Après avoir fait impression à Tottenham pendant des années, Christian Eriksen a rejoint l'Inter, l'année dernière, avec une présentation à la Scala, le fameux opéra de Milan. Le football a été mis rapidement à l'arrêt par la pandémie et le Danois s'est retrouvé dans l'anonymat d'un complexe d'entraînement déserté. Quand le jeu a repris ses droits, on n'a plus guère fait appel à ses services, mais sa patience a été récompensée. Le milieu de terrain est finalement devenu un pion important du squad d'Antonio Conte, qui a offert le titre à l'Inter après onze ans de disette. Eriksen aborde donc l'EURO avec un sentiment positif.
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Après avoir fait impression à Tottenham pendant des années, Christian Eriksen a rejoint l'Inter, l'année dernière, avec une présentation à la Scala, le fameux opéra de Milan. Le football a été mis rapidement à l'arrêt par la pandémie et le Danois s'est retrouvé dans l'anonymat d'un complexe d'entraînement déserté. Quand le jeu a repris ses droits, on n'a plus guère fait appel à ses services, mais sa patience a été récompensée. Le milieu de terrain est finalement devenu un pion important du squad d'Antonio Conte, qui a offert le titre à l'Inter après onze ans de disette. Eriksen aborde donc l'EURO avec un sentiment positif. Quel regard portes-tu sur tes 18 premiers mois dans la Botte? CHRISTIAN ERIKSEN: Ça a été une période avec beaucoup de hauts et de bas. J'étais heureux de rejoindre l'Inter et de découvrir la ville, mais suite au confinement, j'ai même dû quitter l'hôtel et je me suis retrouvé au complexe d'entraînement du club. Quand la préparation a débuté, j'avais un appartement, mais il était vide. J'étais venu pour jouer, évidemment, mais ça ne m'a pas changé. Je me suis astreint à de nombreuses séances supplémentaires. Comme je jouais peu, j'ai mis à profit cette énergie pour effectuer des exercices de musculation. J'ai aussi travaillé mon tir et mes coups francs, par exemple. J'aurais espéré jouer davantage, je m'y attendais, comme les autres, je pense. Le manager m'a finalement offert ma chance et j'ai participé au titre, ce qui est très spécial. Il y a six mois, je n'aurais jamais imaginé que j'y aurais pris une telle part. Quels sont tes rapports avec Romelu Lukaku? T'a-t-il aidé à ton arrivée au club? ERIKSEN: Il a été très serviable depuis que je suis arrivé. J'ai pu parler en néerlandais et il m'a traduit beaucoup de choses. Romelu est un chouette gars, toujours prêt à aider les autres, et il a vraiment été gentil avec moi. J'aurais même pu habiter chez lui pendant le premier confinement. Je pouvais aussi loger chez Ashley Young, mais bon... Finalement, je suis resté au complexe d'entraînement. Maintenant que tu as joué avec Lukaku, peux-tu dire s'il a encore progressé à l'Inter? ERIKSEN: Il y a encore amélioré ses statistiques. La manière dont il est arrivé ici, ce qu'il a changé, son jeu au sein du système... Tout s'est parfaitement enclenché. Il a encore rehaussé son niveau et est devenu plus régulier. Tu peux sans doute donner des conseils aux défenseurs du Danemark pour le neutraliser? ERIKSEN: La plupart ont déjà joué contre lui et savent donc comment procéder. Je ne pense pas être la personne adéquate pour apprendre à quelqu'un comment défendre ( Il rit)! Parlons de tes coéquipiers. Est-ce la meilleure équipe danoise dans laquelle tu as joué jusqu'à présent? ERIKSEN: C'est certainement une des meilleures, mais tout dépend de la manière dont le tournoi va se dérouler. Cependant, à quelques jours du début, si je passe tous les joueurs en revue, je pense que c'est en effet la meilleure équipe depuis que je suis en équipe nationale. As-tu le sentiment qu'il règne une ambiance particulière au sein de l'équipe et que vous pouvez égaler l'équipe championne d'Europe en 1992? ERIKSEN: C'était une autre époque. Le tour final ne réunissait que huit équipes. Mais on va évidemment tenter de recréer cette ambiance. Jouer dans notre pays nous offre un avantage. Un mot encore sur l'équipe 1992. Le Danemark y pense-t-il encore? A-t-elle laissé un véritable héritage? ERIKSEN: Oui, énorme. Tout le monde au Danemark se souvient de ce qu'il s'est passé en 1992. Des films et des séries ont été réalisés sur le sujet et les joueurs de l'époque sont toujours célèbres au Danemark. Ça montre ce que représente la victoire dans un tournoi comme l'EURO. L'événement date, évidemment - j'avais tout juste quatre mois, mais les gens s'en souviennent. Ça reste un événement très marquant. Peux-tu décrire ce que ça représente de disputer des matches de l'EURO dans ton pays? ERIKSEN: Ce sera très spécial. On est vraiment impatients. L'EURO a été reporté et ça n'a fait qu'augmenter notre impatience. On a attendu assez longtemps. Vous disputez le deuxième match contre la Belgique. Que retiens-tu des matches que le Danemark a joués contre les Diables rouges en Ligue des Nations? ERIKSEN: On sait comment ils jouent et de quoi nous méfier, mais ce match sera différent, car il se joue en une manche, dans un tournoi. Durant ta carrière, tu as joué avec de nombreux Belges, comme Jan Vertonghen, Toby Alderweireld, Mousa Dembélé, Nacer Chadli et Romelu Lukaku. Peut-on dire que tu es l'expert belge de l'équipe danoise? ERIKSEN: Peut-être, vu de cette manière, mais c'est notre sélectionneur l'expert qui devra nous dire comment procéder. Je connais en effet très bien pas mal de joueurs belges, surtout Jan et Toby, évidemment. Je n'ai plus eu l'occasion de parler à Toby depuis un moment, mais je suis toujours en contact avec Jan. On se parle en néerlandais. Quelle est l'importance de Kevin De Bruyne pour la Belgique et quel serait l'impact de son absence? ERIKSEN: Avant tout, j'espère qu'il jouera. Je veux dire: tout un chacun a envie qu'un footballeur tel que Kevin De Bruyne participe à ce tournoi. Et qu'il soit dans un mauvais jour contre nous ( Il rit). Le Danemark a obtenu de bons résultats ces dernières années. Age Hareide, le prédécesseur de Kasper Hjulmand, a-t-il une part importante dans le succès actuel? ERIKSEN: Oui. Beaucoup de joueurs lui sont reconnaissants de son travail. C'est lui qui nous a qualifiés pour l'EURO et on a disputé le Mondial 2018 sous ses ordres. C'était spécial aussi. Il a succédé à Morten Olsen, qui avait été longtemps en poste, et a apporté des changements. Il a conféré un autre niveau à notre football. Enfin, un mot sur toi: c'est ton quatrième grand tournoi, comme beaucoup de Diables que tu va bientôt affronter. Qu'espères-tu de cet EURO? ERIKSEN: J'ai la chance d'en avoir disputé quelques uns et de faire partie d'une très chouette équipe. J'espère qu'on ira plus loin cette fois et qu'on sera toujours en lice quand le tournoi va devenir vraiment passionnant.