, des files à l'entrée du/des stade(s) pourraient se former, fournissant aux terroristes une occasion bel et bien réelle de réaliser une "tuerie de masse". La connaissance de risques n'aura pas permis aux autorités belges de réagir face à la spontanéité et la "ruse" des assaillants de l'aéroport de Zaventem et de la station de métro Maelbeek. Dans quelle mesure pourrait-elle venir contrarier les plans de kamikazes déterminés lors de l'Euro 2016? La question est posée.Euro annulé ? La solution la plus "radicale" envisagée voudrait que l'Euro soit tout bonnement annulé à cause des risques qui y sont liés. Néanmoins, il en est "hors de question" pour Manuel Valls, le Premier ministre français : "(Annuler), ça serait une défaite, ça serait donner une victoire aux terroristes. Il faut ces manifestations sportives. La condition, c'est qu'elles puissent se tenir dans les meilleures conditions", a-t-il déclaré à Europe 1. "On ne peut pas imaginer qu'un incident quel qu'il soit puisse éliminer une compétition aussi importante. Toute l'Europe est concernée, personne n'est à l'abri", a aussi insisté mardi le président de la Fédération française de football Noël Le Graët.Si l'on ne peut donner tort aux deux protagonistes tandis qu'il est important de "continuer à vivre" en dépit des menaces constantes de "l'Etat islamique", aucune réponse n'est apportée quant à la dangerosité d'un tel rassemblement. Un juste milieu doit être trouvé entre "les risques de cet évènement pour les vies humaines y participant" et la nécessité de pouvoir vivre librement.Huis-clos ?Peut-être, la solution serait-elle de jouer tous les matchs à huis-clos ? Là aussi, cette possibilité paraît inenvisageable pour les organisateurs de l'Euro. "Nous sommes confiants dans le fait que toutes les mesures de sécurité seront prises pour organiser un Euro sûr et festif et de ce fait il n'est pas prévu de disputer des matches à huis-clos", a indiqué à l'AFP Pedro Pinto, porte-parole de l'UEFA.Cette mise au point est intervenue alors que l'un des vice-présidents de l'UEFA, Giancarlo Abete, interrogé mardi sur Radio 24, station italienne, avait utilisé une formule ambigüe; provoquant un début d'emballement sur le sujet. "D'un point de vue technique, le risque de huis clos peut toujours exister parce que nous parlons d'une compétition où les matches doivent avoir lieu. Mais il me semble qu'aujourd'hui les priorités ne sont pas celles-là", avait-il dit.M. Abete a été plus explicite mercredi dans la Gazzetta dello Sport: "Il n'y a pas de situation structurelle qui fasse que (l'UEFA) pense à disputer l'Euro à huis clos. L'UEFA veut jouer, les matches de foot sans supporters ne sont pas de vrais matches de foot."Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve l'a réaffirmé mardi: afin de "résister à la terreur", le dispositif de sécurité autour de l'Euro-2016 sera sans précédent.Pourquoi ces solutions sont-elles inenvisageables ?Au-delà des arguments avancés par le Ministère français, il se pourrait que les raisons d'une absence de telles mesures soient purement et simplement financières.Une suppression de l'Euro 2016 serait "dramatique" pour la France d'un point de vue comptable ! Imaginez que l'organisation, le marketing, la rénovation des stades aient été réalisées pour... rien. Il s'agirait d'une "catastrophe" économique pour le pays.Un retour sur investissements ne pourrait être possible sans supporters, sans une augmentation du tourisme, sans une augmentation des consommations locales et sans ventes de produits dérivés liés à l'évènement. Or, des huis-clos auraient des conséquences négatives sur cela... On peut dès lors se poser la question: quel est le prix de la sécurité des vies humaines? Quentin Droussin (avec AFP)