Le séisme avait commencé un soir de mars, suite à une main de Presnel Kimpembe dans la surface et le penalty transformé de Rashford qui donnait la qualification inespérée à Manchester United en 1/8e de finale retour de Ligue de champions. Trois mois plus tard, c'est avec quatre défaites en cinq matchs que le club s'apprête à boucler le championnat. Si le titre de champion de France était déjà assuré depuis un petit temps (bien qu'officialisé depuis la victoire contre Monaco, il y a deux semaines seulement), les hommes de Thomas Tuchel ont perdu la finale de Coupe de France contre Rennes. Ce qui fait de cette saison, en termes de statistiques et de trophées remportés, la pire saison du PSG depuis l'arrivée de QSI, en 2012.

Si à la base, les Qataris s'étaient impliqués au PSG, le projet n'était pas forcément sportif. L'envie première des investisseurs était, via le foot, d'apporter une nouvelle image du Qatar. De faire en sorte de positionner l'émirat comme une marque, en le rattachant au club parisien. Avec comme ambition de régner sur l'Europe et de rattraper les éternels rivaux d'Abu Dhabi (propriétaires de Manchester City). Le premier gros coup au moral est d'ailleurs arrivé en 2015, année où le club de Manchester avait éliminé les hommes de Laurent Blanc, à l'époque. S'en sont suivis une humiliation contre Barcelone, une leçon contre le Real Madrid et un cauchemar contre Manchester United.

Cette incapacité chronique des joueurs à élever leur niveau de jeu dans les grands rendez-vous, et à montrer une force de caractère nécessaire dans ce genre de batailles, a fragilisé l'image du PSG. Mais pas que. A force de vouloir associer son image à celle du club, le Qatar y est parvenu. Dans l'esprit, le Qatar est le PSG. Et les contre-performances du club ont un effet néfaste sur l'image du pays.

C'est pourquoi, d'après le journal Le Parisien, les Qataris "estiment que les preuves de reconnaissances sont rares. En revanche, après chaque déroute, des flots de raillerie ternissent l'image du club et, par ricochet, celle de l'émirat. (...) Si les critiques des médias fatiguent les dirigeants parisiens, le manque de soutien du football français les afflige".

Si aujourd'hui ce ne sont que des échos, l'émirat pourrait revoir sa position, et son engagement au PSG, après la Coupe du Monde 2022. Compétition qu'ils accueilleront.

Blaise Vanderlinden