Ses deux penalties contre West Ham (2-1) samedi masquent mal la récente période en demi-teinte du champion du monde. A l'image de sa performance contre les "Hammers" (seulement 50 passes, 8 duels perdus), la "Pioche" ne rayonne plus.

Sorti de l'ombre de José Mourinho et enfin libéré par Ole Gunnar Solskjaer depuis mi-décembre, Pogba avait pourtant marqué neuf buts et délivré sept passes décisives en Premier League et Coupe d'Angleterre jusqu'à fin février.

Mais entre son "assist" contre Crystal Palace le 27 février et ses deux penalties samedi, Pogba a disparu des statistiques et du jeu, en même temps que son club perdait du terrain dans la course à la Ligue des champions.

Entre-temps aussi, le Real Madrid a commencé à sérieusement manifester son intérêt.

Car en Espagne, Pogba ne laisse personne indifférent.

Le Barça, par la voix de son président Josep Maria Bartomeu, a reconnu un intérêt pour le Français en 2015, expliquant s'être renseigné auprès des dirigeants de la Juventus Turin pour finalement renoncer face aux 105 millions d'euros mis sur la table par Manchester United.

Mais c'est surtout la convoitise madrilène qui fait désormais les gros titres et qui semble perturber le plus du côté d'Old Trafford. Après des propos de Pogba décrivant la "Maison blanche" comme "un club de rêve", Zinédine Zidane a reconnu que l'intérêt était mutuel.

Relations compliquées

"J'aime beaucoup le joueur, ce n'est pas nouveau. Je le connais personnellement, c'est pour ça que j'en parle naturellement", a dit l'entraîneur français, revenu début mars sur le banc d'un Real en fin de cycle.

Saluant "un joueur vraiment différent", qui "sait tout faire", Zidane lui a clairement ouvert la porte, alors qu'il s'est montré beaucoup plus prudent publiquement sur la star parisienne Kylian Mbappé.

"Un jour, si (Pogba) doit avoir une possibilité de faire autre chose après Manchester United, il a toujours dit que Madrid était un club qui l'intéressait beaucoup", a rappelé Zidane.

Des propos qui ont fait le miel de la presse espagnole. Dimanche, le quotidien madrilène As a même consacré sa Une au dossier Pogba, écrivant que ManU serait agacé par l'attitude du champion du monde. "Le club a détecté un changement d'attitude et de rendement du Français après son clin d'oeil à l'égard du Real", a fait valoir As.

"Aucun changement"

"Paul est focalisé sur Manchester United et sur sa performance de demain" (mardi), a rétorqué Solskjaer lundi, alors que la presse anglaise évoque des relations devenues fraîches avec le joueur. "Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il joue pour Manchester United et qu'il ait son rendement habituel."Mais tout en insistant sur la volonté intacte du Français de rester à Old Trafford, le technicien a reconnu ces derniers jours un possible intérêt du Real.

"Il y a peut-être une campagne, il y a peut-être la presse, on ne sait jamais ce qu'il y a, mais dans mes entretiens avec Paul, il a toujours été positif", a ainsi déclaré Solskjaer avant le week-end. "Je ne distingue aucun changement chez lui quand je lui parle. Il est concentré sur la performance et c'est un joueur fier. Il donne toujours le meilleur de lui-même."

Le technicien a continué à encourager son joyau, le félicitant pour son abattage à l'aller contre le Barça: "Il a eu son meilleur rendement physique mercredi soir. Il n'avait jamais couru autant sous le maillot d'United. C'était brillant. L'effort et l'attitude sont là."

Reste que la différence entre un Pogba qui reste et un Pogba qui s'en va tiendra peut-être dans la capacité des "Red Devils" à se qualifier pour la Ligue des champions, ou au moins à y briller dès cette année.

Mais bien sûr, si Pogba parvenait à éliminer le grand Barça, comment le Real pourrait-il rester de marbre?