Depuis 2008 et la reprise du club par Abu Dhabi, tout a évolué. D'éternel deuxième club de la ville de Manchester, les Skyblues sont parvenus à venir titiller United, dans la conquête du Nord-Ouest de l'Angleterre. Et si, au niveau national, les hommes de Pep Guardiola sont de nouveau engagés dans la course au titre, Manchester City peine toujours à atteindre le Graal. Cette fameuse "Coupe aux grandes oreilles". Cette année, City semble armé pour venir décrocher le sacre européen. Et le renouveau du football anglais y est pour beaucoup. Au moment de débuter les quarts de finale, il reste encore quatre équipes britanniques en compétition. Du jamais vu depuis dix ans. Nous retrouvions à l'époque Manchester United, Liverpool, Chelsea et Arsenal. Cette saison-là (2008-2009), City perdait en quarts de finale... de Coupe UEFA. Une autre époque.

Place forte en Angleterre

Qu'on le veuille ou non, l'autre équipe de Manchester est devenue, au fil du temps, un grand d'Angleterre. Tout d'abord car sur les dix dernières saisons, ils ont remporté trois titres. C'est autant que Chelsea, et, le rival de toujours, Manchester United.

Cette année, les hommes de Guardiola bataillent ferme face aux Reds de Jürgen Klopp. Entièrement maîtres de leur destin, De Bruyne et ses partenaires auront un calendrier légèrement moins favorable que Liverpool. En effet, les Scousers recevront Chelsea, Huddersfield et Wolverhampton à Anfield, et voyageront à Cardiff et Newcastle. Dans le même temps, City ira à Crystal Palace, Manchester United, Burnley et Brighton, et recevra Tottenham et Leicester.

Mais au vu de la maîtrise affichée par ses joueurs, Guardiola ne s'inquiète pas. Il est même surpris du fait que ses joueurs alignent des performances de ce niveau, quand cette période rime souvent avec coup de mou.

Et ne comptez pas sur lui pour se plaindre de l'enchaînement des matchs. "Les Spurs ont six jours pour se préparer et nous deux et demi, mais quand vous jouez autant de matchs et que vous gagnez la League Cup, c'est normal. Si nous avions été éliminés, nous aurions eu plus de jours. Les grands clubs ne se plaignent pas de ça. Nous aimons ça. Nous avons déjà réussi une incroyable saison. Je sais que nous allons être jugés sur les titres mais cette saison est déjà incroyable", a-t-il déclaré, avant de louer les mérites de son groupe. "Vous ne pouvez pas faire ce que nous avons fait sans des êtres humains et des joueurs de football incroyables. Je pousse mes joueurs et mon personnel à recommencer tous les trois jours. Nous sommes dans cette situation et nous savons exactement pourquoi nous jouons.".

Et ce qu'ils ont fait est tout simplement impressionnant. En 32 matchs, les Cityzens se sont imposés 26 fois, pour 2 nuls et 4 défaites. Quand Liverpool s'est imposé 25 fois, a concédé 7 nuls et une défaite, le tout en ayant un match de plus.

C'est donc un mano-a-mano au suspense hollywoodien qui oppose les deux équipes, et seul la dernière journée pourra nous dire qui des deux terminera devant. Car, si au terme de ce weekend Van Dijk et ses amis se retrouvent avec deux points d'avance sur leurs opposants, avec un match en plus, au courant du mois de janvier, ils en comptaient sept.

Et maintenant, la Ligue des Champions ?

C'est donc ce soir, 20h, heure locale, que City essaiera d'écrire une nouvelle page de son histoire. Cette année est sûrement celle où la troupe de Pep est la mieux armée pour aller au bout. La plus grosse expérience européenne moderne du club remonte à la saison 2015-2016. Après avoir battu le Paris Saint-Germain en quarts de finale, les hommes de Manuel Pellegrini, à l'époque, s'étaient inclinés face au futur vainqueur de l'épreuve, le Real Madrid. Mais cette année, l'équipe arrive avec des certitudes et un certain capitale confiance. Premièrement, comme expliqué ci-dessus, ils ont réussi à remonter en championnat, et sont donc gonflés à bloc.

Fort d'une dynamique de 22 victoires en 23 matchs, les Mancuniens ont fait preuve de réalisme et n'ont éprouvé aucune pitié au tour précédent, face à Schalke (3-2, 7-0). Ce genre de score fleuve sont les résultats attendus pour un futur vainqueur. Ne pas faire de différence et pousser le talent dans ses retranchements, telle est la méthode de Guardiola. Et les joueurs de Manchester City l'ont bien compris. La force de caractère du groupe impressionne et le traumatisme de l'année dernière avec l'élimination face à Liverpool (3-0, 1-2), ne semble qu'être un mauvais et lointain souvenir, tant les Skyblues affichent une sérénité à toute épreuve sur le terrain et en dehors.

Aguero... et Mendy

Objectif majeur annoncé lors de son intronisation, la Ligue des Champions échappe à Guardiola depuis 2011, et son dernier sacre avec le FC Barcelone. Mais le technicien espagnol pourra compter sur deux retours majeurs, Kun Aguero et Benjamin Mendy : "Si le médecin ne me dit pas non, ils postulent pour demain", a annoncé Guardiola. Le premier marche sur l'eau depuis le début de saison (30 buts TCC), et son entraineur ne cesse de lui rappeler à quel point il l'estime important dans son effectif. "Agüero est l'un des meilleurs joueurs avec lesquels j'ai travaillé dans ma carrière", et le deuxième sort de deux saisons compliquées. Auréolé de son titre de champion du monde, Benjamin Mendy a vécu une saison tronquée par les blessures (13 matchs TCC), ce qui a eu le don d'interpeller son entraîneur : "Nous avons joué deux saisons sans arrière gauche. C'est une réalité." Mais le joueur se dit prêt à se lancer dans le sprint final, et dans la chasse au quadruplé. "Maintenant, tout va bien. Il faut oublier le passé et penser à l'avenir. Je me sens vraiment en forme et je veux tout donner pour aider mon équipe", a-t-il déclaré sur RMC.

Car en évoluant à son meilleur niveau le défenseur international français est un réel atout pour son équipe. En attestent ses statistiques, après avoir joué neuf matchs de Premier League cette saison, l'ancien joueur de l'OM comptabilise cinq passes décisives.

De Bruyne: "Je me fiche du stade"

Bien que reçus dans le nouveau stade de leur adversaire, les Cityzens n'en seront pas moins impressionnés. "Cela peut nous affecter si on pense aux spectateurs. Si on se concentre sur le terrain, cela ne nous affectera pas. C'est le deuxième match des Spurs chez eux, donc on sait ce à quoi il faut s'attendre. Si on n'arrive pas à gérer ce genre de situations, c'est qu'on n'est pas prêt à atteindre le niveau supérieur", déclare d'ailleurs le coach catalan.

Même son de cloche du côté Kevin De Bruyne : "Je me fiche du stade. Je ne me soucie que de l'équipe que nous jouons." Car du haut de son expérience, Guardiola sait que pour s'imposer au Camp Nou ou au Juventus Stadium, mieux vaut faire abstraction du public.

La première étape d'un long voyage, qui les mènera, si tout se passe comme prévu, vers un quadruplé inédit, s'annonce haute. Mais rien n'est trop haut pour les hommes de Pep Guardiola, demandez à Liverpool.