Le foot à Kiev tourne un peu au ralenti depuis mardi en fin de soirée. Dans le quartier de la fanzone, une installation gigantesque sur le plus grand boulevard commercial de la ville, on croise surtout des supporters déçus. Ceux de l'Ukraine ont la rage. Ils ne digèrent pas les événements du match contre l'Angleterre, synonyme de leur élimination. Dans les cafés, dans les restaurants, on diffuse en boucle des images de l'EURO, et chaque fois que repasse la phase du but ukrainien annulé, les gens hurlent. Cette erreur d'arbitrage restera dans les mémoires. Idem quand on revoit la floche du gardien sur le but anglais et les ratés des attaquants. On comprend que les supporters ukrainiens ne sont pas tout à fait satisfaits de ce que leur équipe a montré, la presse signale aussi qu'il y a eu trop de hauts et de bas dans les trois matches de poule: c'était moyen contre la Suède, mauvais contre la France, bon mais finalement stérile face à l'Angleterre.

Comme c'est toujours le cas dans un EURO ou une Coupe du Monde, l'élimination d'un pays organisateur ne réjouit pas grand monde car en quelques heures, la passion retombe de quelques crans. Cela saute à nouveau aux yeux ici. On a enlevé presque tous les drapeaux ukrainiens qui étaient accrochés aux fenêtres, on ne chante plus comme avant, les coups de klaxon se font rares, de nombreux supporters ont largué leur équipement jaune et bleu pour reprendre une tenue civile: short pour les messieurs, jupe courte (voire très très courte) pour les dames... car il fait toujours plus de 30 degrés. Près de la fanzone, entre les dizaines de pompes à bière, on tombe également sur des distributeurs ambulants de préservatifs gratuits, et ce slogan sur les boîtes de 8: "Enjoy safely". Mais là aussi, peu de gens de Kiev acceptent le cadeau, ils contournent les hôtesses et poursuivent leur route. Comme s'ils n'avaient vraiment plus envie de rien, mais de rien du tout...

Reste le cas des supporters français. Ils étaient nombreux à avoir prévu de passer toute la semaine dans la capitale. Les Bleus jouaient ici mardi contre la Suède, et en cas de première place dans leur poule, ils auraient à nouveau évolué au stade olympique dimanche pour leur quart de finale. Mais leur défaite surprise contre la Suède a changé les plans. Les hommes de Laurent Blanc partent à Donetsk pour y jouer contre l'Espagne, samedi. Mauvaise nouvelle pour les supporters, condamnés à deux vols supplémentaires. Et pour l'équipe française? L'Espagne est probablement plus costaude que l'Italie. Mais Donetsk, c'est aussi la ville où est situé le camp d'entraînement des Français, ils y ont leurs habitudes depuis le début du mois et sont habitués à la chaleur caniculaire qui y règne. De ce point de vue-là, ils ne font pas une mauvaise affaire.

Pierre Danvoye, envoyé spécial en Ukraine

Le foot à Kiev tourne un peu au ralenti depuis mardi en fin de soirée. Dans le quartier de la fanzone, une installation gigantesque sur le plus grand boulevard commercial de la ville, on croise surtout des supporters déçus. Ceux de l'Ukraine ont la rage. Ils ne digèrent pas les événements du match contre l'Angleterre, synonyme de leur élimination. Dans les cafés, dans les restaurants, on diffuse en boucle des images de l'EURO, et chaque fois que repasse la phase du but ukrainien annulé, les gens hurlent. Cette erreur d'arbitrage restera dans les mémoires. Idem quand on revoit la floche du gardien sur le but anglais et les ratés des attaquants. On comprend que les supporters ukrainiens ne sont pas tout à fait satisfaits de ce que leur équipe a montré, la presse signale aussi qu'il y a eu trop de hauts et de bas dans les trois matches de poule: c'était moyen contre la Suède, mauvais contre la France, bon mais finalement stérile face à l'Angleterre. Comme c'est toujours le cas dans un EURO ou une Coupe du Monde, l'élimination d'un pays organisateur ne réjouit pas grand monde car en quelques heures, la passion retombe de quelques crans. Cela saute à nouveau aux yeux ici. On a enlevé presque tous les drapeaux ukrainiens qui étaient accrochés aux fenêtres, on ne chante plus comme avant, les coups de klaxon se font rares, de nombreux supporters ont largué leur équipement jaune et bleu pour reprendre une tenue civile: short pour les messieurs, jupe courte (voire très très courte) pour les dames... car il fait toujours plus de 30 degrés. Près de la fanzone, entre les dizaines de pompes à bière, on tombe également sur des distributeurs ambulants de préservatifs gratuits, et ce slogan sur les boîtes de 8: "Enjoy safely". Mais là aussi, peu de gens de Kiev acceptent le cadeau, ils contournent les hôtesses et poursuivent leur route. Comme s'ils n'avaient vraiment plus envie de rien, mais de rien du tout... Reste le cas des supporters français. Ils étaient nombreux à avoir prévu de passer toute la semaine dans la capitale. Les Bleus jouaient ici mardi contre la Suède, et en cas de première place dans leur poule, ils auraient à nouveau évolué au stade olympique dimanche pour leur quart de finale. Mais leur défaite surprise contre la Suède a changé les plans. Les hommes de Laurent Blanc partent à Donetsk pour y jouer contre l'Espagne, samedi. Mauvaise nouvelle pour les supporters, condamnés à deux vols supplémentaires. Et pour l'équipe française? L'Espagne est probablement plus costaude que l'Italie. Mais Donetsk, c'est aussi la ville où est situé le camp d'entraînement des Français, ils y ont leurs habitudes depuis le début du mois et sont habitués à la chaleur caniculaire qui y règne. De ce point de vue-là, ils ne font pas une mauvaise affaire.Pierre Danvoye, envoyé spécial en Ukraine